LA CARTO DU DÉNI CLIMATIQUE

Cliquez sur un nœud du graphe ou dans un élément de l'index pour ouvrir une fiche.

Académie des sciences morales et politiques

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

L'Académie des sciences morales et politiques, sœur de l'Académie française et de l'Académie des sciences, constitue avec elles et deux autres sociétés savantes l'Institut de France. Depuis les années 2010, elle diffuse des discours climato-dénialistes, qui s'inscrivent dans un glissement vers une posture réactionnaire, comme le relate le journaliste Eric Aeschimann dans Le Nouvel Obs.

Présentation

L'Académie des sciences morales et politiques accueille notamment parmi ses cinquante membres les climato-dénialistes Chantal Delsol, philosophe, et Jean-Robert Pitte, géographe. Sous l'influence de la première, l'institution accueille fin 2024 un colloque organisé par Action Écologie qui met à l'honneur déni du changement climatique et discours hostiles à l'écologisme.

Du reste, lorsque nous consultons les actualités mises en lumière sur la page d'accueil du site web de l'académie en juillet 2025, nous lisons immédiatement dans une synthèse de séance, assurée par le géographe Alain Miossec, une apparente relativisation des conséquences futures de la montée du niveau des océans : celui-ci estime que les projections d'élévation du niveau des océans à l'horizon 2100 par le GIEC, tirées des observations des dernières décennies, n'ont « rien d'effrayant » et que « les menaces d’hier sont encore largement celles d’aujourd’hui ».

Gonéri Le Cozannet, ingénieur au BRGM et co-auteur du deuxième volet du sixième rapport d'évaluation du GIEC, spécialiste des risques côtiers, que nous avons interrogé, voit dans cette synthèse des « éléments incomplets, confus et partiellement erronés ». Gonéri Le Cozannet nous explique notamment que les projections du GIEC ne s'appuient pas que sur les observations, comme semble l'indiquer Alain Miossec, mais aussi sur les « modélisations des glaciers de montagne, des calottes de glace et de l'expansion thermique des océans [ainsi que des] études des paléoclimats » et que « de nouveaux aléas côtiers commencent à être observés du fait de l'élévation du niveau de la mer, notamment les submersions chroniques à marée haute ».

Alain Miossec tient dans cette synthèse des propos plus surprenants encore, affirmant douter que l'élévation des températures terrestres contemporaine « soit la seule conséquence de l’injection des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ». Un propos qui se confirme à l'écoute de l'enregistrement audio de la conférence, dans lequel le géographe recommande la lecture d'un ouvrage d'André Dauphiné, géographe retraité qui met en cause « la doxa qui impute le réchauffement au seul mécanisme des gaz à effet de serre » (p. 8). Le consensus scientifique est pourtant limpide : le réchauffement de l'atmosphère contemporain est « sans équivoque » dû aux émissions de CO2 anthropiques.

Cette conférence — « La montée du niveau des océans entre nature et société » — est l'une de celles prévues dans le cycle de l'année 2025 sous la présidence de Jean-Robert Pitte. La première d'entre elles était assurée par Sylvie Brunel, connue pour ses propos climato-rassuristes, comme le souligne Eric Aeschimann.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Action Écologie

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

Action Écologie, dont le principal porte-parole est depuis au moins 2021 le médiatique Bertrand Alliot, est une association qui diffuse un discours « climato-rassuriste » : elle entend s'opposer au « catastrophisme », se dit hostile à « l'écologisme » et propose de « préserver la nature et l’environnement sans remettre en cause l’art de vivre français ». En pratique, elle s'illustre d'abord par une opposition aux éoliennes et est surtout partisane de l'inaction climatique.

Présentation

L'association est cofondée en 2020 par Benoît Perrin, ancien directeur de l'Institut de formation politique (IFP), très proche de l'extrême droite et des catholiques identitaires et financé par Charles Gave, lui-même hostile à l'écologie politique, comme l'a mis en lumière Mediapart, et dans le déni du changement climatique. En 2022, Benoît Perrin prend la direction de l’association Contribuables associés, lobby libertarien lui aussi proche de l'extrême droite et lui aussi climato-dénialiste.

L'activité de l'association se résume pour l'essentiel à celle de son porte-parole Bertrand Alliot.

Dans une étude publiée en 2022, intitulée « Biodiversité : faut-il vraiment paniquer ? lorsque tant d’espèces se portent mieux… » et co-écrite par Bertrand Alliot et Christian Lévêque, Action Écologie revendique 4 700 adhérents, se réclame du « bon sens » et affirme que le fait « que beaucoup d’espèces se portent bien et ont même un très fort dynamisme démographique » en Europe « relativise beaucoup les chiffres alarmistes et souvent biaisés diffusés par des ONG ».

C'est peu ou prou le même argumentaire trompeur, fondé sur du cherry picking et contraire au consensus scientifique, que le président de l'association développe dans Le Point auprès du journaliste Erwan Seznec, en octobre 2024.

L'argumentaire d'Action Écologie porte également sur le changement climatique, en témoigne ce billet de mars 2025 qui utilise un raisonnement fallacieux habituel du climato-dénialisme, la figure rhétorique de l'épouvantail, qui consiste à exagérer ou déformer l'argument d'autrui (Cook 2020). Cela dans le but de mieux minimiser les conséquences attendues du changement climatique : « Oui, il fera peut-être un peu plus chaud, les saisons ne seront peut-être plus tout à fait les mêmes, et nous devrons nous adapter. Mais non, nous ne sommes pas condamnés à la survie dans un désert post-apocalyptique. »

En novembre 2024, l'association organise avec Chantal Delsol de l'Académie des sciences morales et politiques un colloque climato-dénialiste à l'Institut de France, comme le relatent L'Informé et Mediapart.

En septembre 2025, Action Écologie et l'Association des climato-réalistes proposent une conférence sur « le climat entre mythes et réalité » et « l'écologie comme idéologie », animée par Benoît Rittaud et Bertrand Alliot. Elle est organisée « en partenariat avec Culture populaire - Nice », une association d'extrême droite proche d'Égalité & Réconciliation qui organise des interventions de personnalités complotistes comme Jacques Grimault (exemple) ou Claire Séverac (exemple) et promeut les auteurs de propos antisémites Dieudonné (reportage) et Alain Soral (entretien) ainsi que le négationniste Vincent Reynouard (entretien) — entre autres.

Interrogé à ce sujet, Bertrand Alliot ne nous a pas répondu. Benoît Rittaud a quant à lui réfuté toute proximité idéologique avec Culture populaire - Nice et nous a indiqué que « le partenariat était de nature purement logistique (salle, caméra) ».

Bibliographie

John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Afis

types : scientifiques
mots-clés :

L'Association française pour l'information scientifique (Afis) est une association française issue du mouvement rationaliste, qui vise à promouvoir le scepticisme scientifique et à lutter contre les approches pseudoscientifiques.

Si elle n'a à aucun moment adopté une posture climato-dénialiste, elle a laissé erronément accroire vers 2010 qu'il existait un débat scientifique sur l'origine anthropique du changement climatique, promouvant les discours climato-dénialistes. Elle a progressivement rompu avec cette posture au cours des années 2010.

Analyse du discours

L'Afis a surtout diffusé sans appareil critique voire avec complaisance des contenus climato-dénialistes au tournant des années 2010, tels cet article de Charles Muller de 2008 ou cette note de lecture de son président Michel Naud — qui publie également en juin 2010 une recension élogieuse d'un ouvrage de Claude Allègre.

Le numéro de juillet 2010 de sa revue Science & pseudo-sciences est particulièrement en décalage avec les connaissances scientifiques de l'époque, en témoignent cet article trompeur, les recensions confuses ou positives d'ouvrages climato-dénialistes (dont celui de Benoît Rittaud, celui de Vincent Courtillot et celui de Serge Galam), une interview relativiste du même Benoît Rittaud, un article de Vincent Courtillot et son collègue Jean-Louis Le Mouël prétendant que le Soleil serait à l'origine du réchauffement observé… Un traitement certes alors courant dans la presse généraliste, mais qui fait tache dans une revue censée défendre l'intégrité de la science.

À cette période pourtant, l'Afis publie aussi des articles faisant correctement état des connaissances scientifiques (par exemple ici en 2008, ou ici et en 2010), et cela avait déjà le cas par le passé, comme nous l'a signalé son porte-parole, François-Marie Bréon.

Sa ligne éditoriale demeure toutefois confuse, puisqu'en 2011 et en 2012, l'association publie encore des recensions positives d'ouvrages climato-dénialistes de Christian Gerondeau et Drieu Godefridi — ni l'un ni l'autre ne sont pourtant des scientifiques.

En 2013, après avoir changé de président, l'Afis clarifie sa position sur le changement climatique, l'alignant officiellement sur le consensus scientifique. En 2016, le climatologue François-Marie Bréon (qui intervient par ailleurs fréquemment dans les médias pour réfuter les discours climato-dénialistes) fait clairement état des connaissances scientifiques. Un article publié la même année par l'ancien président de l'association, Michel Naud, et le rédacteur en chef de la revue de l'Afis, entretient tout de même l'ambiguïté : les auteurs s'indignent que nier les conséquences néfastes pour l'humanité du changement climatique soit considéré comme relevant du « climatoscepticisme », un concept qu'ils jugent « fourre-tout ».

Par la suite, le traitement du changement climatique par l'association ne porte plus à confusion, avec notamment des articles de 2018 et 2019 sans équivoque. La seule exception est une critique positive d'un ouvrage de Sylvie Brunel, fin 2019, qui passe sous silence les propos trompeurs de la géographe sur le changement climatique. François-Marie Bréon rédige toutefois fin 2024 un billet rectificatif.

Les prises de positions de l'Afis sont par ailleurs controversées sur des sujets liés à l'écologie ; elle est globalement critique des mouvements écologistes et notamment de l'écologie politique, qu'elle tend à considérer comme irrationnels et technophobes. Aussi n'est-il pas forcément surprenant qu'elle ait par le passé laisser prospérer les discours de déni climatique, qui s'inscrivent souvent dans une opposition plus large à l'écologisme.

Réponse de l'Afis

Contactés par nos soins, le président de l'Afis Jean-Jacques Ingremeau et son porte-parole François-Marie Bréon reconnaissent sans ambages que la publication de thèses climato-dénialistes en 2008 et 2010 était une erreur, bien que ce dernier nous précise « qu'il n’y a pas un avis unanime sur la question » au sein de l'association. Il insiste quant au fait que « dès 2010 le lectorat de [la revue de l'Afis] était très largement informé du consensus scientifique » grâce à d'autres articles publiés. Tous les deux nous précisent en outre que les notes de lecture ne sont pas soumises à la validation du comité de rédaction, à l'inverse des autres articles.

Interrogé sur notre hypothèse explicative, François-Marie Bréon, qui préfère rester prudent car il n'était pas membre de l'association à l'époque, estime que notre « interprétation d’une opposition aux mouvements d’écologie politique qui justifient souvent des choix de société par de la pseudo-science est effectivement une piste crédible ».

Enfin, l'Afis nous a signalé pendant notre enquête la mise en ligne sur son site web, d'une foire aux questions (FAQ) qui aborde ces questions.

Au sujet de l'article de 2016 critiquant la notion de climato-scepticisme, François-Marie Bréon ne partage pas notre critique : « À mes yeux, il peut y avoir des conséquences néfastes sans que la société ne soit déstabilisée. Et donc, ce n’est pas parce que on nie la déstabilisation de la société que on nie les conséquences néfastes. Personnellement, je suis persuadé que le changement climatique aura des conséquences […] graves, mais j’ai bien peur que la déstabilisation de la société [soit] plus probable par la mise en place des mesures visant à aller vers la neutralité carbone. »

Classification du discours

Les discours diffusés par l'Afis se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Alain Mathieu

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Chef d'entreprises, président de Contribuables associés de 2005 à 2013, et de nouveau la seule année 2020, ancien vice-président de l'IFRAP, membre de l'IREF — trois think tanks libéraux ou libertariens — Alain Mathieu se fait de longue date le relai de discours climato-dénialistes qui ne s'embarrassent ni de nuances ni des faits.

Analyse du discours

En 2015, comme le relève Mediapart, il publie sur le site de l'IREF, une tribune intitulée « La COP 21, ou la grande mystification », qui recourt à la fois à de nombreux arguments climato-dénialistes (Coan et al. 2021) et à des discours de l'inaction climatique (Lamb et al. 2020) : « La France, qui est au 7e rang mondial pour les émissions de CO2 par habitant, n’a aucune raison d’épouser cette nouvelle religion et de s’imposer des contraintes nuisibles. »

Trois ans plus tard, sur le site web de l'IRDEME — une obscure association libérale fondée en 2005, qui n'indique pas l'identité de son directeur de la publication mais qui a été fondée par Bernard Zimmern, qui est domicilée à la même adresse que l'ALEPS et l'IREF, et est proche de l'iFRAP — il écrit deux billets (1, 2) questionnant l'origine humaine du changement climatique et dont la conclusion parle d'elle-même :

« Ne nous excitons pas ! Dans de nombreux pays les hausses de la température atmosphérique et du CO2 seront bienfaisantes (c’est pour l’avoir écrit que le chef du service météo de France Télévision a été licencié). Les catastrophes dont on nous menace sont exagérées. […] Les mesures préconisées pour les éviter sont très probablement incapables de les éviter, et certainement nuisibles. La France et son président ne devraient pas prendre la tête d’une croisade aussi ridicule. »

Il écrit en 2020 sur le site web de Contribuables associés, dans un article titré « Virus et réchauffement climatique : deux pandémies mal traitées, la faillite des experts » que « les "experts" du GIEC sont en réalité des fonctionnaires d’un organisme international créé pour prouver que le réchauffement est dû à l’homme » — les auteurs des rapports du GIEC sont en réalité tous bénévoles et non salariés du GIEC : ce sont des chercheurs rattachés à des laboratoires du monde entier. Alain Mathieu compare ensuite l'écologisme aux génocides et massacres de dizaines de millions d'humains par le nazisme et le communisme au XXe siècle.

La même année, il introduit pour Contribuables associés un débat, filmé, auquel participent le député LR Julien Aubert, le physicien climato-dénialiste François Gervais et le haut-fonctionnaire à la retraite Christian Gerondeau, lui aussi dénialiste.

En 2021, Alain Mathieu attaque sur le site de l'IREF le sixième rapport d'évaluation du GIEC en s'appuyant sur les discours de l'Américain Steven Koonin ; il conclut que « la religion écologiste aura du souci à se faire le jour où ses adeptes commenceront à se rendre compte que leur Évangile est aussi gros qu’incohérent ».

Dans Contrepoints, en février de la même année, il encense l'un des essais de Jean de Kervasdoué, regrettant cependant que l'économiste « n’ait pas osé s’insurger contre le plus gros et de loin le plus nocif des mensonges des écolos : que seules les émissions humaines de CO2 dues à la combustion des hydrocarbures sont responsables de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère ».

En 2022, sur le site web de l'IRDEME, il couvre de louanges le dernier ouvrage de Christian Gerondeau. Dans un billet confus publié sur ce même site web (et sur Contrepoints) deux ans auparavant, Alain Mathieu cherchait d'autres causes au réchauffement que les gaz à effet de serre et concluait :

« Le GIEC ne peut pas seulement constater des incertitudes dans la science du climat. Il doit dire la vérité, comme l’a fait l’Académie française des sciences en 2015 : la science du climat est encore pleine d’incertitudes et « il faudra poursuivre les observations sur plusieurs décennies pour comprendre l’origine des fluctuations de la température ». S’il n’y a pas de certitudes et s’il est impossible de connaître avant longtemps la ou les causes du réchauffement climatique, il faut en tirer les conséquences : il n’est pas scientifiquement établi que les émissions humaines de CO2 sont la cause principale du réchauffement climatique ; l’urgence climatique est en question. »

Cette citation attribuée à l'Académie des sciences se retrouve dans un autre article d'Alain Mathieu publié en 2023, puis sur le site Climat et vérité, et enfin sur The Epoch Times. À chaque fois, aucun lien n'est fourni. Et pour cause, lorsque l'on cherche l'avis de l'Académie des sciences de 2015, on peut lire une citation différente :

Il faudra aussi poursuivre les observations sur plusieurs décennies pour comprendre l’origine des fluctuations observées sur des périodes longues de la température globale de surface et du comportement de l’océan (circulation globale, variations thermiques, modes de variabilité superficielle, couplage océan-atmosphère).

Une citation, surtout, qui a été extraite de son contexte (une incitation à poursuivre les travaux de recherche sur le climat) et dont le sens est travesti par Alain Mathieu. L'avis de l'Académie des sciences, alors sujette à des pressions internes de climato-dénialistes, ne reconnaît pas explicitement l'origine humaine du changement climatique, mais il indique d'emblée que « l’Académie considère que les conclusions de son rapport de 2010 restent valables ». Or le rapport de 2010 conclut explicitement que l'augmentation du réchauffement climatique « est principalement due à l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère », elle-même « incontestablement due à l’activité humaine ».

Dans Contrepoints, Alain Mathieu signe en 2024 un billet dans lequel il affirme l'absence de consensus scientifique sur l'origine humaine du changement climatique, citant (de nouveau) Steven Koonin.

Réponse d'Alain Mathieu

Contacté par courriel, Alain Mathieu conteste le qualificatif de climato-dénialiste :

« Je ne nie pas le changement climatique. Au contraire je constate que le climat a fréquemment changé […], que les périodes chaudes ont été favorables aux cultures et à l'activité humaine (la photosynthèse a accru les productions agricoles et permis la création des théâtres romains et des cathédrales, etc.), qu’il y a beaucoup plus de morts de froid que de morts de chaud, qu’Al Gore et le GIEC ont reçu le prix Nobel (de la paix) pour avoir prédit dans leur film Une vérité qui dérange que le niveau des mers monterait de 6 mètres en 20 ans (l'élévation a été de 6 cm, 100 fois moins), que les ours polaires, les neiges du Kilimandjaro, les coraux de la Grande Barrière, la banquise polaire disparaîtraient — ce qui ne s’est pas produit. »

Précisons ici qu'Une vérité qui dérange contient plusieurs erreurs bien documentées, ce qui n'empêche pas que l'essentiel de son propos sur le changement climatique soit exact. Surtout, c'est un film documentaire du seul Al Gore, ancien vice-président des États-Unis, et non du GIEC comme l'écrit Alain Mathieu. Assimiler le discours vulgarisateur parfois imprécis d'une personnalité politique aux travaux de synthèse du GIEC, au motif que tous deux ont reçu le prix Nobel de la paix, relève d'un raisonnement fallacieux souvent utilisé en matière de climato-dénialisme : la fausse équivalence (Cook 2020).

Auprès de nous, Alain Mathieu cite aussi pour étayer sa position le texte de la Clintel qui affirme l'absence d'urgence climatique. Il dénonce enfin « l'écologie punitive qui nous est imposée » et se dit favorable à « moins de contraintes, de subventions et d’impôts ».

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.
William F. Lamb, Giulio Mattioli, Sebastian Levi, J. Timmons Roberts, Stuart Capstick, Felix Creutzig, Jan C. Minx, Finn Müller-Hansen, Trevor Culhane et Julia K. Steinberger, « Discourses of Climate Delay », Global Sustainability, vol. III, 2020, disponible en ligne : https://doi.org/10.1017/sus.2020.13 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Alban d'Arguin

types : extrême droite
mots-clés :

Alban d'Arguin, diplômé en droit, est une personnalité française climato-dénialiste dont les propos touchent au complotisme. Totalement absent des médias grand public, il diffuse son discours dans les sphères d'extrême droite, n'hésitant pas à fréquenter ses franges les plus ouvertement racistes.

Analyse du discours

Il publie en 2022 un essai titré Réchauffement climatique : Enquête sur une manipulation mondiale aux éditions Pardès, proches de l'extrême droite. L'ouvrage est promu par le site Climat et vérité.

En septembre 2022, Alban d'Arguin est l'invité de l'émission Ligne droite de Radio Courtoisie, en présence de l'animatrice Clémence Houdiakova et du chroniqueur Nicolas Vidal, pour faire l'article de son essai. Le titre de la captation vidéo des échanges, publiée sur Youtube, annonce la couleur : « Le réchauffement climatique est l'arme secrète d'un plan mondialiste ! » Son argument central consiste à récuser la responsabilité humaine dans le réchauffement à l'aide du galimatias de pseudo-arguments habituellement utilisé par les climato-dénialistes. Il y adjoint, et c'est là son originalité, une dose de complotisme. Il rend coupables les « élites mondiales » de vouloir assujettir le monde, plus précisément de chercher une maîtrise mondiale de l'énergie et « un plan véritable d'effacement des nations ». Il accuse le GIEC d'avoir été créé dans ce but, et les chercheurs contribuant aux rapports du GIEC d'être « corrompus » par le monde politique. La vidéo cumule plus de 80 000 vues.

Le même mois, Alban d'Arguin intervient sur Putsch Media, un média en ligne d'extrême droite créé par Nicolas Vidal (lequel est également chroniqueur sur Tocsin). Il déploie un discours similaire, s'opposant également, en toute logique, aux politiques publiques de décarbonation.

Toujours en septembre 2022, il développe son argumentaire sur TV Libertés.

L'essayiste s'exprime même, en 2023, sur l'assez confidentielle chaîne Youtube du « Cercle Édouard Drumont », du nom d'une figure de l'antisémitisme français du début du XXe siècle, où l'on trouve notamment une conférence sur l'esthétique fasciste, donné par un journaliste de l'hebdomadaire antisémite et négationniste Rivarol. Au cours de sa présentation, longue d'un peu plus d'une heure, Alban d'Arguin tient (vers 28') des propos islamophobes puis explique à son auditoire que chaque pays « sera obligé d'accepter un quota de migrants climatiques » par une instance de l'ONU.

La même année, il donne une interview à Rivarol, republiée par l'organisation d'extrême droite Égalité & Réconciliation. On y apprend que « la lutte contre le "réchauffement climatique" participe bien d’une totalitarisation du discours écolo » et qu'« au nom de la manipulation climatique, scientifique d’abord, dialectique ensuite, idéologique enfin, se prépare une lutte violente entre les tenants du Vrai et ceux du Mensonge ».

En septembre 2024, il est l'invité de la chaîne Youtube Géopolitique profonde, d'extrême droite, pro-Poutine et volontiers complotiste, pour parler du « mensonge mondial » sur le climat. 58 000 vues en un an.

Alban d'Arguin intervient enfin à trois reprises (1, 2, 3), en 2024 et 2025, sur la chaîne Youtube du Parti de la France (PDF), ouvertement pétainiste.

Il est aussi l'invité en 2024 d'une réunion d'extrême droite en Bretagne.

Contacté par l'intermédiaire de son éditeur Synthèse nationale, Alban d'Arguin n'a pas donné suite.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

ALEPS

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

L'ALEPS, en forme développée l'Association pour la liberté économique et le progrès social, est un think tank libéral français créé en 1966. Son discours est en rupture totale avec les connaissances scientifiques sur le changement climatique.

Présentation

L'ALEPS édite La Nouvelle Lettre (nouvelle-lettre.com), qui fait figure de site web officiel pour la structure à partir de 2022, en remplacement du site web libres.org, qui disparaît à cette date.

L'association co-édite avec l'IREF le Journal des libertés, volontiers climato-dénialiste. Ses membres Jacques Garello (ancien président) puis Olivier Méresse (secrétaire) animent par ailleurs le « Libre journal des économistes » sur Radio Courtoisie depuis 1993.

Analyse du discours

L'ALEPS se caractérise par une opposition radicale à « l'écologie » en tant que telle, en témoigne ce billet de Jacques Garello, ancien président de l'association, publié en 2024. On y lit :

« Le seul et vrai problème est, comme le disait Gérard Bramoullé, que l’écologie est en soi "une peste verte". Il ne faut pas sortir de l’écologie punitive, il faut sortir de l’écologie. Aujourd’hui comme dans les années 1960 avec le rapport Meadows et le club de Rome, l’écologie est une fable, inventée par les adversaires de la liberté individuelle, tant politique qu’économique. »

Jacques Garello développe à la suite un argumentaire qui a le mérite de la clarté : le réchauffement climatique est causé par le Soleil et non l'activité humaine ; lutter contre les émissions de CO2 ne sert à rien ; la lutte contre le changement climatique est très coûteuse ; de surcroît elle mène au « collectivisme, [à] l’étatisme et [à] la planification ».

Le même, égaré dans une réalité parallèle, écrit en 2022 que « la décarbonation n’est peut-être pas la meilleure façon de lutter contre le réchauffement climatique. Aujourd’hui la majorité des scientifiques démontre au contraire l’utilité du CO2, trop vite accusé de "gaz à effet de serre" ».

En 2022, un billet non signé s'emploie à nier l'existence du changement climatique — « Le climat n'a-t-il pas toujours changé ? ». L'auteur anonyme y interpelle le lecteur : « Je ne comprends plus rien au sujet de la relation CO2/températures qu’on nous assène pourtant comme étant un dogme indiscutable, et vous ? »

La même année, l'ALEPS fait la promotion du dossier climato-dénialiste publié par le Journal des libertés qu'elle co-édite (voir la fiche dédiée).

En 2023, elle promeut l'interview du « climato-réaliste » Erwan Quéinnec (affilié à l'IREF) dans le « Libre journal des économistes » de Radio Courtoisie.

En janvier 2025, à l'occasion de la mort de Claude Allègre, l'ALEPS écrit du défunt homme qu'« il osait dénoncer la version "anthropologique" des changements climatiques, alors que l’examen des roches démontre que ces changements ont existé avant même que la terre [sic] soit habitée par les êtres humains ». C'est là un bel exemple du sophisme de la cause unique, très fréquemment utilisé par les climato-dénialistes, consistant à affirmer que si le climat a changé naturellement par le passé, le changement contemporain est nécessairement d'origine naturelle (Cook 2020).

Le climato-dénialisme de l'ALEPS n'est pas nouveau. On trouve dans les versions archivées de son précédent site web, libres.org, des discours similaire. Il en est ainsi de ce billet de Jacques Gallero publié en 2018 qui, citant le président de lobby libertarien Contribuables associés Alain Mathieu, affirme entre autres que « le CO2 n’est pas en cause, et ce gaz n’est pas polluant, il est au contraire indispensable à la vie sur notre planète » et même que « l’effet de serre est douteux ». Libre.org recèle également de recensions positives d'ouvrages climato-dénialistes, dont celui de Philippe Verdier en 2015 et deux ouvrages (1, 2) de Laurent Cabrol en 2010 — deux présentateurs météo climato-dénialistes. On y trouve même une recension (hélas non archivée) de l'ouvrage climato-dénialiste de Claude Allègre la même année.

En 2015, le président de l'ALEPS Patrick Simon est membre de l'éphémère Association francophone des climato-optimistes.

Sur sa chaîne Youtube, on trouve des conférences de Drieu Godefridi (2019), Yves Roucaute (2019), de Philippe Herlin (2019, 2018) ou encore de Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin (2017) — pas toujours sur le climat.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

André Bercoff

types : extrême droite
mots-clés :

Animateur radio star de Sud Radio, André Bercoff, né en 1940, dérive vers le complotisme et l'extrême droite à partir des années 2010, ce qui le conduit notamment à inviter en plateau de nombreuses personnalités climato-dénialistes.

Analyse du discours

Outre ses invités qui multiplient les propos trompeurs à son micro (Yves Roucaute, Philippe Herlin, François Gervais, Benoît Rittaud, etc.), il adopte lui-même un discours de rejet des connaissances scientifiques sur le sujet.

Dès 2010, il fait part de son climatoscepticisme mâtiné de complotisme dans un éditorial vidéo parfaitement confidentiel (quelques centaines de vue et un unique like) publié sur sa chaîne Youtube : après avoir confondu météo et climat à l'issue d'un long hiver, après avoir travesti les projections de réchauffement (« on dit qu'on va gagner 3 degrés dans 10 ans, 5 degrés dans 20 ans » — bel exemple d'épouvantail rhétorique, un sophisme classique du climato-dénialisme (Cook 2020)), après avoir fait allusion au pseudo-scandale du « climategate » (« on apprend que le GIEC […] a sciemment, paraît-il, aurait sciemment écarté des papiers, des rapports, qui n'allaient pas dans le sens de l'inéluctabilité du réchauffement et de la fin du monde »), après tout cela donc, l'animateur réclame d'entendre les « vrais scientifiques » pour savoir ce qu'il en est réellement du changement climatique.

Dans un extrait vidéo publié en janvier 2025 par la chaîne Youtube d'extrême droite Tocsin (où il travaille aussi, en plus de Sud Radio), on peut l'entendre nier la responsabilité humaine dans le changement climatique, ouvrage du physicien climato-dénialiste américain Steven Koonin à l'appui. Deux jours après, il interviewe ledit Koonin sur cette même chaîne Youtube.

En juin 2025 est publié ce billet d'humeur dans lequel il moque la ministre de l'Écologie Agnès Pannier-Runacher qui a déclaré que la France se réchauffait plus vite que le reste de la planète : si le propos de la ministre manque un peu de clarté, il est correct, puisque les continents se réchauffent plus vite que les océans, et que le réchauffement attendu en France est notamment de ce fait environ 30 % supérieur à la moyenne mondiale.
André Bercoff tourne aussi en dérision la perspective d'un réchauffement de +4 °C vers la fin du siècle : « ça fait au moins 150 ans qu'on nous dit +4 °C », ce qui est bien évidemment faux. Il est en revanche exact que dans un scénario tendanciel (par exemple le scénario « Politiques actuelles » du groupe 3 du sixième rapport d'évaluation du GIEC), c'est-à-dire sans politique supplémentaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement serait d'environ 3 °C en 2100 au niveau mondial. Soit approximativement 4 °C en France pour les raisons exposées plus haut.

Quelques jours avant ce billet, il menait une interview d'Olivier de Benoist, incarnation de la Nouvelle Droite (un courant d'extrême droite), intitulée « Guerre, climat, wokisme : Alain de Benoist démonte l’idéologie dominante », significative du prisme idéologique au travers duquel le climat est envisagé. André Bercoff y abordait d'ailleurs le sujet du climat sous l'angle de « la religion écologiste » — une stratégie de disqualification là encore usuelle chez les climato-dénialistes.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Association des climato-réalistes

types : divers
mots-clés :

Navire amiral du climato-dénialisme français depuis sa fondation en 2016, l'Association des climato-réalistes se revendique du « climato-réalisme ». Elle recourt en fait à une vaste panoplie d'arguments mensongers au sujet du changement climatique, allant de la négation de son origine humaine à une minimisation de ses effets. Le discours de ses membres est loin de se cantonner aux aspects scientifiques, entre dénonciation des écologistes et opposition aux politiques climatiques.

Présentation

L'association est présidée par le mathématicien Benoît Rittaud et compte également dans son bureau l'essayiste et ancien haut-fonctionnaire Christian Gerondeau — tous deux très médiatiques.

Son comité scientifique rassemble dix-sept personnes, dont aucune, en France, ne travaille sur les sciences du climat. Parmi elles figurent notamment le géophysicien Vincent Courtillot, le physicien retraité François Gervais, son confrère américain Richard Lindzen, le professeur de géopolitique belge Samuel Furfari et l'économiste français Rémy Prud'homme. À sa création, il comptait aussi parmi ses membres le chimiste belge István Markó.

Nombre des membres de l'association publient des ouvrages aux éditions L'Artilleur.

L'Association des climato-réalistes est membre de l'European Climate Realist Network (ECRN).

L'association a été précédée d'un éphémère « collectif des climato-réalistes » fondé en septembre 2015 et annoncé sur le site Skyfall. Les personnes morales membres du collectif incluent alors l'Association francophone des climato-optimistes et plusieurs organisations libérales voire libertariennes : Contribuables associés, l'IREF, l'Institut Turgot et Students for Liberty.

En septembre 2025, l'association organise une conférence sur « le climat entre mythes et réalité » et « l'écologie comme idéologie », animée par Benoît Rittaud et Bertrand Alliot. Elle est organisée « en partenariat avec Culture populaire - Nice », une association d'extrême droite proche d'Égalité & Réconciliation qui organise des interventions de personnalités complotistes comme Jacques Grimault (exemple) ou Claire Séverac (exemple) et promeut les auteurs de propos antisémites Dieudonné (reportage) et Alain Soral (entretien) ainsi que le négationniste Vincent Reynouard (entretien) — entre autres.

Interrogé sur ce surprenant partenariat, le président de l'Association des climato-réalistes, Benoît Rittaud, nous a répondu : « Le partenariat était de nature purement logistique (salle, caméra) et ponctuel. Il ne témoigne d'aucune proximité idéologique quelconque avec quoi que ce soit, et en particulier ne cautionne en aucune façon les immondices que vous m'avez envoyées, quelles qu'en soient l'origine et les ramifications — dont mon association et moi-même ignorons absolument tout. »

Sur Facebook, l'Association des climato-réalistes compte 2 700 abonnés ; ils sont 28 000 sur X (anciennement Twitter).

Carbone 50

En 2021, au détour d'une vidéo de dialogue entre Benoît Rittaud et le financier d'extrême droite Charles Gave, on apprend (vers 50') que l'Association des climato-réalistes n'est pas dénuée de liens avec les milieux économiques : « On est en lien avec un groupe d'économistes et d'investisseurs qui s'appelle Carbone 50, qui sont de notre côté, qui ont réussi à faire une ou deux tribunes, qui veulent pas qu'on dise leur nom. » On trouve en effet dans le quotidien libéral L'Opinion, le 8 novembre 2022, page 5, une tribune de ce mystérieux collectif titrée « Adresse à la finance européenne, idiote utile d’un écologisme radicalisé par l’ignorance », reproduite sur son site web par l'Association des climato-réalistes. On peut entre autres y lire que « la croyance en un CO2 maléfique est d’ordre religieux », que la responsabilité humaine dans le réchauffement relève de la « propagande » et qu'« en renchérissant structurellement le prix de l’énergie par l’assèchement du financement des énergies fossiles, la finance se fait complice de la destruction de l’économie de marché ». Derrière « Carbone 50 » se trouvent « une vingtaine de gérants de fonds, responsables compliance, analystes, stratèges en investissement et responsables des ventes », précise L'Opinion — journal où l'on ne s'étonnerait dès lors pas de lire que la Terre est plate.

Classification du discours

Les discours employés par les principaux membres de l'Association des climato-réalistes se rattachent à la totalité des (cinq) catégories que compte la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Association francophone des climato-optimistes

types : divers
mots-clés :

L'Association francophone des climato-optimistes (AFCO) est fondée en 2014 par Christian Gerondeau en vue de la COP21 qui se déroule à Paris la même année (voir ce communiqué de presse).

Sa fondation est relayée par le site web libertarien Contrepoints, qui précise que figurent parmi ses membres Jean-Philippe Delsol (le président de l'IREF), Alain Mathieu (l'ancien président de Contribuables associés), Patrick Simon (le président de l'ALEPS), Marie-France Suivre (la déléguée générale de l'institut Turgot) et Christophe Seltzer (le président de la branche française de Students for Liberty). L'AFCO apparaît ainsi étroitement liée aux milieux libéraux et libertariens.

L'association fusionne en 2016 avec l'Association des climato-réalistes nouvellement créée.

L'AFCO possède un site web (climato-optimistes.fr) qui contient pour l'essentiel deux billets de Rémy Prud'homme ; un billet de François Gervais ; deux billets du « collectif des climato-réalistes », ancêtre de l'association du même nom, dont un qui relaie une pétition en faveur de Philippe Verdier ; un billet relatant le passage sur Europe 1 de Benoît Rittaud, futur président de l'Association des climato-réalistes ; et des chroniques d'un mystérieux « MD » (qu'on retrouve au sein de l'Association des climato-réalistes).

Le site web renvoie à trois sites amis, tous climatodénialistes : Skyfall, pensee-unique.fr (le site de Jacques Duran) et mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com (le site personnel de Benoît Rittaud).

Sur la chaîne Youtube de l'AFCO, quatre vidéos et quatre intervenants : Christian Gerondeau évidemment, Vincent Courtillot, François Gervais et Benoît Rittaud.

Interrogé par nos soins au sujet des liens éventuels entre l'AFCO et l'ATLAS Network au regard de la présence au sein de l'AFCO de personnalités clefs de trois structures (l'IREF, Contribuables associés, et Students for Liberty France) liées à l'ATLAS Network, le président de l'IREF Jean-Philippe Delsol ne nous a pas répondu.

Atlantico

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Havre du climato-dénialisme, Atlantico est un média en ligne français créé en 2011, d'orientation libérale-conservatrice ; il est dirigé par Jean-Sébastien Ferjou.

Analyse du discours

Le site convient parfois de l'existence du changement climatique et relaie l'actualité scientifique sur le sujet (exemples : 1, 2, 3, 4) mais il publie également avec assiduité quantité d'auteurs climato-dénialistes : Benoît Rittaud (ici), François Gervais (), Rémy Prud'homme (), Samuel Furfari () — tous membres de l'Association des climato-réalistes — Loïk Le Floch-Prigent (), Yves Roucaute (), Bertrand Alliot ()…

Dans cette interview de Michel de Rougemont, Samuel Furfari et Jean-Paul Oury publiée en 2022, qui dès son titre avance l'argument en vogue selon lequel l'atténuation est impossible et seule l'adaptation doit être recherchée — c'est un faux dilemme, l'un des sophismes couramment utilisés par les climato-dénialistes (Cook 2020) —, les interviewés proposent un véritable festival de climato-dénialisme.
Ils affirment tour à tour : que le changement climatique existe, mais n'est pas entièrement causé par les activités humaines ; qu'il est impossible de le stopper (c'est faux : atteindre zéro émission nette de CO2 le permet, l'inertie du climat en matière de températures étant très faible) ; que la hausse des températures n'est pas grave voire souhaitable (au moyen d'une comparaison fallacieuses avec l'optimum médiéval) ; ou encore qu'elle est modérée et le restera. Cette dernière affirmation s'appuie sur l'information totalement fantaisiste selon laquelle une hausse limitée à +1,5 °C en 2100 est jugée la plus probable par le GIEC. C'est doublement faux : le premier groupe de travail du GIEC ne propose pas de probabilités pour ses scénarios, et le scénario tendanciel (c'est-à-dire si l'on en restait aux politiques climatiques décidées en 2020) projette une température de l'ordre de 3 °C en 2100.

Ces pratiques d'Atlantico, déliées de toute rigueur scientifique, s'inscrivent dans une ligne éditoriale hostile à l'écologie politique, aux militants écologistes, à la sobriété et à la décroissance, ainsi qu'aux énergies renouvelables. Cette interview en témoigne de manière flagrante : la titraille et les questions, rédigées par la rédaction, sont en décalage total avec le ton et le propos des deux personnes interviewées.

Classification du discours

Les discours diffusés par le média se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

ATLAS Network

types : entité non francophone
mots-clés :

L'ATLAS Network (« réseau ATLAS ») est un think tank libertarien fondé en 1981 aux États-Unis. Il rassemble des think tanks du monde entier autour du libertarianisme et des valeurs conservatrices, dont une partie qu'il finance. Un grand nombre de ses membres et bénéficiaires diffusent ou ont diffusé des discours climato-dénialistes ; c'est notamment le cas, aux États-Unis, du Cato Institute, du Heartland Institute, du Competitive Enterprise Institute ou de Students for Liberty (qui a une branche française, dont le président a été membre de l'éphémère Association francophone des climato-optimistes). Historiquement, les membres américains de l'ATLAS Network sont également liés à la campagne de désinformation niant ou minimisant les risques du tabagisme.

En France, selon le site spécialisé Desmog et un rapport de l'ONG Observatoire des multinationales publié en 2024, sont ou ont été partenaires du réseau ATLAS les organisations suivantes, en restreignant la liste à celles ayant tenu des discours climato-dénialistes : l'IREF, Contribuables associés, Contrepoints (et l'ancienne association l'éditant, Liberaux.org) et l'institut économique Molinari.

Voir aussi

  • (en anglais) fiche sur le site spécialisé Desmog

B19

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

B19 est un « business club », un club de réseautage du monde des affaires, actif en Belgique et fondé par John-Alexander Bogaerts (également éditeur du journal satirique PAN). Le club propose des conférences et rencontres avec des patrons d'entreprises et des personnalités politiques de premier ordre.

Il invite à plusieurs reprises des célébrités américaines du climato-dénialisme, en partenariat avec le club de PAN.

Influence des climato-dénialistes

Les rencontres de B19 permettent à ses membres, pour 600 € par an, de rencontrer aussi bien le cofondateur de la compagnie d'assurance santé française Alan, l'ancien président de la République française condamné pour corruption Nicolas Sarkozy, le CEO de Google Belgique, l'ancienne Première ministre belge Sophie Wilmes ou le Premier ministre (alors en exercice) Alexander De Croo.

Visiblement perméables à l'extrême droite, B19 et le club de PAN doivent accueillir en novembre 2025 l'éditorialiste de CNews Mathieu Bock-Côté (il l'avait déjà été en décembre 2023) et ont déjà accueilli en mars 2025 Michel Onfray, « figure emblématique de CNews » — et climato-dénialiste.

En 2023, en partenariat avec le club de PAN, B19 organise à Bruxelles une conférence donnée par Steven Koonin, l'un des climato-dénialistes américains les plus connus. Plusieurs photos mises en ligne sur le site de B19 montrent les climato-dénialistes belges Drieu Godefridi et Samuel Furfari poser en compagnie du physicien, aux côtés également du responsable du développement des affaires de B19 pour Bruxelles et la Wallonie.

Drieu Godefridi relate le déroulé de la conférence sur le site de Friends of Science, une officine canadienne de désinformation financée par l'industrie fossile.

En mai 2024, B19 et le club de PAN invitent de nouveau une célébrité du climato-dénialisme d'outre-Atlantique en la personne de Richard Lindzen, comme le rapporte ce billet de Science, climat et énergie. L'intervention du physicien, introduite par Samuel Furfari, a d'ailleurs été filmée et publiée sur Youtube par un collectif antivax.

Les archives du site web de B19 montrent également son fondateur John-Alexander Bogaerts faire la promotion de l'un des ouvrages de Drieu Godefridi, toujours en partenariat avec le club de PAN, probablement en juillet 2022. En février 2025, il participe également à un débat en compagnie de son père Thierry Godefridi, climato-dénialiste comme lui.

Le B19 semble ainsi de longue date se charger de diffuser auprès du monde des affaires belge les discours climato-dénialistes. Contacté, B19 n'a pas répondu à nos questions.

Classification du discours

Les discours diffusés par les personnalités promues par B19 se rattachent à la totalité des cinq grandes catégories d'arguments dénialistes de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Benoît Rittaud

types : scientifiques
mots-clés :

Figure centrale du climato-dénialisme français depuis les années 2010, Benoît Rittaud, né en 1974, est mathématicien de formation. Il préside l'Association des climato-réalistes depuis sa fondation en 2016. S'il recourt à des arguments divers et variés, il compte parmi les plus radicaux des climato-dénialistes, qui contestent l'existence même d'un réchauffement (par exemple ici en 2018).

Analyse du discours

Livres

En 2010, il publie son premier ouvrage climato-dénialiste, Le Mythe climatique, dans une prestigieuse collection des éditions du Seuil (Foucart 2015, chap. 15), et il y développe un mille-feuilles argumentatif visant à jeter le doute sur les sciences du climat. Recourant au cherry picking, il investit notamment la controverse sur le graphique crosse de hockey — une reconstruction de l'évolution des températures terrestres sur mille ans publiée en 1998-1999 par Michael E. Mann, un climatologue américain, grâce à l'analyse des cernes des arbres (un proxy climatique) — pourtant close depuis longtemps dans le milieu scientifique, diverses études confirmant les résultats de Mann.

Le mathématicien, qui n'a aucune compétence dans le domaine du climat, met aussi en doute le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique, reprenant à son compte l'une des hypothèses en vogue dans les milieux climatosceptiques, celle d'un réchauffement provoqué par le renforcement du rayonnement solaire. Elle a pourtant été maintes fois réfutée par la communauté scientifique : une hausse du rayonnement solaire provoquerait mécaniquement une élévation de la température à la fois dans la troposphère (l'atmosphère basse) et la stratosphère (l'atmosphère haute), or un refroidissement de cette dernière est observé, ce qui correspond au mécanisme de l'effet de serre (cet aspect de la physique de l'atmosphère était déjà connu en 1967).

L'ouvrage, qui s'appuie essentiellement sur la blogosphère climatosceptique, notamment anglophone, et non sur l'état du savoir académique, multiple ainsi les arguments spécieux (Foucart 2015, chap. 15).

Benoît Rittaud publie un deuxième ouvrage sur ce thème en 2023 aux éditions L'Artilleur, Mythes et légendes écologistes, qui lui vaut une interview laudatrice par André Bercoff sur Sud Radio.

Interventions médiatiques

Benoît Rittaud est interviewé en 2018 par l'officine de propagande de l'industrie pétrolière canadienne Friends of Science à l'occasion d'un colloque climato-dénialiste au Portugal, où il donne une conférence en anglais, intitulée « Quelques cas historiques de consensus scientifiques erronés : L'affaire Lysenko » — une référence récurrente chez les négateurs du changement climatique. Le colloque accueille également Camille Veyres et le physicien français François Gervais, deux autres membres de l'Association des climato-réalistes, ainsi que des dénialistes d'autres pays, dont Henri Masson pour la Belgique.

Le mathématicien ne craint pas de fréquenter l'extrême droite pour diffuser son discours sur le changement climatique. Il est ainsi chroniqueur dans le magazine Valeurs actuelles (ses articles), où il multiplie les arguments spécieux. Il affirme par exemple (plusieurs fois) que le CO2 est bénéfique aux plantes. Or ce raisonnement, particulièrement fallacieux (que le CO2 soit nécessaire à la croissance des plantes n'empêche pas par ailleurs qu'il soit, à plus haute concentration atmosphérique, la cause d'un dangereux réchauffement du climat), recourt à deux stratagèmes rhétoriques souvent employés dans les discours climato-dénialistes : la simplification excessive et le sophisme du leurre (Cook 2020).

On retrouve également Benoît Rittaud interviewé sur TV Libertés en 2021 (plus de 100 000 vues) et en 2024 ; sur le plateau de l'Institut des libertés du financier Charles Gave en 2023 ; ou encore sur la chaîne Youtube Tocsin en 2024. En 2023, son propos ne se limite pas aux aspects scientifiques ; il compare l'écologisme à une religion dont « le péché originel serait la révolution industrielle » puis la qualifie de « totalitarisme » (après que Charles Gave a fait un parallèle avec la Shoah), vers 42'.

Jusqu'en 2020, il publie aussi fréquemment dans le média libertarien Contrepoints, où il ne manque pas de faire la publicité de la World Climate Declaration, une lettre ouverte climato-dénialiste d'envergure mondiale publiée pour la première fois en 2019 par la fondation néerlandaise Clintel et dont il est l'ambassadeur en France. Toujours sur Contrepoints, il fait la promotion de son passage sur le plateau de CNews en janvier 2018.

Il publie enfin une poignée d'articles dans le très libéral Atlantico, en 2019-2020.

Le Figaro lui a offert une tribune en 2021 dans laquelle il dénonce « le consensus factice sur le climat » et s'alarme du coût économique des mesures d'atténuation du changement climatique. Conclusion : il faut « donc se focaliser sur l’adaptation » — il rejoint ainsi un argument climato-dénialiste en vogue dans les années 2020.

En novembre 2024, il fait partie des invités du colloque climato-dénialiste organisé à l'Institut de France par Chantal Delsol ; son intervention a été captée et diffusée par l'association Action Écologie. Elle débute par une comparaison du changement climatique avec le mythe des canaux martiens, la même qu'il opérait quatorze ans auparavant dans Le Mythe climatique. À n'en pas douter, elle ferait un très bon objet d'étude pour l'agnotologie — l'étude de la production du doute.

Réponse de Benoît Rittaud

Questionné par courriel, Benoît Rittaud nous a répondu qu'« il serait trop long de rectifier toutes [n]os grossières exagérations et [n]os insinuations malveillantes ».

Il souhaite tout de même préciser qu'il s'est longtemps exprimé dans des médias à la ligne éditoriale éloignée de l'extrême droite (France Info, France Culture, Arte, France 5, etc.). « Le fait est que, par la suite, comme il est facile de le vérifier, une chape de plomb s'est abattue sur ce sujet dans la plupart des médias traditionnels », ajoute-t-il, citant le « tournant environnemental » de Radio France en 2022 et le licenciement de Philippe Verdier en 2015. C'est donc par défaut que le mathématicien intervient dans les médias d'extrême droite : « me reprocher mon supposé "choix" en faveur de "médias d'extrême-droite" est du même niveau que la citation apocryphe de Marie-Antoinette enjoignant à ceux qui n'ont pas de pain de manger de la brioche. »

Classification du discours

Les discours employés par le mathématicien se rattachent à la totalité des (cinq) catégories de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.
Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.

Bertrand Alliot

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

Enseignant à l’université Gustave-Eiffel et docteur en sciences politiques, Bertrand Alliot est le porte-parole de l'association Action Écologie, au nom de laquelle il tient un discours en rupture avec l'état des connaissances scientifiques sur le changement climatique et l'état de la biodiversité. Il bénéficie d'une médiatisation croissante dans les années 2020 et devient une figure notable de la mouvance climato-dénialiste française.

Analyse du discours

S'il ne nie pas l'existence du réchauffement climatique, il met en doute son origine humaine et dénonce « l'alarmisme climatique » et met en doute les projections des sciences du climat : à ses yeux, la situation « ne nécessite pas de faire des politiques radicales », indique-t-il à l'éditorialiste du Figaro Alexandre Devecchio dans une interview de Sud Radio, en juillet 2025. « On pourrait se demander où est la crise ? La crise, c'est une projection, puisqu'on dit qu'il va y avoir une augmentation très très forte des températures, mais l'avenir est largement indéterminé », explique-t-il. À rebours des conclusion du GIEC, il affirme que les politiques de réduction des émissions de CO2 sont inutiles — « Nous n'aurons jamais aucun résultat via des politiques de décarbonation, la seule politique possible en termes de climat c'est l'adaptation » — ce qui permet de le rattacher au mouvement des « climato-rassuristes ».

Cette posture n'est pas nouvelle de sa part, puisqu'en 2022, il assurait dans Le Figaro que « les spécialistes sont de plus en plus nombreux chaque jour à contester l'hypothèse de l'apocalypse climatique », citant Bjørn Lomborg, Michael Shellenberger, Steven Koonin ou encore Olivier Postel-Vinay.

En 2020, il s'entretenait longuement avec Charles Gave sur « le sens profond du "discours écologique" ». À cette occasion, Bertrand Alliot se disait « sceptique » quant à « la théorie du changement climatique » provoqué par les émissions de gaz à effet de serre — d'ailleurs « il y a beaucoup de scientifiques qui sont sceptiques », d'autant que « le CO2 est un gaz rare dans l'atmosphère ». À ses yeux, c'est une théorie non vérifiée, on ne sait pas, et « il y a plein d'hypothèses » alternatives. Quant à l'augmentation de l'intensité et de la fréquence des événements météorologiques extrêmes, c'est « une idée fausse ». Sur la critique du GIEC, il recommandait plutôt d'écouter Drieu Godefridi, spécialiste du sujet.

En novembre 2024, il organise avec Chantal Delsol un colloque climato-dénialiste à l'Institut de France, comme le relatent L'Informé et Mediapart. Dans une interview donnée à l'hebdomadaire Le Point le mois suivant, il affirme également que la biodiversité se porte bien en Europe, affirmation contredite par le monde académique.

En juillet 2025, il est reçu par Eliot Deval sur CNews dans L'Heure des pros pour parler de son ouvrage. En septembre de la même année, il est invité sur le plateau du média d'extrême droite TV Libertés. En septembre de la même année, il anime avec Benoît Rittaud une conférence sur « le climat entre mythes et réalité » et « l'écologie comme idéologie », organisée par l'Association des climato-réalistes.

Il bénéficie de l'appui de la philosophe Chantal Delsol, qui fut sa directrice de thèse en sciences politiques. Membre de l’Académie des sciences morales, elle l'invite à un colloque climato-dénialiste qu'elle organise à l'Institut de France fin 2024, comme l'a relaté Mediapart. Lorsqu'il est démis en février 2025 de son poste de directeur de la valorisation scientifique à l’université Gustave-Eiffel (tout en y poursuivant son activité d'enseignement), elle prend sa défense dans Le Figaro.

Il est l'un des 114 signataires français de la World Climate Declaration publiée par la fondation climato-dénialiste néerlandaise Clintel.

En plus d'intervenir régulièrement dans les médias d'extrême droite Valeurs actuelles (articles) et Causeur (articles), il est chroniqueur dans la revue Transitions et Énergies.

Il est aussi l'auteur de deux ouvrages climato-dénialistes :

  • Une histoire naturelle de l’homme : L'écologie serait-elle une diversion ?, publié aux éditions L'Artilleur ;
  • Comprendre l'incroyable écologie : Analyse d'un écolo-traitre, publié aux éditions Salvator, vendu à 535 exemplaires selon L'Informé en août 2025.

Contacté par courriel, Bertrand Alliot n'a pas répondu à nos questions, qui portaient notamment sur la gouvernance, les financements et les éventuels adhérents d'Action Écologie.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Bjørn Lomborg

types : entité non francophone
mots-clés :

Bjørn Lomborg est un professeur de sciences politiques danois né en 1965. « Climato-rassuriste », il est souvent cité par les climato-dénialistes francophones.

Présentation

Bjørn Lomborg publie en 1998 d'un essai climato-dénialiste, L'Écologiste sceptique, traduit les années suivantes en anglais et en français. Il y remet en question la gravité des crises écologiques et, s'agissant du changement climatique, met en doute la fiabilité des sciences du climat et s'oppose aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre au motif qu'elles seraient préjudiciables à l'économie.

Dans un deuxième ouvrage, de même que dans divers articles, il minimise les impacts du changement climatique.

Classification du discours

Les discours employés par Bjørn Lomborg se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Books

types : divers
mots-clés :

Fondé en 2008 par Olivier Postel-Vinay, qui en est aussi le rédacteur en chef, et disparu en 2023, Books est un magazine littéraire. Il adopte un positionnement climato-dénialiste dès ses débuts.

Publications

Le dixième numéro du magazine, publié en 2009, l'année de la conférence de Copenhague sur le climat (la COP 15), consacre un portrait (en fait la traduction d'un article du New York Times) au physicien retraité Freeman Dyson, climato-sceptique — également auteur d'un article publié dans le numéro 3 de Books. Olivier Postel-Vinay en fait un panégyrique dans un billet de blog diffusé sur le web, qui préfigure sa posture pour les quinze ans à venir.

Le hors-série diffusé au même moment fait quant à lui l'éloge du livre Ciel et Terre du géologue australien Ian Plimer, fervent climato-dénialiste (toujours actif aujourd'hui). Sous un titre qui a le mérite de la clarté — « La légende du réchauffement climatique » — le magazine relaye les arguments du géologue : « le changement climatique est cyclique et imprévisible ; le CO2 dans l’atmosphère – auquel l’activité humaine contribue de manière infime – ne représente que 0,001 % du CO2 total contenu dans les océans, les rochers de surface, l’air, le sol et la vie ; le CO2 n’est pas un polluant mais une nourriture pour les plantes ; les périodes les plus chaudes de la Terre […] furent des époques de richesse et d’abondance ». Et, de toute manière, « le réchauffement s’est arrêté en 1998 ».

Ces arguments, tous trompeurs, recourent à des sophismes souvent utilisés par les climato-dénialistes, notamment le sophisme du leurre (attirer l'attention sur la faible proportion du CO2 total présente dans l'atmosphère, alors que cela ne dit absolument rien de son effet sur le climat), la simplification excessive (que le CO2 soit nécessaire à la croissance des plantes n'empêche pas qu'il soit par ailleurs un gaz à effet de serre) ou le sophisme de la fausse équivalence (que des époques chaudes passées furent prospères ne dit rien des effets du réchauffement à venir, autrement plus rapide et important) (Cook 2020).

Deux ans plus tard, en 2011, Books accueille une interview du climatologue dénialiste américain Richard Lindzen réalisée par le mathématicien français Benoît Rittaud (auteur de plusieurs autres articles). « L’organe principal de [la] théorie « carbocentriste » d’un réchauffement climatique d’origine humaine est le GIEC », explique le chapô, avant de laisser complaisamment le chercheur dérouler son discours pseudo-scientifique.

En 2014, sur le site web du magazine, Benoît Rittaud, encore, s'amuse de la « pause » du réchauffement depuis 1998 (un argument trompeur).

La plupart des articles climato-dénialistes du magazine sont le fait de son fondateur et directeur, Olivier Postel-Vinay. En 2018, un numéro de Books s'interroge en une : « Faut-il croire les scientifiques ? ». À la page 31, on trouve la [longue recension](en savoir plus qu’ils n’en savent réellement) d'un ouvrage (autopublié en 2012) d'Andrew Montford, un chimiste britannique salarié de la Global Warming Policy Foundation, qui entend dénoncer une fraude (imaginaire) entourant la courbe des températures publiée en 1998 par Michael Mann. « La climatologie, écrit Olivier Postel-Vinay, est prise en otage par la croyance collective dominante naguère naïvement résumée dans un rapport au Club de Rome : "La Terre a un cancer et ce cancer c’est l’homme." »

Cinq ans plus tard, le rédacteur en chef du magazine se fend d'un billet intitulé « Refroidissement climatique » qui vise à relativiser le caractère inédit du changement climatique anthropique — la spécialité du journaliste. On y trouve en conclusion de quoi faire s'étrangler tout climatologue : « Le réchauffement actuel a lui aussi été déclenché par des variations des paramètres astronomiques. Il a en effet commencé avant que les effets de la révolution industrielle puissent se faire vraiment sentir. » (La variation des paramètres astronomiques fait référence aux cycles de Milankovitch, qui sont à l'origine des successions de périodes glaciaires et interglaciaires. Agissant à une échelle de temps bien supérieure au siècle, ils n'ont aucun lien avec le réchauffement contemporain, dû aux émissions de gaz à effet de serre anthropiques.)

En 2021, Books consacre son dossier à l'optimisme : « est-il un vilain défaut ? » L'un des articles qui le composent est un texte de Calum Chace (un essayiste américain relativement confidentiel qui s'intéresse surtout à l'IA). Sous le titre « Changement climatique : pas de panique ! » l'Américain y relate en fait le discours de Bjørn Lomborg, qui minimise les conséquences du changement climatique.

Olivier Postel-Vinay interviewe en 2022 l'une des stars du climato-dénialisme outre-Atlantique, Steven Koonin, à l'occasion de la publication de son ouvrage Climat, la part d'incertitude. « La science du climat est encore jeune. Nous ignorons quelle est la part de l’influence humaine dans le réchauffement actuel », peut-on lire dans le chapô, qui épouse parfaitement les opinions de l'interviewé... et de l'intervieweur. L'ouvrage avait déjà fait l'objet d'une recension positive (et trompeuse) l'année précédente.

Classification du discours

Les discours diffusés par Books se rattachent à quatre des cinq catégories de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Boulevard Voltaire

types : extrême droite
mots-clés :

Boulevard Voltaire est un média en ligne d'extrême droite, fondé en 2012 par Robert Ménard et Dominique Jamet ; sa directrice de la publication est Gabrielle Cluzel.

Publications

Le site web diffuse avec assiduité de la désinformation sur le changement climatique, notamment sous la plume de Marc Le Menn (ses articles), un ingénieur. Celui-ci fait la promotion d'un ouvrage climato-rassuriste d'Olivier Postel-Vinay, confond météo et climat, propose d'exploiter les gaz de schistes en France, prend fait et cause pour le physicien climato-dénialiste Pascal Richet après avoir cité l'Association des climato-réalistes sur le même sujet, cite l'auteur danois Bjørn Lomborg, vante l'ouvrage du climato-dénialiste américain Steven Koonin, ressasse le pseudo « climategate » (et défend évidemment Vincent Courtillot), relaie la lettre ouverte climato-dénialiste de la Clintel, etc.

Marc Le Menn n'est pas le seul contributeur du site à s'opposer au consensus scientifique sur le changement climatique.

Yves d'Amécourt, viticulteur et élu local Les Républicains, est l'auteur d'une tribune publiée en 2024 prenant la défense du climato-dénialiste Bertrand Alliot et citant Christian Lévêque.

Claude Brasseur, qui est présenté comme « mathématicien, chercheur en énergies renouvelables », explique en 2018 que le réchauffement du climat est dû au Soleil : « le CO2 ne joue aucun rôle, la théorie du GIEC est bel et bien caduque… » La même année, il chante les louanges de l'ouvrage du climato-dénialiste Jean-Marc Bonnamy.

Toujours en 2018, Christian de Moliner, professeur agrégé de mathématiques, publie un article titré « Le mythe du réchauffement climatique s’effondre mais les taxes explosent » dans lequel il déroule toute une série d'arguments fantaisistes.

En 2019, Jean-Marc Perrin, ingénieur agronome, affirme entre autres que le GIEC a « trafiqué des données accréditant la thèse du réchauffement global ».

On peut aussi lire sur Boulevard Voltaire une interview du militant anti-éoliennes (et plus largement partisan de l'inaction climatique) Fabien Bouglé et une autre du « climato-rassuriste » Jean-Paul Oury.

On y trouve parfois une opinion dissidente, appelant à lutter contre le changement climatique. Extrême droite oblige, l'objectif est alors d'éviter l'immigration.

Classification du discours

Les discours diffusés par Boulevard Voltaire se rattachent à la totalité des cinq grandes catégories de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Bruno Durieux

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

Né en 1944, économiste, ancien ministre, ancien député, maire d'une petite commune de la Drôme, Bruno Durieux oscille entre mise en cause de l'origine humaine du changement climatique et « rassurisme » quant à ses conséquences.

Analyse du discours

Bruno Durieux publie quelques tribunes dans Les Échos, où il attaque l'écologisme et accorde la primauté à l'économie plus qu'il ne nie le changement climatique — il écrit tout de même en 2019 que le GIEC dramatise et va publier des rapports toujours plus alarmistes.

La même année, il signe la lettre ouverte « There is no climate emergency » (« Il n'y a pas d'urgence climatique ») publiée par le groupe climatodénialiste néerlandais Clintel, au contenu mensonger.

Bruno Durieux lui-même en est convaincu, comme il l'explique au magazine Terra incognita :

« Il y a bien un réchauffement climatique, oui, mais les causes sont multiples. Ce n’est pas uniquement la faute de l’activité humaine. Ceux qui disent cela sont des idéologues. Les partisans de l’écologie politique ne font que remplir le vide créé par la chute du marxisme. »

Il est interviewé par Bertrand Alliot dans Causeur en 2019 : « Discuter les conclusions du GIEC ferait sombrer cet édifice. Le doute est donc proscrit ; ce qui en matière scientifique ne s’est jamais vu depuis le Moyen-âge, excepté la parenthèse du lyssenkisme. » La référence au lyssenkisme est un motif récurrent des discours climato-dénialistes (Coan et al. 2021).
L'économiste reproche aussi au GIEC un manque de transparence « sur les changements climatiques passés – petit âge glaciaire ou optimum médiéval – qu’il a tenté de masquer et se garde toujours d’analyser ». Quant aux conséquences du réchauffement climatique, « le catastrophisme prophétique du GIEC est certainement excessif ».

Bruno Durieux est l'auteur d'une tribune publiée par Causeur la même année, intitulée « Ils demandent de la viande? Qu’ils mangent du quinoa! » (après le vote de l'obligation pour les cantines scolaires de proposer un plat végétarien) ; d'une tribune hostile à l'écologisme publiée en 2019 dans L'Opinion ; d'une autre en 2020 dans laquelle il affirme — entre deux attaques contre l'écologisme, la décroissance et le « gouvernement des juges » — « que la France représente 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre considérées comme cause du réchauffement climatique », un discours de l'inaction classique (Lamb et al. 2020).

En 2019, il publie encore une tribune dans Le Figaro Vox, où il se présente comme environnementaliste, soit « une personne pénétrée de l’importance vitale des questions environnementales pour l’humanité, mais qui se refuse à les instrumentaliser politiquement et idéologiquement », à l'inverse de « l’écologiste, [qui] lui, est un militant politique, animé par une idéologie que j’appelle écologisme ». Il y affirme ne pas voir d'« urgence écologique ou climatique » et met en doute l'origine anthropique du changement climatique. Plus encore, « dans une situation présentée comme urgente, la sagesse pour un responsable est de se garder de toute précipitation », d'autant plus que « la planète va de mieux en mieux ». Également critique de la notion d'anthropocène, l'économiste affirme que « depuis vingt ou trente ans la biodiversité s’est beaucoup améliorée dans les pays avancés ainsi que dans les océans », à rebours des conclusions de l'IPBES.

Il est enfin l'auteur en 2021 d'un article « climato-rassuriste » dans la revue Commentaire. En fait une version remaniée et plus nuancée d'un passage de son ouvrage Contre l'écologisme : Pour une croissance au service de l'environnement (p. 139 et suivantes), paru en 2019 — d'où, sans doute, ses diverses interventions médiatiques cette année-là.
Dans l'ouvrage, on peut lire une bonne partie de l'éventail classique des arguments climato-dénialistes. Morceaux choisis : « [Quelques réfractaires] rappellent que le climat n’a jamais été stable et qu’il fluctue naturellement au gré des paramètres orbitaux de la terre, des éruptions volcaniques, de l’activité du soleil [...] ; qu'il faisait plus chaud qu’aujourd’hui durant le Moyen Âge […] ; [que l'humanité] n’a jamais disposé d’autant d’outils pour anticiper et s’adapter. » Il cite aussi des passages lunaires d'un article de Luc Ferry paru dans Commentaire en 2016 et qui entend semer le doute sur la réalité du consensus au sein du GIEC.

En 2021, dans une conférence donnée à l'institut Diderot, un think tank, il précise (à partir de 37' environ) n'être pas climatosceptique car il croit au réchauffement climatique, à l'effet de serre et à la hausse des émissions de CO2 ; « la question, pour moi, elle n'est pas là, elle est : est-ce que c'est la seule cause ? et dans quelle mesure cette cause agit sur le climat ? » Des questions pourtant tranchées depuis plusieurs décennies par la science.

Comme pour bien d'autres climato-dénialistes, le rejet des faits établis par les sciences du climat apparaît clairement motivé par celui de l'écologisme et plus largement des politiques d'atténuation.

Nous avons tenté de joindre Bruno Durieux par le biais de la mairie qu'il dirige, laquelle nous a informé qu'il ne souhaitait pas nous répondre.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
William F. Lamb, Giulio Mattioli, Sebastian Levi, J. Timmons Roberts, Stuart Capstick, Felix Creutzig, Jan C. Minx, Finn Müller-Hansen, Trevor Culhane et Julia K. Steinberger, « Discourses of Climate Delay », Global Sustainability, vol. III, 2020, disponible en ligne : https://doi.org/10.1017/sus.2020.13 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Bruno Tertrais

types : divers
mots-clés :

Né en 1962, Bruno Tertrais est politologue. Il est directeur adjoint à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), un think tank. Il tient dans la première moitié de la décennie 2010 un discours climato-dénialiste (un qualificatif qu'il récuse).

Analyse du discours

L'Apocalypse n'est pas pour demain (2011)

Bruno Tertrais publie en 2011 L'Apocalypse n'est pas pour demain : Pour en finir avec le catastrophisme (Denoël), ouvrage dans lequel il met en doute l'origine humaine du changement climatique et ses conséquences néfastes. Le politologue explique dans l'introduction de l'essai que celui-ci « est né d'une lassitude devant le catastrophisme ambiant, et d'un doute sur le pessimisme qui semble faire l'unanimité aujourd'hui quant à l'avenir de notre monde ».

Les arguments dénialistes qui nourrissent l'ouvrage, spécieux, sont pour la plupart repris des sphères climato-dénialistes anglophones. L'auteur cite par exemple une pseudo-étude financée par Exxon, ainsi que le souligne le journaliste scientifique Stéphane Foucart. Pages 101-102, il reprend également un argument du pseudo-scandale du « climategate » lorsqu'il cite de manière tronquée un courriel de Phil Jones, un chercheur américain, laissant croire à une manipulation des données, puis il diffuse d'autres arguments classiques : les stations de mesure de la température au sol sont mal réparties, l'effet d'îlot de chaleur urbain n'est pas pris en compte, etc.

Pages 113-114, Bruno Tertrais estime que « le lien entre CO2 et réchauffement reste problématique » et écrit, après avoir rappelé la hausse de la concentration atmosphérique du CO2 : « Corrélation n'est pas causalité - c'est l'une des bases de l'analyse scientifique. Bien sûr, l'hypothèse d'un lien de causalité se fonde sur un phénomène physique connu : l'effet de serre. Toutefois, l'atmosphère est un milieu complexe et chaotique (au sens physique du terme), et le climat se prête mal aux raisonnements simplistes. » Plus de quarante ans de recherche sur le changement climatique sont ainsi ramenés à des raisonnements simplistes.

Le politologue ne cesse, dans les pages qui suivent, de répéter les arguments climato-dénialistes les plus éculés. Notamment celui selon lequel la hausse des températures précédait celle de la concentration de CO2 atmosphérique lors des transitions entre périodes glaciaires et interglaciaires — c'est un raisonnement fallacieux, plus précisément un sophisme du faux dilemme, très fréquemment utilisé par les climato-dénialistes (Cook 2020). Ou celui selon lequel il y a eu des périodes chaudes durant les derniers milliers d'années (optimum médiéval…) — pas plus pertinent que le précédent, c'est là encore un sophisme, celui de la fausse équivalence (Cook 2020).

Son point de vue sur le changement climatique est exposé de manière concise dans un entretien qu'il donne en 2012 : « Il est indiscutable que la température moyenne de surface a augmenté depuis deux siècles. Mes interrogations portent d'abord sur son caractère inédit, ainsi que sur l'ampleur exacte de la responsabilité humaine. Et surtout, sur la gravité de ses conséquences. »

Comme le relèvent en 2019 deux docteurs en philosophie des sciences, Quentin Hardy et Pierre de Jouvancourt, qui ont étudié les publications de cinq auteurs climato-dénialistes dont Bruno Tertrais, ce dernier soutient le collectif des climato-réalistes (qui deviendra peu après l'Association des climato-réalistes) lors de sa création en 2015.

Après 2015

Bruno Tertrais publie en 2016 Les Guerres du climat : Contre-enquête sur un mythe moderne (CNRS Éditions), un court ouvrage dans lequel il argue que certains propos médiatiques prédisant une hausse des conflits en raison du changement climatique sont alarmistes et infondés. Si son propos principal n'est pas réfuté — et pour cause, le sixième rapport d'évaluation du GIEC, publié quelques années plus tard, conclut avec une confiance élevée que « l'influence du climat sur les conflits est évaluée comme relativement faible » (B.4.7) —, certains aspects sont contestés par la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte sur France Inter. Durant l'émission, Bruno Tertrais insiste sur les incertitudes relatives aux évolutions futures des événements météorologiques extrêmes, ce qui conduit la climatologue à lui répondre qu'il « minimise l'état des connaissances » notamment car il se réfère à des travaux anciens.

En 2020, il semble toujours douter que le changement climatique soit entièrement d'origine humaine, en témoigne cette publication sur Twitter (et sa réponse à un internaute). Il ne fait toutefois pas la promotion de ce point de vue dans ses interventions médiatiques.

En 2025, il semble rompre avec certains de ses propos passés lorsqu'il explique sur X (ex-Twitter) constater « que les modélisations du GIEC concluent à une origine quasiment exclusivement anthropique » du changement climatique.

Les prises de position dénialistes passées du politologue paraissent avoir été influencées par sa méfiance envers le principe de précaution et son hostilité envers l'écologisme (communes à d'autres essayistes), que soulignent Quentin Hardy et Pierre de Jouvancourt dans leur article de 2019. En 2012, après avoir mis en doute le consensus scientifique, Bruno Tertrais disait ainsi soutenir l'hypothèse que demain serait mieux qu'aujourd'hui : « Les experts qui annoncent aujourd'hui la fin du monde disent la même chose que le Club de Rome en 1972. Or il n'y a pas plus de raisons de penser que les limites de la planète puissent nous poser problème davantage aujourd'hui qu'hier. Cela fait quarante ans que les mêmes prophètes nous servent les mêmes prédictions. Et ils ont toujours eu tort. »

Réponse de Bruno Tertrais

Contacté par nos soins, Bruno Tertrais n'a pas souhaité répondre en détail à nos questions, dont il a estimé qu'elles étaient « à charge ». Il récuse le qualificatif de « climato-dénialiste », qu'il juge insupportable, « ce terme signifiant pour l'opinion la négation de la réalité du changement climatique, ce qui n'a jamais été mon cas », nous écrit-il. S'agissant de l'évolution de sa position au fil des années, il précise que « la lecture des rapports successifs du GIEC le montre, le degré de certitude avec lequel le GIEC se prononce sur la part de la responsabilité humaine a changé depuis 2010 ».

Précisons à ce sujet que si le degré de certitude affiché s'est encore renforcé depuis lors, le premier volet du quatrième rapport d'évaluation (AR4) du GIEC faisait déjà état en 2007, dans son résumé à l'intention des décideurs, d'« un degré de très haute confiance [pour] affirmer que l’effet global moyen net des activités humaines depuis 1750 a été le réchauffement » (p. 3), la figure RID.2 (p. 4) montrant de surcroît sans ambiguïté que les facteurs anthropiques de forçage radiatif positif liés aux gaz à effet de serre étaient très largement supérieurs au forçage dû aux rayons solaires. On lit aussi dans le rapport de synthèse :

« L’essentiel de l’élévation de la température moyenne du globe observée depuis le milieu du XXe siècle est très probablement attribuable à la hausse des concentrations de GES anthropiques. »

Après que nous lui avons signalé la figure du GIEC évoquée ci-dessus, Bruno Tertrais a d'abord interrogé le niveau de certitude de l'époque (« "d'origine humaine" = dans quelle proportion ? et avec quel degré de certitude ? »). Puis, confronté au décalage entre la citation précise du rapport de synthèse de 2007 et ses propos contenus dans L'Apocalypse n'est pas pour demain (2011), il ne nous a pas répondu.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Camille Veyres

types : extrême droite
mots-clés :

Camille Veyres est un ingénieur français, passé par Polytechnique et l'école des Mines. Proche de l'extrême droite et membre actif du bureau de l'Association des climato-réalistes, il adopte un positionnement climato-dénialiste.

Présentation

Climato-dénialisme

Camille Veyres est, avec l'ingénieur Jacques-Marie Moranne, l'auteur du site web climato-dénialiste laphysiqueduclimat.fr. Tous deux ont co-écrit un ouvrage numérique préfacé par le physicien François Gervais.

Il dispose de son propre site web, aujourd'hui hors-ligne, mais archivé. Une « FAQ » (en fait une dissertation) de 109 pages montre le caractère protéiforme du discours de Camille Veyres, qui conteste tant les courbes de températures que l'effet de serre, les manifestations du changement climatique (événements météorologiques extrêmes, etc.) ou son caractère néfaste.

À Porto, en 2018, il participe à un colloque climato-dénialiste (où interviennent aussi Benoît Rittaud, François Gervais et Henri Masson), au cours duquel il s'attèle à montrer que l'effet de serre ne peut pas exister dans l'atmosphère et que l'évolution de la concentration atmosphérique du CO2 est une conséquence des températures plutôt que l'inverse — c'est trompeur et un sophisme du faux dilemme, fréquemment utilisé dans les discours climato-dénialistes (Cook 2020).

En octobre 2019, Camille Veyres « [tente] de perturber l’intervention de la climatologue Valérie Masson-Delmotte à l’amicale du Corps des mines », relate Mediapart.

Il collabore en mai 2021 avec Alain Mathieu pour la rédaction d'une étude de l'IREF, un think tank libertarien, intitulée « Enquête sur l'urgence climatique ».

Il est l'invité d'une émission de la chaîne Youtube complotiste Citizen Light en février 2025, en compagnie de l'ingénieur-consultant Michel Vieillefosse, du physicien Daniel Husson et de l'ingénieur Jean-Marc Bonnamy.

Liens avec l'extrême droite

Camille Veyres entretient plusieurs liens avec l'extrême droite. Il participe en 2010 à un colloque organisé par le Front national (aujourd'hui nommé Rassemblement national), comme le raconte le média Streetpress.

Une décennie plus tard, en octobre 2020, il intervient longuement (enregistrement) au micro de E&R FM, la radio du groupe d'extrême droite radicale Égalité & Réconciliation, au sujet du changement climatique.

En mars 2021, il anime une conférence sur « les impostures de la religion écologique » (« Le mondialisme s’appuie sur différents prétextes pour asseoir sa domination. L’un d’eux est l’imposture du dérèglement climatique. ») pour les éditions Kontre Kulture, fondées par le militant antisémite Alain Soral et Égalité & Réconciliation.

En décembre 2022, il donne une conférence intitulée « L’écologie en bande organisée, pour une famine durable et une misère responsable » organisée par la section lorraine d'Égalité & Réconciliation. Pour dénoncer les « fraudes de la pseudo-science climatique », il convoque une vidéo (« La tyrannie des zéros: carbone, taux d'intérêt, doute, Ukraine, croissance ») du financier Charles Gave et multiplie les propos à tendance complotistes, slide représentant une pyramide et une citation de 1984 à l'appui.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent à la totalité des cinq grandes catégories de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Catherine Bréchignac

types : scientifiques
mots-clés :

Catherine Bréchignac, née en 1946, est physicienne, directrice du CNRS de 2006 à 2010 et l'une des deux secrétaires perpétuels de l'Académie des sciences de 2011 à 2018.

Amie de Claude Allègre et Vincent Courtillot, elle favorise les approches « climatosceptiques », au CNRS comme à l'Académie des sciences, et tient elle-même des discours climato-dénialistes, jusqu'à nos jours.

Présentation

Le 4 février 2026, sur CNews, Pascal Praud, climato-dénialiste convaincu, s'agace (vers 1'11:30) : « On nous dit "c'est la science, le réchauffement climatique, c'est la science !" ». Catherine Bréchignac l'interrompt : « Non, le réchauffement climatique n'est pas de la science. » (Les sciences sociales non plus, précisait-elle juste avant.) Pourquoi donc ?

« La science exacte, elle ne peut pas répondre à tout. Vous pouvez pas demander à la science de vous répondre si Dieu existe ou si Dieu existe pas. Et quand les choses sont trop complexes, comme le échauffement climatique, qui existe, j'ai pas de critique là-dessus, mais vous pouvez pas prévoir exactement ce qu'il va se passer. Ce que vous pouvez faire, c'est extrapoler ce que vous voyez aujourd'hui pour demain. Oui, ça c'est de l'extrapolation, c'est des modèles, mais vous ne faites pas de théorie, parce que la théorie des nuages, on arrive pas à la faire. »

Les dizaines de milliers de chercheurs et chercheuses qui travaillent sur le changement climatique seront ravis d'apprendre qu'ils ne font pas de science. Et que la question du changement climatique s'apparente à celle de l'existence de Dieu.

Les propos de Catherine Bréchignac sont trompeurs : si les sciences du climat ont largement recours à la modélisation climatique, tout particulièrement pour les projections du climat futur, elles s'appuient bel et bien sur des connaissances théoriques de la physique du climat. Ce sont même elles, historiquement, qui ont permis d'émettre l'hypothèse selon laquelle les émissions de gaz à effet de serre allaient générer un réchauffement climatique. (Il est en revanche exact que l'influence des nuages sur le climat demeure mal connue, mais cet aspect est pris en compte par les scientifiques, par exemple dans les marges d'incertitude des projections climatiques.)

L'argumentaire ravit en tout cas Pascal Praud qui, guilleret, se promet à voix haute de réinviter Catherine Bréchignac en plateau. Celle-ci était venue sur la chaîne d'opinion en continu d'extrême droite pour présenter son ouvrage L'Odyssée de Luca : Face au naufrage de la raison, publié aux éditions du Cerf.

L'argumentaire de Catherine Bréchignac s'inscrit en réalité dans une posture climato-dénialiste qui remonte à loin.

En 2012, dans Controverses climatiques, sciences et politiques, l'économiste de l'environnement Olivier Godard relate déjà, chapitre 5 :

« Peu avant la conférence de Copenhague [de 2009], le Journal du CNRS devait présenter un dossier faisant le point sur les sciences du climat. Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, avait alors imposé de donner une parole égale aux scientifiques du climat et aux climato-sceptiques nationaux. Ces derniers n’ayant pas remis les textes attendus, le journal n’a pas été autorisé à publier ceux fournis par les climatologues. »

Quelques années plus tard, en 2013, Le Monde signale la mise en doute de l'origine humaine du changement climatique par l'Académie des sciences, à une époque où la question est tranchée depuis longtemps dans la communauté scientifique. Secrétaire perpétuelle de la première section de l'Académie des sciences, Catherine Bréchignac affirme à l'occasion d'une conférence de presse : « Au sein de l'Académie, nous ne sommes pas tous d'accord sur le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique. » L'Académie ne rompra réellement avec le déni climatique qu'à la fin des années 2010 — Catherine Bréchignac reste secrétaire perpétuelle jusqu'en 2018.

En juin 2015, le journaliste Yves Sciama relate dans La Recherche qu'interrogée six mois plus tôt, Catherine Bréchignac, qui entretient des liens d'amitié avec Claude Allègre et Vincent Courtillot, affirmait que « les températures globales n'ont pas bougé depuis dix-sept ans » — une affirmation fallacieuse, vraie « que si l'on choisit soigneusement le début et la fin de l'intervalle de temps considéré », souligne le journaliste, tandis que Stéphane Foucart évoque dans Le Monde « une antienne climatosceptique ». La physicienne disait aussi que la température moyenne du globe était un concept qui « n'a pas de réalité thermodynamique ».

En 2022, elle intervient chez Sud Radio, en compagnie notamment de Laurent Alexandre, un polémiste transhumaniste et « climato-rassuriste », pour débattre de son ouvrage Retour vers l’obscurantisme. Dans celui-ci, on peut lire :

« Mais voici que le taux de CO2 dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter depuis plus d’un siècle, et que cet excès croît comme la démographie. L’homme qui ne cesse d’inventer et de créer des environnements artificiels est nécessairement considéré comme responsable de cette augmentation ; avec son industrialisation, il est le pollueur de l’équilibre naturel. Cette autodéduction ne relève pas véritablement d’une démarche scientifique puisque la contre expérience n’est pas possible […] »

Le propos est pour le moins trompeur : s'il y a consensus scientifique sur l'origine humaine du changement climatique, ce n'est certainement pas sur le fondement d'une telle « autodéduction » simpliste, mais en raison de la compréhension fine des mécanismes physiques à l'origine du changement climatique.

Plus loin, Catherine Bréchignac écrit encore :

« Nous ne reviendrons pas à l’âge de pierre, et il est clair que les pays qui veulent augmenter le niveau de vie moyen de leurs citoyens ne se préoccupent que modérément de l’excès de CO2. Pour d’autres, le CO2 devient l’ennemi à combattre, le mot « décarboné » fait son entrée en scène, tout doit être décarboné. Les Cassandres actuels s’en emparent et se délectent de rendre l’homme non pas responsable, mais coupable de l’évolution observée. On conçoit alors que le changement climatique, dont l’homme se sent coupable, soit un terreau favorable à l’émergence d’une peur collective qui lui fait perdre sa raison. »

Une approche surprenante, dans laquelle les émissions de gaz à effet de serre, et avec elles le réchauffement climatique, sont implicitement présentés comme à la fois inéluctables et sans réelle gravité.

Contactée par l'intermédiaire de l'Académie des sciences, Catherine Bréchignac ne nous a pas répondu.

Voir aussi

Classification du discours

Les discours diffusés par Catherine Bréchignac se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Causeur

types : extrême droite
mots-clés :

Causeur est un magazine d'extrême droite, fondé en 2007 par Élisabeth Lévy, dirigé par Gil Mihaely et propriété de la même holding, Cantio, que Transitions et Énergies et Conflits. Il diffuse avec assiduité des discours climato-dénialistes.

Présentation

Causeur adopte une ligne hostile à l'écologisme (avec un acharnement notable envers la militante Greta Thunberg : 1, 2, 3, 4 et bien plus encore), dont découle son positionnement climato-dénialiste.

Le magazine met ainsi à l'honneur le physicien climato-dénialiste français François Gervais et son confrère américain Steven Koonin, interviewe l'ancien haut-fonctionnaire dénialiste Loïk Le Floch-Prigent, ouvre ses pages au climato-rassuriste Bertrand Alliot

En 2015 déjà, alors que se tient la COP21, le magazine ouvre ses pages à un avocat, Régis de Castelnau, qui dans une tribune assimile explicitement le changement climatique (dont il refuse de se prononcer sur la réalité) à une nouvelle religion. Celle-ci « reposera sur la science – mais une science officielle figée, non discutable – en rassemblant laboratoires et scientifiques de nombreux pays, dans une instance intergouvernementale, par conséquent politique. Sur la base d’une orientation fixée au préalable, le GIEC est devenu le support de l’expression d’une "vérité scientifique" qui doit s’imposer à tous », assène-t-il.

L'année suivante, Causeur héberge et promeut un billet de blog d'Ingrid Riocreux, agrégée de lettres, qui présente le réchauffement climatique comme « une thèse » et décrit les journalistes qui font le lien entre canicules et changement climatique comme des « militants réchauffistes ».

Causeur publie aussi en 2018 une tribune aux arguments particulièrement simplistes et éculés, tels que « le climat a toujours varié » (c'est un argument spécieux) ou « le gaz carbonique est le gaz de la vie » (idem), signée par une bonne partie des membres connus de l'Association des climato-réalistes (Jacques Duran, François Gervais, Richard Lindzen, Rémy Prud'homme et Benoît Rittaud) ainsi que le géographe Jean-Robert Pitte.

En octobre 2022, le magazine s'intéresse au changement climatique, avec cette question : « Qu’est-ce qui a transformé les écologistes en de véritables ennemis de l’écologie ? »

Les plumes de Causeur ne manquent jamais de mettre en doute l'origine anthropique du changement climatique ou de critiquer les rapports du GIEC, « cet organisme lyssenkiste » qui « est accueilli par les associations, les mouvements politiques écologistes, Greta Thunberg et les gouvernements occidentaux, comme un nouvel évangile » (Didier Desrimais), de dénoncer « les maniaques du changement climatique » (idem), de confondre météo et climat (toujours), ou d'alerter sur le « climatotalitarisme » (par le Suisse Slobodan Despot) — et rebelotte (par l'économiste Rémy Prud'homme).

Classification du discours

Les discours employés embrassent la totalité des cinq grandes catégories de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Chantal Delsol

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

Née en 1947, Chantal Delsol est une philosophe et essayiste française, libérale-conservatrice voire réactionnaire. Le climat n'est pas au centre de ses intérêts, mais elle participe à la diffusion des discours de déni du changement climatique, notamment par le biais de l'Académie des sciences morales et politiques dont elle est membre et par ses propres interventions confusionnistes et « rassuristes ». Elle ramène les discours climatiques et écologistes à une idéologie catastrophiste.

Présentation

Elle est la sœur de Jean-Philippe Delsol, lui-même climato-dénialiste.

Elle organise en novembre 2024 un colloque climato-dénialiste à l'Institut de France, comme le relatent L'Informé et Mediapart, avec Bertrand Alliot, porte-parole de l'association Action Écologie — dont elle a dirigé la thèse en sciences politiques. Y assistent de nombreuses personnalités climato-dénialistes. Lorsque Bertrand Alliot est démis en février 2025 de son poste de directeur de la valorisation scientifique à l’université Gustave-Eiffel, elle le défend dans Le Figaro Vox.

Chantal Delsol intervient durant ledit colloque, avec un discours climato-rassuriste. Tout en précisant ne pas se mêler au débat scientifique sur le changement climatique, dont elle reconnaît sans équivoque l'existence, elle affirme que la question climatique dépasse le stade de « la science rationnelle et raisonnable » (qu'elle assimile au « bon sens ») « pour devenir une espèce de pseudo-religion, de délire ». La question climatique et écologique, sérieuse voire « vitale », devrait être posée avec plus de « pondération ». Estimant que nous sommes presque tous ignorants (« enfin personnellement j'ai l'impression d'être ignorante », ajoute-t-elle immédiatement), « la meilleure réponse serait donc de se taire », « mais la raison d'être des réseaux c'est de parler de tout, d'où le problème ». La peur déborde la science, « l'hystérise et la déforme », explique-t-elle, avant d'affirmer que la rue impose aux gouvernements « des décisions qui sont livrées aux rumeurs, aux données obsolètes ou fausses, aux projections hasardeuses, aux thèses loufoques et aux prédictions apocalyptiques ».

Comment l'intéressée peut-elle identifier des données obsolètes ou fausses ou des projections hasardeuses, alors qu'elle affirme être ignorante sur le sujet ? Mystère. Quant au scepticisme, explique-t-elle, il découlerait du fait que l'on « placardise » quiconque émet une opinion divergeant du consensus scientifique — « c'est louche ».

Son intervention durant le colloque est reprise par Mickaël Fonton dans Valeurs actuelles (dont elle est une contributrice régulière).

Elle préface en 2025 le deuxième essai de Bertrand Alliot, Comprendre l'incroyable écologie.

En 2017, elle est annoncée au programme d'un cycle de conférences de l'Association des climato-réalistes intitulé « Climat : contre la pensée unique ». Son intervention, « Le catastrophisme climatique et la perception du temps et de l’histoire », a fait l'objet d'une captation vidéo, où on la voit discourir à côté de Benoît Rittaud, qui arbore t-shirt et badge « I love CO2 ». Elle y précise là aussi n'avoir pas de compétence sur les aspects scientifiques et axer son intervention sur le discours sur le climat : « Le discours est beaucoup plus inquiétant, probablement, que le climat lui-même. » Elle s'emploie à critiquer un discours « ni rationnel, ni raisonnable », « idéologique », « frénétique voire fanatique », « arrogant », qui refuse tout débat : « Il est extrêmement difficile, dans un salon parisien, de dire qu'on est climato-sceptique ou climato-réaliste. » Se dessine derrière ce discours un « mythe » qui prend la suite du rejet des idéologies totalitaires du XXe siècle et témoigne d'un orgueil de l'humanité qui se croit capable de dérégler le climat et de le réparer.

La philosophe prétend ainsi analyser « le discours sur le climat », comme s'il n'en existait qu'un, amalgamant discours du GIEC, discours médiatiques, militants, etc.

On peut retrouver les grandes lignes de cet argumentaire dans le compte-rendu d'une de ses interventions, faite en 2021 devant l'Académie d’éducation et d’études sociales, une association catholique.

Dans une interview vidéo du Figaro diffusée en 2021, elle explique que « l'écologie est devenue une religion, avec ses clercs — ce sont les gens du GIEC — ses grandes cérémonies, ses prophètes, ses interdictions, son inquisition, etc. ». Elle tient un discours similaire dans une interview au journal belge Le Soir.

Contactée par nos soins, Chantal Delsol nous a indiqué ne pas souhaiter répondre à nos questions.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Charles Gave

types : extrême droite
mots-clés :

Né en 1943, Charles Gave est un financier et essayiste français libéral d'extrême droite, président de l'Institut des libertés, un think tank de sa création. Il utilise et diffuse des discours niant la réalité et l'origine humaine du changement climatique.

Présentation

Charles Gave est un libéral convaincu, contributeur du site libertarien Contrepoints (entre autres). Il appartient aux sphères d'extrême droite, soutient la candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle de 2022 et finance plusieurs candidats d'extrême droite à diverses élections.

Par le biais de l'Institut des libertés, un think tank libéral qu'il préside, Charles Gave reçoit et interroge l'essayiste Christian Gerondeau en 2021, le physicien français François Gervais en 2023, le mathématicien Benoît Rittaud en 2023 et l'essayiste belge Samuel Furfari en 2024, tous quatre climato-dénialistes endurcis.

En 2023, face à Benoît Rittaud qui évoque le « mythe originel » de l'écologisme selon lequel l'apocalypse ne sera évitée « que par une transformation complète de la société » (vers 41'), Charles Gave dresse un parallèle avec la Shoah : « J'ai déjà entendu ce coup-là qu'il fallait transformer l'Homme et tout, il y a eu plein de camps de concentration avec cette brillante idée. Donc vous pensez que ça va nous amener aux camps de concentration un jour ? » Réponse de Benoît Rittaud : « En tout cas l'écologisme […] c'est effectivement du totalitarisme ».

S'agissant de François Gervais, il avait déjà été invité par l'Institut des libertés en avril 2021, en partenariat avec la revue Transitions et Énergies.

Dans une vidéo publiée par le même Institut des libertés en 2023, Charles Gave conteste la réalité du réchauffement climatique et l'origine humaine du changement climatique, en dépit des molles tentatives de contradictions de son interlocuteur, auquel il ne cesse de couper la parole. Il utilise notamment l'argument — aussi classique que fallacieux, usant du sophisme de la fausse équivalence (Cook 2020) — selon lequel il a fait plus chaud par le passé et que le réchauffement récent ne serait qu'une nouvelle variation naturelle du climat. Il cite également à l'appui de son raisonnement le climato-dénialiste américain Steven Koonin et le Français Christian Gerondeau. Il accuse également le GIEC d'avoir « manipulé les données » sur les variations historiques de la température.

En 2024, invité sur la chaîne Youtube confusionniste Thinkerview, il diffuse (à partir de 2:11') les discours climato-dénialistes de Steven Koonin, se dit convaincu que le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique n'est pas prouvé et affirme que « la masse de l'Antarctique est en train de croître » (non).

De manière plus indirecte, comme l'a mis en lumière Mediapart en janvier 2025, Benoît Perrin, l'ancien directeur de l'Institut de formation politique (IFP) financé par Charles Gave, fonde en 2020 l'association climato-dénialiste Action Écologie. Dont le porte-parole Bertrand Alliot, s'entretient longuement en décembre de la même année avec Charles Gave. Le sujet ? « Le sens profond du "discours écologique" ». L'occasion d'une belle unanimité entre les deux hommes, Charles Gave approuvant Bertrand Alliot quand celui-ci se dit « sceptique » quant à « la théorie du changement climatique » provoqué par les émissions de gaz à effet de serre — et d'ailleurs « il y a beaucoup de scientifiques qui sont sceptiques », d'autant que « le CO2 est un gaz rare dans l'atmosphère ».

Charles Gave est également l'actionnaire de Cantio, la holding propriétaire des médias Causeur, Transitions et Énergies et Conflits, habituées de la désinformation sur le changement climatique. En 2024, L'Informé relatait que le financier et son fils Louis-Vincent Gave étaient venus au secours de Cantio, en difficulté.

L'Institut des libertés-Charles Gave n'a pas donné suite à nos sollicitations.

Classification du discours

Les discours prononcés ou relayés par Charles Gave embrassent la totalité des cinq grandes catégories de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Charles Muller

types : extrême droite
mots-clés :

Charles Muller, pseudonyme de Charles Champetier, est un journaliste, éditeur du site web climat-sceptique.com. Il a précédemment été le rédacteur en chef de la revue d'extrême droite Éléments, affiliée au GRECE, une organisation d'extrême droite née à la fin des années 1960.

Présentation

Climat-sceptique.com est, écrit le journaliste scientifique Stéphane Foucart, « le premier [site web] à importer en France un argumentaire circonscrit à la sphère nord-américaine jusqu’au milieu des années 2000 ».

Actif à partir de 2006, le site entre en sommeil dès 2008 ; Charles Muller conseille alors la consultation des sites francophones pensee-unique.fr (édité par Jacques Duran) et Skyfall, les deux autres blogs influents de la sphère « climato-sceptique » de l'époque.

Charles Champetier, toujours sous le pseudonyme de Muller, publie en janvier 2008 un article intitulé « Climat : quelques éléments de critique sceptique » sur le site web de l'Afis, une des deux principales associations rationalistes françaises. Il y met en cause l'origine anthropique du réchauffement, de même que les travaux du GIEC, et affirme « qu'il n’y a pas d’urgence particulière à prendre dès aujourd’hui des décisions climatiques ».

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Chloé Frammery

types : complotistes
mots-clés :

Chloé Frammery est une enseignante franco-suisse devenue influenceuses complotiste pendant la pandémie de Covid-19. Proche de l'extrême droite (notamment de Dieudonné), elle est également climato-dénialiste.

Analyse du discours

Dès les années 2010, alors qu'elle n'est pas encore connue, Chloé Frammery diffuse des discours climato-dénialistes sur Twitter (exemple en 2017). Elle poursuit dans les années 2020.

Selon le média suisse Heidi.news, elle enseigne à ses élèves que le réchauffement climatique n'existe pas.

En janvier 2021, elle publie une vidéo consacrée au Forum économique mondial (WEF, d'après son acronyme anglais) et à son dirigeant Klaus Schwab, objets d'une obsession de la mouvance complotiste, particulièrement depuis l'invention du concept de « grande réinitialisation » (great reset en anglais) par Klaus Schwab en 2020. Elle y évoque notamment « le pseudo changement climatique », qui ne serait qu'un prétexte du WEF, au même titre que le Covid-19, pour mettre en place un nouvel ordre mondial.

Elle intervient fréquemment en compagnie d'autres personnalités complotistes, y compris sur le sujet du changement climatique. Par exemple dans l'émission L'info en questionS qu'elle anime souvent avec le complotiste marseillais Salim Laïbi.

Ainsi, en 2021, elle invite le conspirationniste Jean-Jacques Crèvecœur et le conférencier climato-dénialiste Philippe Bobola pour une émission intitulée « Le climat en QuestionS : CO2, nouveaux nuages, Bill Gates et Greta main dans la main pour nous ramener à zéro », dans laquelle elle affirme que « le consensus sur le climat n'est de loin pas établi ». Après une vingtaine de minutes de présentation, elle explique :

« Ce sujet [le changement climatique] est vraiment au cœur de toute la propagande mondialiste, que ce soit le WEF, que ce soit l'ONU, que ce soit la fondation Gate, que ce soit la fondation Rockefeller. […] C'est encore un prétexte pour nous imposer des taxes carbone, des crédits carbone, des autorisations carbone et toutes ces mesures liberticides qui leur permettent de nous contrôler, de contrôler nos déplacements. »

À l'issue de sa présentation, elle entame une discussion sur les chemtrails (une théorie conspirationniste) avec Jean-Jacques Crèvecœur et Philippe Bobola.

En novembre 2022, Chloé Frammery donne une conférence nommée « Que cache la transition "verte" ? », assez décousue. On y apprend que « le CO2 est un fertilisant, pas un gaz polluant » (comme l'indique son support de présentation), qu'il n'est pas la cause du réchauffement climatique, et que même s'il l'était, la France a une responsabilité mineure dans celui-ci (c'est trompeur). Elle indique s'être appuyée sur un livre du physicien climato-dénialiste français François Gervais.
Elle déroule ensuite son argumentaire habituel selon lequel les puissants de ce monde (WEF, George Soros, famille Rockefeller, famille Rothschild, etc.) sont à l'origine du mythe du changement climatique, semble-t-il dans le but d'imposer un « pass carbone » à la population.
Soudainement, à la 49e minute, Chloé Frammery s'éloigne du fil de sa présentation : « Est-ce qu'on s'est intéressé au Soleil ? Ça c'est une question subsidiaire, que je pose totalement au hasard. À l'orientation de la Terre, aux gaz, à l'orbite de la Terre, à tout ce qui peut perturber les cycles ? Est-ce que ces gens-là ont étudié ces phénomènes ? J'ai pas l'impression. » Les paramètres orbitaux de la Terre et les cycles solaires sont pourtant étudiés depuis longtemps par les sciences du climat.

En 2023, elle présente une conférence sur le thème « La fausse transition verte » à Namur, qui reprend en grande partie la structure de sa présentation de 2022.

Le 6 mai 2025 à Genève, elle anime une conférence en deux parties avec Salim Laïbi durant laquelle chacun présente son ouvrage, elle La Suisse au cœur (partie 1), lui le pamphlet climato-dénialiste Climate terror (partie 2). Elle y explique son parcours et, entre autres choses, sa proximité avec le militant antisémite et négationniste français Dieudonné — qui lui a remis une « quenelle d'or » en juin 2019 — et le chanteur Francis Lalanne, qui a basculé dans le complotisme d'extrême droite pendant la pandémie de Covid-19.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent aux grandes catégories suivantes de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Christian Gerondeau

types : extrême droite
mots-clés :

Né en 1938, ingénieur de formation, Christian Gerondeau est l'un des plus anciens climato-dénialistes français toujours actifs au mitan des années 2020.

Présentation

Christian Gerondeau mène d'abord une carrière de haut-fonctionnaire à la tête du Comité interministériel de la sécurité routière, puis s'investit dans l'Automobile Club Association et devient un fervent défenseur du tout-automobile.

Il est le directeur de la publication du site web de l'Association francophone des climato-optimistes (climato-optimistes.fr). Après la fusion de cette dernière avec l'Association des climato-réalistes en 2016, il en devient membre, et il figure avec Vincent Courtillot parmi les membres du « conseil scientifique » de la Global Warming Policy Foundation britannique (Foucart 2015, chap. 8). Il est aussi signataire de la « World Climate Declaration » publiée en 2019 par l'organisation climato-dénialiste néerlandaise Clintel.

Christian Gerondeau est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages sur le climat et l'écologie, publiés entre 2007 et 2025, dont quinze chez L'Artilleur (ou son label « éditions du Toucan ») — plus d'un par an depuis 2017. Climat, tout ça pour rien !, publié en 2024, a été vendu à plus de 20 000 exemplaires, relate La Croix.

Analyse du discours

À partir du milieu des années 2000, il défend des positions climato-dénialistes avec des arguments divers : tantôt il nie l'existence du changement climatique (en 2009 sur Radio Classique, en 2023 sur CNews, cf. infra), tantôt il nie son origine anthropique (par exemple en 2025 sur la chaîne Youtube Tocsin), tantôt il minimise son ampleur.

Il s'appuie à la fois sur une rhétorique du complot, selon laquelle le GIEC manipule sciemment les données dans une connivence avec les militants écologistes, et sur la prémisse de l'impossibilité de toute mesure d'atténuation du changement climatique au motif que l'humanité est incapable de limiter son exploitation des ressources naturelles à sa disposition.

En mars 2023, il affirme sur CNews (où il est fréquemment invité), face à l'animateur climato-dénialiste Pascal Praud, que « la température moyenne du monde est en train de baisser », alors que les données démontrent l'inverse, comme le relève La Croix.

L'ingénieur ne craint en effet pas de fréquenter l'extrême droite. Assidument. En 2017, il intervenait (et répondait aux questions de l'assistance) auprès du Carrefour de l'horloge, un cercle de réflexion d'extrême droite plus connu sous son nom antérieur, le Club de l'horloge, pour parler des « mensonges du mythe réchauffiste » comme le signale Mediapart. Christian Gerondeau s'installait en 2021 dans un fauteuil pour discuter avec le financier d'extrême droite Charles Gave de l'« escroquerie écologique » (dont le réchauffement fait évidemment partie).

En 2021 et 2022, il était invité sur TV Libertés pour la promotion de deux de ses essais climato-dénialistes — la première fois interviewé par l'ancien cadre du Rassemblement national Bruno Gollnisch. Il est en réalité un habitué de la chaîne, en témoigne son intervention de 2018 pour affirmer qu'« il n'y a pas de pollution à Paris ». En 2022, on pouvait aussi entendre l'ingénieur dans la matinale de Radio Courtoisie dénoncer les voitures électriques. L'année suivante, il intervenait (en compagnie d'André Bercoff) sur Omerta, un média en ligne pro-Poutine créé par le journaliste d'extrême droite Régis Le Sommier. En 2025, il intervient (plusieurs fois) sur la chaîne Youtube Géopolitique profonde, aussi marquée à l'extrême droite que complotiste.

Joint par courriel, Christian Gerondeau ne nous a pas répondu.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent à la totalité des (cinq) grandes catégories de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.

Christian Lévêque

types : scientifiques
mots-clés :

Hydrobiologiste de carrière, désormais retraité, ancien président de l'Académie d'agriculture, Christian Lévêque minimise l'ampleur des atteintes à la biodiversité, en rupture avec les connaissances scientifiques sur le sujet. Il tient à la marge des propos « climato-rassuristes » et évolue dans la sphère climato-dénialiste française.

Analyse du discours

De la biodiversité…

Le cœur de son discours « rassuriste » est résumé dans cette phrase (écrite en 2024) : « S’il y a de mauvaises nouvelles, il y a aussi de bonnes nouvelles » en matière de biodiversité. Qui complète la suivante (publiée en 2019) : « La mise en accusation systématique de l’homme relève manifestement d’une idéologie, non pas du discours scientifique. »

À l'occasion de la COP15 sur la biodiversité, en 2022, il dénonce « la surenchère médiatique des déclarations alarmistes qui participent à une campagne idéologique de stigmatisation de l’espèce humaine. […] Ce qui renvoie à une question de fond : pourquoi l’écologie ne parle-t-elle que sur le registre négatif de nos rapports à la nature ? »

La même année, il collabore à l'association Action Écologie de Bertrand Alliot avec laquelle il produit une étude intitulée « Biodiversité : faut-il vraiment paniquer ? lorsque tant d’espèces se portent mieux… ». Celle-ci est citée deux ans plus tard par Bertrand Alliot dans une interview menée par le journaliste Erwan Seznec dans Le Point, qui fera l'objet de nombreuses réfutations.
Sur le sujet des risques pesant sur la biodiversité, il est l'auteur d'un ouvrage paru en 2022 chez Iste éditions, Érosion de la biodiversité : Enjeux et débats, et d'un autre paru en 2023 aux éditions L'Artilleur — connue pour son catalogue d'ouvrages climato-dénialistes — Le Double visage de la biodiversité : La nature n’est pas un jardin d’Eden.

Christian Lévêque est interrogé sur le site pseudo-scientifique European Scientist en 2025, où il écrit régulièrement (ses articles) et où il est interviewé avec Bertrand Alliot en 2023. Avec le même Bertrand Alliot, il cosigne quelques mois après, une tribune dans le magazine d'extrême droite Valeurs actuelles. Plus encore, il publie des articles sur le site de l'Association des climato-réalistes (en 2024 et 2025), plateforme principale du déni climatique en France, dont il est membre du comité scientifique. Il écrit aussi un texte dans le magazine d'extrême droite Causeur (en 2021) dans lequel il critique le journaliste scientifique Stéphane Foucart pour son (supposé) « engagement partisan et militant […] contre les climato-sceptiques », propos qui dit en creux quelque chose de son propre rapport aux sciences du climat.

…au climat

Christian Lévêque s'exprime plus explicitement sur le changement climatique dans une tribune publiée en 2022 sur Atlantico consacrée au « catastrophisme climatique ». S'il reconnaît d'emblée que le climat se réchauffe, il minimise les conséquences du changement climatique, affirmant que « les inondations ne sont pas des phénomènes nouveaux, ni par leur ampleur, ni par leur fréquence » alors même qu'elles risquent de s'accroître en raison de la hausse de la fréquence événements de précipitations intenses provoquée par le réchauffement. Plus encore, il argue dans ce texte que la « France est responsable dit-on de 0,64 % des émissions de GES » et qu'il est donc à la fois vain et néfaste « sur le plan économique et social » de faire des efforts pour les réduire fortement — un argument fallacieux de promotion de l'inaction climatique (Lamb et al. 2020).

Toujours dans ce billet d'Atlantico, il s'appuie sur un article de vulgarisation scientifique de 2003, tout à fait sérieux, pour affirmer « que si nous arrêtions toute émission de gaz à effet de serre aujourd’hui le réchauffement se poursuivrait encore pendant un à deux siècles en raison de l’inertie du système terrestre ». Premier problème, ce n'est pas ce que dit l'article, qui évoque effectivement un réchauffement supplémentaire mais dans un scénario de stabilisation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère (le stock de CO2), ce qui n'est pas la même chose qu'un scénario d'arrêt des émissions de gaz à effet de serre (le flux). Deuxième problème, lié au premier, se référer à une publication vieille de près de vingt ans n'a pas de sens : les modèles climatiques utilisés à l'époque n'intégraient pas le cycle du carbone et ne pouvaient pas modéliser les conséquences de zéro émission nette de CO2, explique le média spécialisé Carbon Brief. Or, précisément, cesser d'émettre du CO2 n'aboutit pas à une stabilisation de la concentration atmosphérique de celui-ci, mais à sa diminution, car les puits de carbone continuent d'absorber du CO2. Il en résulte que le réchauffement supplémentaire attendu après avoir atteint zéro émission nette de CO2 est très faible (en-deçà d'un demi-degré).

Pire encore, Christian Lévêque, au détour d'une phrase évoquant « un réchauffement dont on ne peut envisager la fin si les seules émissions de GES sont en cause », semble mettre en doute le fait que les émissions de GES d'origine humaines soient les responsables de la totalité du réchauffement observé, ce que le dernier rapport du GIEC en date a pourtant clairement établi. La crainte se confirme plus loin, lorsque l'ancien haut-fonctionnaire écrit :

« Au risque d’être ostracisé en soulevant cette question, je m’interroge sur les facteurs qui ont été à l’origine des nombreux épisodes glaciaires qui ont ponctué l’ère Quaternaire environ tous les 100 000 ans, avec des phases de réchauffement et de refroidissement du climat. L’homme n’y était évidemment pour rien. »

C'est un sophisme de la cause unique combiné à une expression confuse (Cook 2020) : que les variations paléo-climatiques soient dues aux paramètres orbitaux, comme l'essayiste le mentionne lui-même — aussi ce n'est bien évidemment pas là-dessus qu'il s'interroge — ne contredit pas l'origine humaine du changement climatique actuel.

La conclusion de son article est un classique du climato-dénialisme : « Au lieu de nous lancer sans recul dans des programmes de réduction des émissions, et de dépenser beaucoup d’argent dans des mesures qui n’auront qu’un effet très marginal, il serait plus judicieux d’investir, le plus vite possible, dans des mesures d’adaptation au réchauffement. »

Réponse de Christian Lévêque

Joint par courriel, Christian Lévêque nous a indiqué que nous semblions « manquer d’un minimum de cuture scientifique » pour parler du climat et de la biodiversité, avant de longuement nous expliquer que « l’histoire des sciences a montré qu’elle fonctionne sur la base de débats et de controverses parfois vifs » et que « les hypothèses peuvent être remises en cause avec l’avancement des connaissances » — ce que nous ne contestons évidemment pas mais qui relève du sophisme de la fausse équivalence (Cook 2020). Or « le climat est l’un des domaines controversés dans la mesure où nous avons du mal à expliquer les causes des nombreux changement climatiques intervenus dans le passé ». Il condamne « la tendance à la pensée unique qui se manifeste dans ce domaine et que des lobbies cherchent à imposer », ce qui l'a mené à rejoindre l'Association des climato-réalistes, nous explique-t-il.

Il récuse donc s'inscrire « dans le négationnisme » (terme que nous n'avons pas utilisé) et revendique être « dans l’interrogation sur la pertinence des théories actuelles : oui il y a réchauffement mais les forces à l’œuvre dans le passé ont-elles miraculeusement disparu pour une cause unique qui serait les émissions de GES ? »

À propos de la note cosignée avec Bertrand Alliot, il nous écrit : « Si on veut parler honnêtement de la dynamique de la biodiversité, il faut prendre en compte toutes les informations, les mauvaises comme les bonnes, et ne pas faire a priori un tri sélectif en fonction de ses convictions idéologiques. »

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.
William F. Lamb, Giulio Mattioli, Sebastian Levi, J. Timmons Roberts, Stuart Capstick, Felix Creutzig, Jan C. Minx, Finn Müller-Hansen, Trevor Culhane et Julia K. Steinberger, « Discourses of Climate Delay », Global Sustainability, vol. III, 2020, disponible en ligne : https://doi.org/10.1017/sus.2020.13 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Citizen Light

types : complotistes
mots-clés :

Citizen Light est un média vidéo en ligne complotiste. Il s'intéresse, entre autres sujets, au changement climatique.

Citizen Light est fondé en 2022 par Pierre Barnérias, réalisateur du documentaire conspirationniste Hold-up sorti la même année, qui prétendait mettre au jour un complot mondial derrière la pandémie de Covid-19. Il s'entoure de trois journalistes issus des rédactions de médias classiques, comme le relate Arrêt sur images : Armel Joubert des Ouches, Valérie Khong et Laurence Beneux.

Le média bénéficie d'un financement participatif à sa création, propose un abonnement payant et reçoit des dons.

Analyse du discours

Entre ses vidéos sur les réseaux pédo-criminels, le complot du Covid-19, « les mystères de l'eau » ou l'État profond, le média s'intéresse aussi au changement climatique.

Dès 2022, Citizen Light consacre une courte vidéo, sobrement titrée « L'arme du climat, une guerre invisible », à la théorie conspirationniste des chemtrails, qui voit dans les traînées de condensation laissées derrière eux par les avions une trace d'expériences de géo-ingénierie à l'origine du Covid-19 et d'événements météorologiques extrêmes. En avril 2025, une émission entière est consacrée à ce sujet, en deux vidéos (1, 2). Le propos ne porte pour l'essentiel pas sur le changement climatique, mais est néanmoins l'occasion pour certains intervenants de faire part de leur climato-dénialisme. Telle Claire Henrion, qui explique que le réchauffement a bien une origine partiellement anthropique, « mais c'est surtout pas celui qu'on nous dit [le CO2], le vrai facteur anthropique il fallait le cacher ».

En février 2025, dans une émission diffusée sur Youtube, Citizen Light invite quatre personnalités qui s'inscrivent dans la mouvance climato-dénialiste, qu'elles contestent l'existence du changement climatique, son origine humaine ou ses conséquences : Daniel Husson, Jean-Marc Bonnamy, Drieu Godefridi et Rémy Prud'homme. L'émission est un florilège ininterrompu de désinformation sur le sujet, mais aussi l'occasion (début de la séquence vers 39') d'entendre Rémy Prud'homme qualifier sans l'ombre d'un argument Greta Thunberg d'« antisémite » — « il y avait avant un ennemi public numéro 1 qui était le CO2, maintenant elle a changé, il y a aussi le Juif », ajoute-t-il —, sans que cela ne sucite la moindre réprobation des quatre autres hommes présents en plateau, présentateur inclus.

Une semaine plus tard, rebelotte, toujours avec Daniel Husson et Jean-Marc Bonnamy, rejoints cette fois par Michel Vieillefosse et Camille Veyres.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Claude Allègre

types : scientifiques
mots-clés :

Né en 1937 et mort en 2025, Claude Allègre est un géochimiste et ancien ministre de l'Éducation français. Il est la figure tutélaire du climato-dénialisme français, qu'il promeut de manière active entre 2006 et le début des années 2010, épaulé dans cette démarche par Vincent Courtillot.

Présentation

Géologue réputé, il a beaucoup travaillé sur le volcanisme, mais guère sur le changement climatique, au sujet duquel il n'a jamais publié dans des revues scientifiques. Cela ne l'empêche pas, comme le relate Le Monde, d'affirmer dès 1995, alors que paraît le deuxième rapport d'évaluation du GIEC, que le réchauffement climatique d'origine anthropique est une « fausse alerte » inventée de toutes pièces par des « lobbys d’origine scientifique qui défendent avec acharnement leur source de crédits ».

Friand des polémiques, l'ancien ministre développe au fil du temps son discours climato-dénialiste et hostile à l'écologisme — en 2002, il écrit que « l'écologie est devenue la Cassandre d'un catastrophisme planétaire généralisé » — qui prend vraiment son essor dans la deuxième moitié des années 2000. S'appuyant sur son aura scientifique, son bagout et son entregent, Claude Allègre devient omniprésent dans les médias généralistes, dont le recours à un pluralisme dévoyé conduit, pour beaucoup, à accréditer l'existence d'un débat scientifique sur la réalité et l'origine du changement climatique, alors que cette question est alors clairement tranchée dans les sphères académiques. Le Monde lui donne ainsi la parole en 2006, lui permettant de dénoncer « dictature intellectuelle », « vérité officielle » et « écologie dénonciatrice ». Ses interventions, souvent outrancières, sont un condensé de contre-vérités, de même que celles de son ami Vincent Courtillot, géophysicien, qui l'épaule.

« Autant le dire sans fard. La somme d’erreurs commises à propos du réchauffement par les deux hommes dans leurs interventions publiques est incroyable. Ces erreurs — subtiles ou grossières — s’emboîtent les unes aux autres admirablement, s’enchaînent, se renforcent de manière troublante. Leur examen minutieux est sans appel : il ne s’agit pas d’erreurs fortuites. Elles sont activement délivrées à l’opinion publique pour discréditer les sciences du climat et forger du doute, dans un objectif clairement politique. » (Foucart 2015, p. 52)

Membre de l'Académie des sciences, Claude Allègre œuvre en son sein, aux côtés de Vincent Courtillot et d'autres académiciens, à empêcher toute prise de position claire de l'instance au sujet du changement climatique. Avec un relatif succès.

Son offensive climato-dénialiste culmine avec la publication, en 2010, de L'Imposture climatique ou La Fausse Écologie, aux éditions Plon. Victime d'un arrêt cardiaque en 2013, il disparaît du paysage médiatique jusqu'à sa mort en 2025.

Classification du discours

Les discours employés par Claude Allègre se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le changement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.

Climat et vérité

types : divers
mots-clés :

Climat et vérité est un site web (climatetverite.net) climato-dénialiste français relativement confidentiel édité par l'association éponyme depuis 2021. L'association est dirigée par des chefs d'entreprises et ingénieurs retraités.

Présentation

Climat et vérité a été fondé en 2021, en réaction à la publication du sixième rapport d'évaluation du GIEC.

L'administrateur du site web, Jacques-Marie Moranne, est membre de l'Association des climato-réalistes et l'auteur en 2024 d'un ouvrage autoédité, Climat et CO2 : décryptage d'une manipulation : Comment on a transformé un optimum climatique en catastrophe économique, préfacé par l'économiste et essayiste Philippe Herlin. Jean-Marie Moranne assure la promotion de son essai sur la webtélé d'extrême droite TV Libertés. Il a également co-écrit en 2019 un ouvrage numérique avec Camille Veyres et préfacé par le physicien François Gervais.

Le groupe Facebook de Climat et vérité compte un peu plus de 600 membres en 2025.

Climat et vérité fait la promotion des autres acteurs du climato-dénialisme, notamment un groupe Facebook et plusieurs sites web, parmi lesquels ceux de l'Association des climato-réalistes, de la Clintel, de Transitions et Énergies et de Science, climat et énergie.

À son assemblée générale de 2024 était invité Christian Gerondeau ; l'année suivante, c'est le climato-dénialiste belge Samuel Furfari qui intervient.

Analyse du discours

Dans sa présentation et son plaidoyer « pour un nouveau débat », le site met en cause la responsabilité du CO2 dans le réchauffement climatique (dont il reconnaît l'existence), « une vérité d’évangile, un dogme auquel tous adhèrent les yeux fermés ». Et célèbre « les bienfaits du CO2 (nutriment essentiel des plantes ayant contribué depuis un siècle à un reverdissement significatif de la planète) » — un raisonnement fallacieux (Cook 2020). Opposée au solaire et à l'éolien, auxquels elle préfère l'énergie nucléaire, l'association met en garde contre la décroissance économique qui résulterait inévitablement, selon elle, des politiques d'atténuation du changement climatique, et dénigre le GIEC.

Le site web fait en réalité feu de tout bois : il relaie une vaste gamme d'arguments dénialistes, qu'ils portent sur l'origine humaine du réchauffement, ses conséquences, les moyens de lutter contre, ou encore relèvent d'un dénigrement des chercheurs et du GIEC, voire plus largement de l'écologisme.

La plupart de ses publications sont en réalité des republications de tribunes publiées dans d'autres médias ou par des think tanks (Valeurs actuelles, l'IREF, Atlantico, The Epoch Times, Transitions et Énergies, etc.) ou de billets de la (blogo)sphère dénialiste anglophone : Watt up with that? (un blog américain), CFACT (un think tank américain), GWPF (la Global Warming Policy Foundation), etc.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Clintel

types : entité non francophone
mots-clés :

La Clintel, en forme longue Climate Intelligence Foundation, est la principale organisation climato-dénialiste néerlandaise. Elle est fondée en 2019 par un géophysicien retraité passé par l'industrie pétrolière, Guus Berkhout, et un journaliste, Marcel Crok.

Présentation

Elle est surtout connue pour sa lettre ouverte « There is no Climate Emergency » (« Il n'y a pas d'urgence climatique ») publiée en 2019, en même temps que la Clintel organise une campagne de lobbying pour dénigrer l'objectif européen de zéro émission nette de CO2 en 2050. La lettre ouverte est signée par « 500 scientifiques et experts » issus de 24 pays, qui après examen s'avèrent pour la quasi-totalité d'entre eux être des chercheurs retraités ou n'ayant jamais travaillé sur les sciences du climat, et parfois même des personnalités extérieures au monde de la recherche (personnalités politiques, chefs d'entreprises, etc.). Une quarantaine de Français, dont bon nombre de membres de l'Association des climato-réalistes, figurent parmi les signataires d'origine.

La lettre permet l'usage d'une stratégie rhétorique, celle dite des « faux experts », souvent employée dans le cadre du climato-dénialisme. Le texte de la lettre lui-même est une accumulation de sophismes particulièrement grossiers, du style « Le CO2 est un nutriment pour les plantes, la base de toute vie sur Terre. » (Cook 2020)

Renommée « World Climate Declaration » (« Déclaration mondiale sur le climat »), la lettre demeure ouverte aux signatures. En août 2025, elle compte 2013 signataires, dont 114 français.

Du fait de la mise à jour régulière de ses signataires, elle circule à répétition sur les réseaux sociaux, conduisant par exemple la RTBF à fact-checker de nouveau ses affirmations fantaisistes en 2024, après qu'elles l'ont déjà été en 2022 par l'AFP, et dès 2019 par Climate Feebdack, entre autres médias.

La Clintel est notamment financée par deux magnats néerlandais de l'immobilier ainsi que, selon Follow The Money, Platform Authentieke Journalistiek et De Volkskrant (trois médias néerlandais), par des fonds issus de l'industrie pétrolière — ce que la Clintel dément.

La fondation Clintel est membre de l'European Climate Realist Network. Son cofondateur Guus Berkhout est membre de l'organisation américaine CO2 Coalition. Il intervient à plusieurs reprises (au moins en 2022 et 2024) à des colloques organisés par le lobby climato-dénialiste allemand EIKE.

Classification du discours

Le discours des appels de la CLINTEL se rattache aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

CNews

types : extrême droite
mots-clés :

CNews est une chaîne de télévision d'extrême droite propriété de l'empire médiatique du milliardaire Vincent Bolloré (via le groupe Canal+). Chaîne d'opinion habituée à la diffusion de fausses informations, elle promeut de manière récurrente des discours climato-dénialistes, notamment — mais pas exclusivement — sous l'impulsion de son animateur phare, Pascal Praud, de l'éditorialiste Ivan Rioufol ou encore de la chroniqueuse Élisabeth Lévy.

Analyse du discours

La chaîne invite régulièrement des climato-dénialistes en plateau, souvent sans véritable contradiction : Benoît Rittaud en 2018 et 2020, Christian Gerondeau en 2021, François Gervais en 2022, Olivier Postel-Vinay en 2022 et 2023, etc.

En août 2023, la chaîne invite l'économiste libéral Philippe Herlin qui affirme que le réchauffement climatique n'existe pas, arguments spécieux à l'appui. Il ajoute que c'est un complot, un prétexte de l'État pour intervenir dans la vie des citoyens, donc une « forme de totalitarisme ». Cette intervention circule largement sur les réseaux sociaux, ce qui lui vaut d'être réfutée par l'AFP ; elle conduit en outre l'Arcom à infliger une amende de 20 000 € à CNews : « L’intervenant a ainsi pu exprimer une thèse controversée et non vérifiée par les données acquises de la science sans que la position qu’il défendait ne soit mise en perspective et sans qu’une contradiction sur ce sujet ne soit exprimée à la suite de ces propos. »

C'est, à date, la seule sanction prise par l'Arcom contre la chaîne au sujet du changement climatique — CNews a été sanctionnée a de nombreuses autres reprises pour d'autres motifs.

Une étude de l'association Quota Climat, qui s'intéresse au traitement médiatique du changement climatique, menée sur les trois premiers mois de l'année 2025, a mis en évidence que CNews était, selon la méthodologie utilisée, l'un des médias audiovisuels analysés diffusant le plus de désinformation sur ce thème.

En août 2025, pendant la deuxième vague de chaleur de l'été, les propos ironiques ou climato-rassuristes se multiplient sur les plateaux de la chaîne, comme le relate Arrêt sur images.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

CO2 Coalition

types : entité non francophone
mots-clés :

La CO2 Coalition est un important lobby climato-dénialiste américain créé en 2015 lors de la disparition du George C. Marshall Institute — un think tank conservateur, lui-même climato-dénialiste et financé par l'industrie pétrolière.

Présentation

La CO2 Coalition s'oppose aux politiques de lutte contre le réchauffement climatique et s'appuie pour cela sur un discours trompeur. Elle argue que les émissions de CO2 sont souhaitables car ce gaz nourri la croissance des végétaux — c'est un sophisme classique du climato-dénialisme (Cook 2020) puisque cela ne dit rien du fait que le CO2 également un réchauffement du climat. Elle met aussi l'accent sur la vapeur d'eau — effectivement un gaz à effet de serre, présent naturellement dans l'atmosphère — et sur les paramètres orbitaux, deux facteurs qui influent sur le climat mais sont hors de cause dans le réchauffement climatique, contrairement à ce que sous-entend le lobby dans ces raisonnements fallacieux.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Commentaire

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

Revue intellectuelle et politique libérale-conservatrice fondée en 1978, Commentaire ouvre régulièrement ses colonnes aux discours climato-dénialistes, qui forment l'essentiel des articles consacrés au changement climatique dans la revue.

Analyse des publications

Si Commentaire donne en 2008 la parole à l'éminent climatologue Hervé Le Treut, c'est l'une des rares exceptions dans le traitement fait du sujet par la revue.

Dès 2007, celle-ci fait la part belle à la remise en cause du consensus scientifique sur le changement climatique, « afin de se faire sa propre opinion », écrit-elle, en publiant un article d'Armand Laferrère, conseiller à la Cour des comptes et membre du comité de rédaction de la revue, dans lequel il affirme contre toute évidence qu'il n'y a « pas de consensus chez les spécialistes » avec un mille-feuille argumentatif assez classique (« Le climat de la planète [...] n’a pas cessé de changer au cours des âges » ; il y a une pause dans le réchauffement ; il y a « une forte corrélation entre température moyenne et activité magnétique du Soleil » ; de toute manière les politiques climatiques sont inefficaces ; etc.), citant pêle-mêle Richard Lindzen, Claude Allègre ou Bjørn Lomborg.

Deux ans plus tard, le même Armand Laferrère couvre de louanges l'essai de Christian Gerondeau CO2, un mythe planétaire, dont le titre dispense de décrire le contenu. En 2010, le philosophe médiatique Luc Ferry apporte son soutien à Claude Allègre dans les colonnes de la revue. En 2011, c'est au tour du géographe Jean-Robert Pitte de faire l'éloge du dernier ouvrage du géochimiste.

Du reste, le directeur de la revue, Jean-Claude Casanova, est aussi membre du conseil d'orientation de la fondation Écologie avenir créée par Claude Allègre, et membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Les années ont-elles fait évoluer la position de la revue ? Pas du tout.

Celle-ci donne largement la parole à l'économiste Rémy Prud'homme qui multiplie les chroniques climato-dénialistes : si, en 2009, dans « Dioxyde de carbone : raison garder » (billet récipiendaire du Prix de la réflexion impertinente de Michel Godet), il se gardait de discuter « la réalité, l’importance, les causes, les conséquences et la prospective du réchauffement climatique » (tout en faisant part des réserves que lui inspire le consensus scientifique), il insiste en 2018 sur les « incertitudes » entourant l'origine et les conséquences du réchauffement climatique dans un article multipliant les affirmations fausses pour aboutir à une dénonciation des « zélotes du réchauffisme ». En 2021 il s'intéresse aux « anciens alarmistes » (devenus climato-dénialistes) américains Patrick Moore et Michael Shellenberger ; en 2024, il promeut l'ouvrage du climato-dénialiste Christian Gerondeau Climat, tout ça pour rien. Et ce n'est là qu'une sélection de ses publications.

En parallèle, l'économiste et ancien homme politique Bruno Durieux écrit en 2021 un article dans lequel il présente longuement les arguments climato-dénialistes, prenant soin de ne pas les endosser mais surtout de ne pas les contredire. Il s'emploie ensuite à remettre les pendules à l'heure : « Si urgence il y a, elle est d’abord de combattre le discours écologiste et lui opposer les conceptions libérales […] avec la même détermination qu’hier le communisme ». Si le texte est plus rassuriste que dénialiste (honni « catastrophisme » !), l'auteur cache assez mal sa remise en question des sciences du climat, comme dans la fin de ce paragraphe :

« Un régime démocratique ne peut imposer de sacrifice au peuple si celui-ci ne perçoit pas distinctement le danger sur lequel on l’alerte. Celui du réchauffement climatique est encore flou, en dépit de l’alarmisme ascendant des rapports du GIEC et d’évènements météo "extrêmes", désormais systématiquement attribués au réchauffement, quelle qu’en soit la nature, qu’ils aient ou non des antécédents historiques. »

Les bonne feuilles de l'ouvrage de Bruno Durieux Contre l'écologisme avaient également trouvé droit de cité dans la revue en 2019.

Réponse de la revue

Dans sa présentation en ligne, Commentaire se revendique « revue intellectuelle » et écrit à ce sujet :

« Pour qu’un sujet soit étudié le mieux possible, il est recommandé que les auteurs bénéficient des compétences, de l’indépendance et de l’expérience nécessaires. […] De même, les lecteurs exigent des auteurs le respect des faits, le respect des autres, la rectitude du jugement et le discernement. »

Interrogée sur le manque de respect apparent de cette ligne de conduite, la revue a répondu par la voix de son directeur, Jean-Claude Casanova. Il nous écrit que « Commentaire n’a pas l’intention de se soumettre à une police de la pensée et de choisir ses auteurs en raison de leurs opinions sur des sujets étrangers à notre ligne générale », qu'il résume ainsi : « nous défendons la liberté ». Questionné sur le circuit de validation des articles, il nous indique que ceux qui émanent des membres du comité de rédaction sont publiés « sans examen préalable », tandis que ceux écrits par des auteurs extérieurs « sont publiés après avoir été soumis à des membres de notre comité de rédaction ».

Il admet que « le réchauffement climatique est un fait », évoquant une recension des ouvrages de l'historien du climat Emmanuel Le Roy Ladurie parue en 2009 dans les colonnes de la revue. Il ajoute aussitôt : « Les études de ses causes et de ses conséquences sont des sujets scientifiques difficiles, traités dans des revues spécialisées. »

Jean-Claude Casanova conclut : « Nous n’avons de compte à rendre qu’à nos lecteurs. »

Classification du discours

Les discours diffusés dans la revue se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Conflits

types : extrême droite
mots-clés :

Conflits est une revue française de géopolitique, dirigée comme Transitions et Énergies (jusqu'en en 2025) et Causeur par Gil Mihaely. Elle entretien d'étroits liens avec l'extrême droite. Elle diffuse à l'occasion un discours climato-dénialiste, néanmoins assez marginal dans sa production.

Publications

Le changement climatique fait l'objet d'assez peu d'articles sur le site web de la revue. Plusieurs promeuvent toutefois des arguments climato-dénialistes.

En 2016, le rédacteur en chef, Jean-Baptiste Noé, publie un article trompeur (mis en ligne en 2019), titré « Quand les médias annonçaient le refroidissement climatique », dans lequel il affirme que « journalistes et scientifiques étaient mains [sic] dans la main pour alerter sur cet imminent refroidissement » durant les années 1970. C'est largement un mythe. Du reste, la une du Time de 1977 titrée « The Big Freeze » qu'il évoque ne portait pas sur le climat à venir mais sur l'hiver en cours. L'article de Jean-Baptiste Noé est d'autant plus trompeur que son auteur conclut : « Aucune catastrophe n’est venue. De quoi refroidir les prédictions alarmistes qui, pourtant, reviennent toujours. »

En 2019, Jean-Baptiste Noé fait l'éloge d'un ouvrage explicitement climato-dénialiste du physicien François Gervais.

L'année suivante, un article signé Cédric Tellenne (agrégé d'histoire) présente les principales conclusions du GIEC… en usant systématiquement du conditionnel.

La revue accueille aussi des articles d'auteurs climato-dénialistes, qui ne s'expriment toutefois pas nécessairement sur le changement climatique.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Contrepoints

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Contrepoints est un média en ligne (www.contrepoints.org) créé en 2009 par l'association Liberaux.org (dont le fondateur est le militant libéral Fabrice Copeau). Sa ligne éditoriale est libérale, voire libertarienne, conservatrice, et résolument climato-dénialiste.

Structure

Le média est associé à de nombreuses organisations américaines et européennes promouvant le libéralisme ou le libertarianisme, dont Students for Liberty et le Cato Institute, ce dernier étant ouvertement climato-dénialiste.

En 2024, il est rattaché à l'IREF, un think tank libéral conservateur français, climato-dénialiste. La même année, il a bénéficié d'un soutien financier du projet d'extrême droite Périclès, rapporte La Lettre. Interrogé à ce sujet, le président de l'IREF, Jean-Philippe Delsol, nous a confirmé avoir reçu un financement — le premier jusqu'alors — de Périclès et de l'ATLAS Network, « représentant 2,5 % de nos budgets 2024/2025 » et destiné à la modernisation des sites web de l'IREF et de Contrepoints.

Analyse des publications

Les archives de Contrepoints montrent un déni du changement climatique de tous les instants. En voici un aperçu.

Le média publie en 2013 un article de Jean-Michel Bélouve — tristement célèbre pour les bobards qu'il a présentés sur le changement climatique dans une salle de l'Assemblée nationale en 2009 (Foucart 2015, p. 376‑377) — également publié sur le blog de l'Institut Turgot, qui consiste en une lecture toute personnelle du cinquième rapport d'évaluation du GIEC pour lui faire dire ce qu'il ne dit pas, à savoir que les modèles climatiques ne sont pas fiables (un lieu commun climato-dénialiste). Il cite aussi comme source un communiqué de presse des auteurs de l'ouvrage Climat : 15 vérités qui dérangent, dirigé par István Markó.

La même année, c'est justement István Markó qui explique dans un billet complotiste que le GIEC passe sous silence les publications scientifiques contraires à ses conclusions « afin de ne pas modifier la doxa du réchauffement climatique ». Toujours en 2013, Contrepoints republie un billet du Cato Institute, retitré en français « Au GIEC, on ment "pour justifier l’action politique" ».

En 2014, le blogueur belge H16 moque le cinquième rapport d'évaluation du GIEC avec nombre d'arguments éculés et trompeurs — pause du réchauffement, contestation du consensus, mise en cause des modèles climatiques, etc.

En 2018, Michel de Rougemont publie un billet qui aligne les arguments climato-dénialistes, avec pour seule finalité d'affirmer que « la certitude politique reste donc fondée sur une grande incertitude scientifique ».

En 2019 Contrepoints republie directement deux billets du blog climato-dénialiste belge Science, climat et énergie.

En 2021, alors que Contrepoints n'est pas encore passé sous la coupe de l'IREF, le directeur de ce dernier, Nicolas Lecaussin, publie un billet (aussi publié sur le site de l'IREF) intitulé « Rapport du GIEC : contrairement à ce qu’on dit, la situation est loin d’être catastrophique » dont le contenu est conforme à ce que le titre laisse supposer et s'appuie sur une tribune de Steven Koonin dans le célèbre (et climato-dénaliste) Wall Street Journal.

La même année, Alain Mathieu (ancien président de Contribuables associés) promeut le dernier ouvrage du même Steven Koonin.

Toujours en 2021, Michel Negynas, ingénieur et essayiste, ressuscite la controverse pseudo-scientifique sur la courbe en cross de hockey (avec l'argument totalement complotiste de sa disparition dans le cinquième rapport d'évaluation du GIEC), en s'appuyant explicitement sur le site anglophone climateaudit.org du statisticien climato-dénialiste canadien Stephen McIntyre. Conclusion (de Michel Negynas) : le sixième rapport d'évaluation du GIEC est « extrémiste », les modèles climatiques ne sont pas fiables, et le réchauffement éventuel « n’est pas catastrophique ».

En 2024, sous la plume de Johan Rivalland (un essayiste, professeur de marketing et d'économie, auteurs d'autres billets climato-dénialistes, dont un en 2017 dans lequel il cite le site web de Jacques Duran), Contrepoints fait la promotion du dernier ouvrage complotiste et dénialiste du haut-fonctionnaire à la retraite Christian Gerondeau.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.

Contribuables associés

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Contribuables associés est un lobby libertarien français très proche de l'extrême droite. Bien que le changement climatique ne soit pas au centre de ses préoccupations, il promeut le climato-dénialisme et l'inaction climatique dans une perspective d'opposition aux impôts.

Présentation

Son directeur depuis 2022, Benoît Perrin, est le cofondateur en 2020 de l'association climato-rassuriste Action Écologie. Son président d'honneur (il a dirigé l'organisation de 2005 à 2013 puis de nouveau en 2020), Alain Mathieu, est pour sa part un climato-dénialiste de longue date.

Contribuables associés est membre de l'Association des climato-réalistes, principale structure climato-dénialiste en France.

Selon La Lettre, le lobby a bénéficié du soutien en nature du projet Périclès.

Analyse du discours

En 2020, Contribuables associés et son ancien président Alain Mathieu invitent François Gervais à donner une présentation niant les connaissances scientifiques sur le changement climatique.

En 2022, l'association publie sur son site web une tribune titrée « Le réchauffement climatique comme moyen d’augmenter taxes et impôts ». L'auteur y dénonce une peur « soigneusement entretenue par médias "experts" et politiques, […] labélisée "réchauffement climatique" et "transition énergétique" ».

Contribuables associés consacre, la même année, une « étude » à ce sujet, qui vilipende les impôts « justifiés par la grande frousse du réchauffement climatique ».

Par le passé, dans un numéro du magazine Les Enquêtes du contribuable (qu'elle a édité de 2013 à 2015) consacré à l'écologie, Contribuables associés a donné la parole à l'ancien haut-fonctionnaire Christian Gerondeau. Dans l'entretien, sobrement titré « L’écologie, c’est la nouvelle maladie infantile du communisme », le magazine demande « Comment parvient-on à créer des mythes écologiques de grande puissance, comme celui du réchauffement climatique ? » ou encore — entre deux questions sur l'opportunité de supprimer le ministère de l'Environnement et sur le prochain mythe écologiste — « Combien de temps faudra-t-il pour dissiper la grande peur climatique ? »

Classification du discours

Les discours relayés par Contribuables associés s'inscrivent dans la totalité des cinq grandes catégories d'arguments climato-dénialistes de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Daniel Husson

types : scientifiques
mots-clés :

Daniel Husson est physicien. Il enseigne la thermodynamique à l'université de Strasbourg où il est maître de conférences. Spécialiste des rayonnements de haute énergie, ionisants et non-ionisants, il est membre de l'Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien (IPHC), affilié au CNRS et à l'université de Strasbourg.

Il intervient dans la sphère médiatique depuis 2024 avec un discours paré d'un vernis scientifique trompeur, qui minimise le rôle du CO2 dans le changement climatique. Daniel Husson se distingue de la majorité des climato-dénialistes par sa défense de la biodiversité et sa critique du productivisme.

Analyse du discours

Si le plus souvent Daniel Husson suggère et louvoie plus qu'il n'affirme explicitement son dénialisme dans ses interventions médiatiques, le cœur de sa thèse est énoncé assez clairement dans une interview donnée en octobre 2024 à Tocsin, chaîne Youtube d'extrême droite. Il y explique que « le problème [du changement climatique] est compliqué, il n'a certainement pas une cause unique, il y a beaucoup de choses en jeu, et le discours du GIEC est tellement simpliste qu'à un moment, je me suis dit, il faut réagir ». Le même GIEC, « ce bureau de la bien-pensance », dont il affirme qu'il compte « quelques scientifiques » dans ses « bureaux » (en réalité plusieurs centaines pour chaque rapport, bénévoles et non pas salariés du GIEC), lesquels écarteraient de manière arbitraire les publications scientifiques qui ne vont pas dans le sens de l'existence du consensus scientifique.
Il y tient aussi un discours plus rare chez les climato-dénialistes, analysant le changement climatique comme « un cache-sexe » qui détourne l'attention des pollutions et atteintes à la biodiversité, dues au productivisme.

En février 2025, dans une émission diffusée sur Youtube par Citizen Light (un média conspirationniste), qui réunit aussi en plateau Jean-Marc Bonnamy, Drieu Godefridi et Rémy Prud'homme, Daniel Husson multiplie les arguments trompeurs ou mensongers.
Il affirme ainsi que les résumés à l'intention des décideurs, qui synthétisent chaque volet de rapport d'évaluation du GIEC, ne sont pas conformes aux rapports complets, et que « les scientifiques qui travaillent pour le GIEC n'ont plus le droit de toucher une virgule ». L'affirmation est trompeuse : si le résumé à l'intention des décideurs est discuté ligne par ligne par les représentants des gouvernements lors de l'assemblée plénière du GIEC et fait bien l'objet de tractations diplomatiques, donc revêt un caractère politique, les auteurs du GIEC veillent à son intégrité scientifique, à ce qu'il soit fidèle au contenu des rapports complets (de Pryck 2022, p. 125‑150).

Durant l'émission, il fait aussi la promotion de l'Association des climato-réalistes — dont il affirme à tort que le président (Benoît Rittaud) « a travaillé au GIEC » — et se revendique lui-même « climato-réaliste ».

Après que Jean-Marc Bonnamy s'est lancé dans des explications confuse visant à dédouaner le CO2, Daniel Husson abonde quant au fait que l'effet de serre est principalement dû à la vapeur d'eau et que le CO2 en est présenté à tort comme « l'acteur principal » — un trope récurrent du climato-dénialisme. Le diable se niche ici dans les détails : la vapeur d'eau gouverne l'effet de serre tel qu'il existe sur Terre depuis la nuit des temps, mais c'est bien la hausse du CO2 atmosphérique qui le renforce depuis la révolution industrielle, assez significativement pour modifier le climat.

Dans la foulée, il s'adonne à la critique de la courbe de Mann qui, publiée en 1998, retrace l'évolution des températures sur 2 000 ans et constitue une véritable obsession de l'argutie climato-dénialiste, alors même que ce graphique a depuis été suivi par bien d'autres, aux résultats similaires. Daniel Husson affirme à ce sujet que le graphique a le tort de ne pas faire figurer les cycles solaires, qui selon lui expliqueraient les deux-tiers du réchauffement climatique actuel, ce qui contredit le consensus scientifique.

Le physicien use d'un autre argument souvent mobilisé pour nier le rôle du CO2 dans le changement climatique contemporain (comme le dit Jean-Marc Bonnamy, « tous les climatosceptiques le savent ! ») : à l'échelle paléoclimatique, « le CO2 suit les variations de température, il ne les précède pas ». L'argument est trompeur et relève du sophisme (Cook 2020) : si le CO2 n'est pas à l'origine des cycles glaciaires-interglaciaires, mus par la variation des paramètres orbitaux, il y contribue massivement, les variations de sa concentration amplifiant le phénomène (voir ici ou pour une explication détaillée) ; et surtout, cela n'empêche pas le fait que le réchauffement actuel soit causé par les émissions de CO2.

Il affirme encore, contre toute logique, et là encore au moyen d'un sophisme (celui de la fausse équivalence, cf. Cook 2020), que les périodes chaudes des derniers milliers d'années invalident le fait que le CO2 soit responsable du réchauffement contemporain.

Une semaine après cette émission, il intervient de nouveau sur Citizen Light, toujours en compagnie de Jean-Marc Bonnamy, ainsi qu'avec Michel Vieillefosse et Camille Veyres. Il y affirme d'emblée s'être aperçu que « rien ne tenait debout dans cette doxa sur le réchauffement climatique ».

En octobre 2024, il était interrogé dans la matinale de Radio Courtoisie. Le mois suivant, il intervenait sur la webtélé d'extrême droite TV Libertés pour assurer la promotion de son essai Climat, de la confusion à la manipulation publié par L'Artilleur. Interrogé par le journaliste Martial Bild, il y déroulait un discours assez similaire, souvent confus, consistant à admettre l'existence d'un réchauffement mais à l'attribuer aux cycles solaires, et à minimiser ses conséquences sur les événements météorologiques extrêmes (inondations…). La vidéo compte 120 000 vues moins d'un an après sa publication.

Réponse de Daniel Husson

Contacté par nos soins, Daniel Husson récuse les qualificatifs de « dénialiste » ou « climato-sceptique ». Nous lui avons demandé s'il avait travaillé, dans un cadre de recherche, sur le changement climatique. Il nous répond : « Mon intérêt pour le climat date de ma collaboration avec l'expérience CLOUD du CERN [voir ici] qui a établi des liens entre nucléation des nuages et rayons cosmiques. La couverture nuageuse ayant baissé depuis 25 ans (satellite CERES), le réchauffement s'explique par bien d'autres facteurs que le simple CO2. »

L'attribution du réchauffement à la baisse de la couverture nuageuse (notamment de basse altitude) est un argument récurrent des climato-dénialistes. Toutefois, le sixième rapport du GIEC (partie 7.3.4.5 du premier volet), comme avant lui le cinquième rapport (partie 7.4.6 du premier volet), qui tiennent compte des résultats de l'expérience CLOUD, indiquent qu'aucune causalité n'a été démontrée entre rayons cosmiques et couverture nuageuse et qu'il est très probable que leur effet sur le réchauffement soit « négligeable ». Vis-à-vis de ces objections, Daniel Husson concède qu'« en effet, les [rayons] cosmiques ne semblent pas en évolution notable, donc [il n'y a] pas d'effet direct », mais il maintient son hypothèse que « la couverture nuageuse explique bien plus de choses que le CO2 », « peut-être [via] un effet indirect ».

S'agissant de la ligne éditoriale d'extrême droite des médias dans lesquels il intervient, Daniel Husson nous précise que ce sont « les seuls médias qui [l]'ont approché » et qu'il le déplore, car son bord politique est tout autre. « Le problème vient peut-être de ces circulaires à France-Inter et ailleurs qui interdisent aux journalistes de relayer tout discours critique envers le GIEC », ajoute-t-il.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.
Kari de Pryck, GIEC : La Voix du climat, Paris, Les Presses de SciencesPo, « Domaine politiques de la terre », 2022.

Didier Raoult

types : scientifiques
mots-clés :

Microbiologiste spécialiste des maladies infectieuses né en 1952, connu pour ses discours pseudo-scientifiques lors de la pandémie de Covid-19, Didier Raoult tient depuis les années 2010 un discours climato-dénialiste.

Analyse du discours

Dans les colonnes du Point où il tient longtemps une chronique, Didier Raoult prend la défense en 2013 de Claude Allègre et dénigre les sciences du climat, affirme en 2014 que « le réchauffement climatique est incertain et la responsabilité de l’homme discutable », critique en 2015 un supposé « catastrophisme » tout en présentant le réchauffement comme une croyance, entretient en 2016 le mythe d'une crainte d'un refroidissement climatique dans les années 1970.

Comme le relève L'Express, il minimise (paradoxalement) les conséquences du réchauffement climatique dans son essai Arrêtons d'avoir peur ! publié en 2016. Auprès de l'hebdomadaire, il tient des propos confus, affirmant notamment : « Il y a des variations climatiques que l'on peut observer, mais qui n'ont rien à voir avec le drame qu'on a raconté. »

En 2020, il se dit « sceptique » quant au fait que l'humanité soit entièrement responsable du changement climatique contemporain et fait — fallacieusement — passer son refus non argumenté du consensus des chercheurs compétents dans le domaine pour une marque du scepticisme scientifique. Assimilant au passage la critique du déni climatique à l'Inquisition.

Après la pandémie de Covid 19, durant laquelle il s'illustre par ses positions polémiques et pseudo-scientifiques, le chercheur n'est plus invité dans la plupart des médias.

Il est toutefois interrogé sur la radio d'extrême droite Europe 1 en septembre 2025, auprès de laquelle il se présente comme un « mouton noir ». Après avoir argué qu'« il ne faut pas transformer la science en une église » et expliqué qu'il ne croit pas « aux modèles mathématiques de reconstruction », il évoque « le sujet le plus tabou de tous, le réchauffement de la planète », l'occasion pour lui d'affirmer qu'il n'observe « aucun changement » dans la surface englacée en Arctique et en Antarctique — ce qui est contredit par les observations scientifiques.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Drieu Godefridi

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Né en 1972 diplômé d'un doctorat en philosophie, Drieu Godefridi est un entrepreneur, essayiste libéral et homme politique d'extrême droite belge. Il a fondé l'institut Hayek, un think tank libéral, qui a existé de 2003 à 2011.

Il est climato-dénialiste depuis le début des années 2010, comme son père Thierry Godefridi.

Présentation

Admirateur des grandes figures étrangères de l'extrême droite autoritaire — Donald Trump, Jair Bolsonaro et Javier Milei (successivement) — et du non moins droitier Éric Zemmour, souligne Le Soir, Drieu Godefridi est candidat du N-VA, parti belge flamand de droite nationaliste, en 2024.

Il est l'auteur de trois articles publiés sur le site de l'Association des climato-réalistes en 2020, 2024 et 2025 (un quatrième a été publié ailleurs et republié par l'association). Dans le premier, il prend la défense du climato-dénialiste Samuel Furfari, membre du comité scientifique de l'association, dont l'enseignement à l'Université libre de Belgique est mis en cause pour sa « teneur climatosceptique ». Dans le plus récent, il fait la promotion d'un rapport pseudo-scientifique rédigé par cinq chercheurs climato-dénialistes, publié en juillet 2025 par le département de l'Énergie américain dans l'objectif, revendiqué par Donald Trump, de saborder les maigres mesures américaines de restriction des émissions de gaz à effet de serre.

On trouve aussi cinq articles de la plume de Drieu Godefridi sur le site web de l'association belge climato-dénialiste Science, climat et énergie.

En 2019, il signe la lettre ouverte climato-dénialiste « There is no climate emergency » (« Il n'y a pas d'urgence climatique ») de la fondation néerlandaise Clintel.

Il est aussi l'auteur de nombreuses tribunes ou chroniques dans Contrepoints (ses articles), Atlantico (ses articles) et Causeur (ses articles). Il a en outre publié une tribune dans Valeurs actuelles et il est interviewé en 2019 dans le magazine d'extrême droite L'Incorrect.

Drieu Godefridi est l'auteur en 2010 d'un ouvrage titré Le Giec est mort, vive la science !, préfacé par l'économiste français Henri Lepage. Quinze ans plus tard, on peut savourer, avec le recul, la prescience dont fait preuve l'auteur dans le dernier paragraphe du chapitre conclusif « Leçons pour l'avenir » où il prédit l'effondrement du GIEC :

« Plus généralement, nous allons assister à la plus formidable déconstruction idéologique des Temps modernes, probablement aussi fulgurante que l’aura été l’ascension du GIEC vers le point extrême de l'orbite de son ellipse. L’extinction du soleil du GIEC condamne, en effet, tous ceux qui, parmi ses innombrables satellites, politiques, économiques, intellectuels, culturels, lui doivent leur existence même, à devoir se réinventer. »

En 2013, il est l'un des auteurs de l'ouvrage collectif Climat : 15 vérités qui dérangent, dirigé par le chimiste hongrois (établi en Belgique) István Markó.

Analyse du discours

Critique du GIEC (depuis 2011)

En 2011 déjà, il s'insurge (dans Contrepoints) contre le « réchauffisme », néologisme marqueur des climato-dénialistes polémistes, dans une tribune qu'a précédemment eu la faiblesse de publier Le Monde. La publication intervient dans le contexte du piratage des courriels d'un centre de recherche sur le climat de 2009, fallacieusement présenté par Drieu Godefridi comme une preuve de fraude ou de complot au sein des sciences du climat.

Le 13 mars 2012, il est auditionné en compagnie d'István Markó par la chambre des représentants de Belgique, sur invitation du député MR David Clarinval.

Le 17 avril de la même année, il donne une conférence à Paris sur « l'imposture du Giec », aussi confidentielle que son enregistrement vidéo, à l'invitation de l'institut Turgot, dont le président Henri Lepage prononce le discours d'ouverture. L'essayiste belge y développe son argumentaire sur le GIEC qui « n'est pas une organisation scientifique ». Interrogé sur le déroulement de son audition par le parlement belge, il explique que deux personnalités ont été invitées à la demande de Jean-Pascal van Ypersele de Strihou, vice-président du GIEC, pour équilibrer son audition et celle d'István Markó : une « bonne femme », indique-t-il pour désigner l'historienne des sciences américaine Naomi Oreskes, et le politologue belge François Gemenne.
Drieu Godefridi ajoute bien connaître un député libéral membre de la commission — une incrustation dans la vidéo publiée par Henri Lepage précise qu'il s'agit de David Clarinval — et explique : « On avait lui et moi préparé les questions par avance pour un peu chipoter ce politologue [François Gemenne]. » Cette confession clarifie la démarche du député David Clarinval : imposer dans la sphère publique un discours climato-dénialiste.

En 2013, de nouveau interviewé par Contrepoints, il met en cause le rôle de l'humanité dans le réchauffement climatique.

La même année, invité sur le plateau de Ce soir ou jamais sur France 2 (en compagnie de Sylvie Brunel et François Gervais), il assène de manière agressive au climatologue Jean Jouzel : « Vous représentez un lobby ». Ce après avoir affirmé que les gouvernements ont le dernier mot sur les rapports du GIEC, ce qui est au mieux simpliste, au pire faux (de Pryck 2022, chap. 3), et d'ailleurs contredit en plateau par Jean Jouzel.

En 2014, Drieu Godefridi intervient (avec István Markó) sur RTL.be, dont le bandeau annonce la couleur : « Planète en danger, nous mène-t-on en bateau ? »

En 2015, encore dans Contrepoints, il estime que le GIEC doit être « démantelé » car seul le premier volet de ses rapports serait scientifique : « Les deux autres parties — impact négatif, pour l’Homme, des changements climatiques observés, et normes à mettre en œuvre pour y remédier — reposent sur des jugements de valeur, qui sont la province du politique, et non de la science. » Un argumentaire simpliste qui s'inscrit directement dans la disqualification du GIEC comme organisme scientifique.

La même année, il donne une conférence sur le GIEC (dont la vidéo est restée assez confidentielle) à l'Académie royale de Belgique, société savante majeure, où il répète peu ou prou les mêmes arguments, de manière plus tempérée. Sept ans plus tard, en 2022, il réitère ces contrevérités dans une interview pour Paysans & société : « Les rapports du Giec qualifiés de scientifiques sont en réalité de nature diplomatique, purement diplomatique ! »

À partir de la fin des années 2010, Drieu Godefridi publie des billets (une vingtaine au total) sur le site de Friends of Science, une officine de propagande canadienne au climato-dénialisme assumé. En plus d'y assurer la promotion de ses livres, il y fait par exemple l'éloge de Donald Trump (2018) ou explique pourquoi l'environnementalisme doit être classé parmi les idéologies totalitaires (2019).

Années 2020

En 2022, dans Contrepoints, il affirme que l'écologisme, idéologie « totalitaire », est plus grave que le réchauffement, et que le nucléaire et l'hydraulique sont les seules sources « d’énergie pérenne non émettrice[s] de CO2 » — c'est faux, les énergies solaire et éolienne le sont aussi.

Dans un billet publié sur le site de Science, climat et énergie en 2023 et intitulé « Le carbo-réductionnisme est un mensonge qui doit cesser », il utilise une succession d'arguments climato-rassuristes, également discours de l'inaction climatique (Lamb et al. 2020) : les politiques climatiques sont inefficaces ; « même si l’UE cessait d’exister, les émissions mondiales de CO2 ne cesseraient de croître » ; les conséquences négatives du changement climatique sur l'économie seraient faibles. Conclusion, selon l'auteur (qui cite aussi Steven Koonin), « la croissance économique et le bien-être des Européens sont plus menacés par les politiques écologistes extrémistes et délirantes, que par le réchauffement ».

Il participe en 2025 à une émission de Citizen Light (un média conspirationniste) hostile à « la pensée unique » sur le changement climatique, diffusée en ligne, avec d'autres climato-dénialistes : Daniel Husson, Jean-Marc Bonnamy et Rémy Prud'homme.

Nous avons tenté de joindre Drieu Godefridi par le biais de son père et via Facebook, où il est actif, sans résultat.

[Mise à jour du 22 janvier 2025 : un texte était erronément attribué à Drieu Godefridi alors qu'il n'en était pas l'auteur.]

Classification du discours

Le discours de Drieu Godefridi fait appel à des arguments qui se rattachent aux grandes catégories suivantes de la classification des discours climato-dénialistes proposée par des chercheurs (Coan et al. 2021) :

    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
William F. Lamb, Giulio Mattioli, Sebastian Levi, J. Timmons Roberts, Stuart Capstick, Felix Creutzig, Jan C. Minx, Finn Müller-Hansen, Trevor Culhane et Julia K. Steinberger, « Discourses of Climate Delay », Global Sustainability, vol. III, 2020, disponible en ligne : https://doi.org/10.1017/sus.2020.13 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Kari de Pryck, GIEC : La Voix du climat, Paris, Les Presses de SciencesPo, « Domaine politiques de la terre », 2022.

Égalité & Réconciliation

types : extrême droite
mots-clés :

Égalité & Réconciliation (E&R) est une organisation d'extrême droite radicale fondée en 2007, dirigée par l'un de ses confondateurs, le militant antisémite et négationniste Alain Soral. L'association adopte un discours climato-dénialiste empreint de complotisme.

Présentation

Qu'il s'agisse de nier le lien entre hausse du niveau des océans et réchauffement climatique (2016), de dénoncer « la mystification du réchauffement climatique » (2009, republication d'un article de Solidarité et progrès), d'affirmer que « l'homme [sic] n'est pas la cause du réchauffement » (2024) ou encore de relayer la lettre ouverte « Il n'y a pas d'urgence climatique » de la fondation climato-dénialiste néerlandaise Clintel (2023), Égalité & Réconciliation adopte de longue date un discours de négation de la réalité et de l'origine humaine du changement climatique, teinté de complotisme. Son site web compte près de 500 articles dans la rubrique « Climat ».

L'association relaie en 2017 une vidéo du physicien climato-dénialiste François Gervais publiée sur une chaîne Youtube d'extrême droite (dont elle avait déjà promu une vidéo qui mettait en doute l'origine humaine du changement climatique). Une autre conférence de François Gervais, donnée à l'invitation du parti Solidarité et progrès, est à son tour diffusée par E&R l'année suivante.

En octobre 2022, Égalité & Réconciliation republie des tweets d'Elpis_R, le principal compte Twitter climato-dénialiste francophone, qui diffusent des extraits audio du Polytechnicien Camille Veyres. Le même avait d'ailleurs été longuement interrogé au micro d'E&RFM, la radio d'Égalité & Réconciliation, en 2020.

En 2023, le site web de l'organisation republie une interview donnée par Alban d'Arguin, un climato-dénialiste actif dans les sphères d'extrême droite, au journal antisémite Rivarol.

E&R est également friand des vidéos du complotiste Philippe Bobola, qu'il republie à plusieurs reprises, y compris celles contenant des discours climato-dénialistes.

Classification du discours

Les discours diffusés par Égalité & Réconciliation se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

EIKE

types : entité non francophone
mots-clés :

L'EIKE, en forme longue Europäisches Institut für Klima und Energie, est la principale organisation climato-dénialiste allemande. Fondée en 2007, elle est membre du European Climate Realist Network.

Présentation

Le fondateur de l'EIKE, Holger Thuss, a aussi créé la branche allemande du Committee for a Constructive Tomorrow (CFACT), une organisation climato-dénialiste américaine financée par l'industrie pétrolière.

L'EIKE déploie une argumentation très large, niant à la fois la réalité du changement climatique et son origine humaine, s'opposant aux politiques de décarbonation et dénigrant le GIEC et les sciences du climat.

L'organisation entretient une certaine proximité avec l'extrême droite allemande, plus précisément le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), ainsi qu'avec l'institut Heartland, un lobby libertarien américain (également climato-dénialiste).

Le chercheur français Marcel Leroux a brièvement été membre de l'EIKE (jusqu'à son décès en 2008) et plusieurs autres climato-dénialistes francophones sont intervenus lors d'événements organisés par l'EIKE. Le physicien français François Gervais a ainsi donné des conférences auprès de l'EIKE en 2016 et en 2017, le chimiste belge Henri Masson (vidéo) ainsi que les Français Camille Veyres (vidéo) et Benoît Rittaud (vidéo) sont intervenus en 2018, tandis que Vincent Courtillot prenait la parole lors d'un colloque en 2010 selon Desmog.

Classification du discours

Les discours diffusés pâr l'EIKE se rattachent à la totalité des cinq grandes catégories de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Élisabeth Lévy

types : extrême droite
mots-clés :

Née en 1964, Élisabeth Lévy est une journaliste et polémiste d'extrême droite. Directrice et fondatrice du magazine Causeur, elle est également chroniqueuse sur CNews. Elle tient de manière récurrente un discours climato-dénialiste.

Analyse du discours

En 2015, elle relaie sur Twitter une tribune climato-dénialiste publiée dans le magazine qu'elle dirige, Causeur. L'année suivante, c'est un billet de blog du même tonneau que Causeur héberge et promeut, et que sa directrice relaie.

En mars 2019, dans Le Figaro Vox, elle attaque avec virulence ceux qu'elle appelle les « climato-fanatiques », « des savants et des militants qui, dès qu'une voix s'élève pour contester tel ou tel point de la doxa catastrophiste, s'adonnent à l'invective et l'anathème » — un registre dont elle use et abuse elle-même. Elle conteste l'existence du consensus scientifique sur les causes, l'évolution future et les conséquences du changement climatique : « il serait tout de même étonnant qu'une science qui s'est développée dans la période récente soit déjà parvenue à un corpus global incontestable ».

Le même mois, Causeur consacre sa une au changement climatique : « Contre la religion du climat, pour la raison ». Dans un article volontiers satirique, la polémiste s'emploie à démontrer que « le réchauffement climatique n’est plus un objet de réflexion, ni même d’inquiétude rationnelle, mais celui d’une foi apocalyptique », moquant pêle-mêle les stars signataires d'une pétition en faveur de l'action climatique, qu'elle juge hypocrites, les chercheurs qui font de même, « dont un écologue qui ne doit pas être un spécialiste de l’école » (!), et « la petite tête à claques – et à nattes – suédoise » qu'est selon elle Greta Thunberg — toujours objet des pires vilénies, souvent sexistes, de la part des climato-dénialistes.
Le changement climatique est réel, écrit-elle encore, mais « le consensus sur son existence ne devrait pas interdire d’écouter ceux qui contestent la doxa alarmiste sur les causes ou sur les conséquences prévisibles de ce changement ».
La polémiste s'indigne que Mediapart relève que les climato-dénialistes « sont principalement des hommes de plus de 60 ans », que la faute rejaillisse de nouveau sur « le vieux mâle blanc » — la présente cartographie témoigne pourtant de la justesse de cette analyse.
Mobilisés par Causeur dans ce numéro et introduits par Élisabeth Lévy pour parler du changement climatique : Bertrand Alliot, Loïk Le Floch-Prigent, Gil Mihaely ou encore François Gervais.

Deux mois plus tard, sur le plateau de CNews, dont le bandeau est titré « Le "refroidissement" climatique ? », Élisabeth Lévy s'en prend violemment à Claire Nouvian, une militante écologiste et femme politique (PS) et réitère son opinion : « Je pense qu’il y a un consensus sur la réalité du changement. Sur ses causes et sur son évolution, non. »

En 2022, sur Sud Radio où elle est chroniqueuse, elle assimile en septembre l'écologie à un « processus révolutionnaire et totalitaire » et estime en octobre que « le climat c’est un peu la nouvelle religion planétaire ». Le même mois, elle consacre son éditorial de Causeur à « la tenaille totalitaire » que constituent ces « deux spectres [qui] hantent le monde : l’écologisme et le féminisme ». Elle se concentre sur ce dernier, car « la folie climatique » est déjà l'objet du dossier du numéro d'octobre 2022 du magazine.

Classification du discours

Les discours d'Élisabeth Lévy relèvent pour l'essentiel des deux grandes catégories suivantes de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Elpis_R

types : complotistes
mots-clés :

Elpis_R est un compte Twitter (devenu X) climato-dénialiste et complotiste, dont l'activité a cessé en 2023.

Analyse du discours

Le compte se fait d'abord remarquer pour sa publication intense de désinformation complotiste sur la pandémie de Covid 19 — il se présente alors comme bio-statisticien et data analyste. Il bascule ensuite brièvement sur la propagande pro-Kremlin lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie puis, visiblement par opportunisme, se consacre entièrement au climato-dénialisme, comme le relate Le Monde en octobre 2023 — il s'affirme désormais comme chercheur indépendant en sciences du climat.

Il utilise un mille-feuille argumentatif, contestant la totalité des sciences du climat, avec des arguments très divers et nombreux, souvent appuyés par des captures d'écran d'articles ou graphiques anglophones, dont des passages sont surlignés ou soulignés, le tout avec un cherry picking massif, donnant une impression fallacieuse d'expertise, comme ici ou . Cela lui permet par exemple d'affirmer de manière trompeuse qu'il existait dans les années 1960-1970 un consensus quant à un futur refroidissement climatique, de laisser entendre qu'en réalité le niveau des océans diminuerait, ou encore de contester tout réchauffement climatique contemporain important.

L'examen de ses publications indique qu'il recycle et traduit des contenus climato-dénialistes anglophones. Il s'appuie fréquemment sur les publications d'autres dénialistes, qu'il s'agisse de la Clintel (ici), de la Global Warming Policy Foundation (), de chercheurs dont les travaux ont été réfutés tel Willie Soon (), ou des Français Idriss Aberkane et Christian Gerondeau (). Il republie également à l'occasion les tweets de l'Association des climato-réalistes, dont il a fait la promotion en avril 2023.

L'équipe de David Chavalarias, mathématicien rattaché au CNRS, publie en février 2023 une étude des sphères climato-dénialistes sur Twitter, qui établit (voir notamment p. 24-27) qu'Elpis_R est le plus proéminent compte francophone diffusant de la désinformation sur le sujet du climat. Elle montre également que les arguments déployés par Elpis_R se contredisent parfois — une caractéristique commune à d'autres climato-dénialistes — et utilisent un rhétorique complotiste.

Elpis_R cesse toute activité en septembre 2023, après avoir fait l'objet d'enquêtes dans la presse. Le Monde a notamment montré que l'utilisateur derrière le compte Elpis_R était également présent sur le réseau social russe Vk ainsi que des réseaux d'extrême droite américains, et qu'il y suivait des comptes conspirationnistes et d'extrême droite.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Energy & Environment

types : entité non francophone
mots-clés :

Energy & Environment est une revue académique connue pour diffuser des articles climato-dénialistes dans les années 2000 et 2010. La revue est co-éditée par Benny Peiser, à la tête de la Global Warming Policy Foundation (GWPF), une organisation climato-dénialiste britannique (Foucart 2015, p. 84).

Energy & Environment a notamment publié en 2007 une reconstitution fantaisiste des concentration atmosphérique du CO2 réalisée par l'Allemand Ernst-Georg Beck, provoquant sèches réfutations (exemple) et consternation de la communauté scientifique compétente. La courbe a néanmoins été accueillie chaudement par 21st Century Science & Technology, une revue de la Fusion Energy Foundation de Lyndon LaRouche, et est souvent promue par les climato-dénialistes — l'Association des climato-réalistes en faisait encore la publicité sur le réseau social X en juillet 2025.

Voir aussi

Bibliographie

Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.

Éric Verrecchia

types : scientifiques
mots-clés :

Né en 1961, Éric Verrecchia est un biogéochimiste suisse ; il a longtemps été enseignant-chercheur à l'université de Lausanne. Dans les années 2020, il intervient dans la sphère publique pour mettre en doute l'origine anthropique du changement climatique.

Analyse du discours

Éric Verrecchia est l'un des signataires suisses de la lettre ouverte climato-dénialiste « There is no climate emergency » élaborée par la Clintel au tournant des années 2020.

En septembre 2024, il est invité par le média confusionniste suisse Antithèse (qui reprend les codes de la chaîne Youtube française Thinkerview). Il explique avoir travaillé sur le cycle du carbone dans le cadre de recherches sur le changement climatique, et qu'à ce moment il « croyait » au changement climatique, il « suivait la doxa ». Ce jusqu'à ce qu'il prenne connaissance en 2015 du blog de Ross McKitrick — un économiste canadien libertarien et climato-dénialiste, qui a épaulé en 2025 l'administration Trump dans sa lutte contre les sciences du climat. « Et donc j'ai commencé à fouiller », raconte-t-il, précisant avoir découvert ensuite les dénialistes Judith Curry et Richard Lindzen. C'est ainsi que « le doute » s'est emparé de lui, témoigne-t-il.

Désormais, s'il reconnaît l'existence d'un réchauffement, le doute n'est plus d'actualité : il affirme avec aplomb qu'il n'y a pas de consensus scientifique sur son origine humaine.

Ses arguments sont, sans surprise, ceux de la blogosphère climato-dénialiste américaine par le biais de laquelle il s'est intéressé au changement climatique (critique de la notion de température globale, dénonciation des modèles climatiques, rôle du Soleil, etc.). Avec, en prime, une définition toute personnelle du principe de précaution : « S'il y a quelque chose qui se passe, tant qu'on en connaît pas la cause, ne rien changer. »

En décembre 2024, il participe à une conférence climato-dénialiste à Nyon (où elle ne passe pas inaperçue), en compagnie de Benoît Rittaud et Christian Lévêque notamment. L'animatrice de la conférence le remercie pour sa participation, grâce à laquelle l'événement accueille « des intervenants de qualité avec qui tu nous as mis en relation ». L'intervention d'Éric Verrecchia, intitulée « Et si le changement climatique était aussi une chance ? », aligne les arguments climato-dénialistes et provocations diverses, loin de toute rigueur scientifique.

Ses interventions sont reprises par l'Association des climato-réalistes ici et .

En juin 2024, Éric Verrecchia répondait longuement sur une chaîne Youtube relativement confidentielle, ResilientsTV — habituée des vidéos pseudoscientifiques sur la pandémie de Covid-19, elle a aussi accueilli une interview de Judith Curry — où il diffusait les mêmes discours trompeurs sur le changement climatique.

Réponse d'Éric Verrecchia

Joint par courriel, Éric Verrecchia n'a pas répondu à nos questions et s'est longuement plaint de notre demande : « Votre traitement des faits et des sources produit un effet relevant davantage d’un reproche ou d’un dossier à charge, voire d’un réquisitoire, que d’une vérification factuelle. […] La formulation de votre courriel me semble poser des problèmes de déontologie journalistique, notamment votre emploi de jugements tels que "réfutés par les sciences du climat" ou la mention de "chaînes pseudo-scientifiques" ». Il a également jugé « que l’équilibre des points de vue est une exigence fondamentale » — un argument infondé en matière de science mais une stratégie argumentative classique du climato-dénialisme (Cook 2020).

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
John Cook, « Deconstructing Climate Science Denial », dans Research Handbook on Communicating Climate Change, Edward Elgar Publishing, 2020, p. 62‑78, disponible en ligne : https://www.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900392/9781789900392.00014.xml ; page consultée le 11 novembre 2025.

Éric Zemmour

types : extrême droite
mots-clés :

Personnalité politique d'extrême droite et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2022 sous la bannière Reconquête, Éric Zemmour tient à plusieurs reprises des propos « climato-rassuristes », bien que le changement climatique n'occupe qu'une place marginale dans ses discours.

Analyse du discours

Comme le relève le média en ligne Reporterre, Éric Zemmour affirme en octobre 2021 au sujet du changement climatique (dont il reconnaît l'existence du bout des lèvres) que « la France n'a rien à voir là-dedans » car le pays émet moins de CO2 que d'autres. Il réitère ce discours en janvier 2022, affirmant que la France n'a pas à faire d'efforts. En février de la même année, il explique que le pays représente 1 % des émissions mondiales de CO2 (un argument fallacieux). Dans ces différentes interventions, il s'oppose également aux éoliennes et fait de l'énergie nucléaire la seule solution pour réduire les émissions de CO2.

En juin 2021, Éric Zemmour avait développé (sur CNews où il était chroniqueur) un raisonnement « climato-rassuriste » qui lui aussi vise à empêcher toute politique d'atténuation du changement climatique : ce dernier n'est pas bien important, affirmait-il, car « l'Homme est justement depuis des millions d'années la seule espèce qui s'adapte à toutes les températures ». Il déclarait peu après que « le problème du climat, c’est la démographie et l’explosion de la natalité en Afrique et en Asie » — alors même que les émissions de gaz à effet de serre du continent africain sont ridiculement faibles et que les pays riches ont une responsabilité historique en la matière.

Classification du discours

Les discours employés par Éric Zemmour se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Étienne Chouard

types : complotistes
mots-clés :

Étienne Chouard, né en 1956, est surtout connu pour sa critique de la démocratie représentative et son militantisme, revendiqué à gauche, en faveur d'une démocratie plus participative ou directe. Il évolue dans les années 2010 vers un positionnement parfois décrit comme « confusionniste », entre perméabilité aux discours complotistes et rapprochements avec l'extrême droite (notamment avec Alain Soral et son mouvement Égalité & Réconciliation, dont il finit par plus ou moins s'éloigner).

Dans les années 2020, il adopte sur les réseaux sociaux un discours climato-dénialiste à tonalité complotiste — comme ses publications sur d'autres sujets.

Analyse du discours

En octobre 2024, il conseille la lecture du « rapport Gerondeau » (en réalité l'un des nombreux pamphlets de Christian Gerondeau, Climat, tout ça pour rien) : « C'est très important pour cesser d'avoir peur, recommencer à penser librement, et enfin résister au terrorisme du moment ». En 2023, il avait déjà diffusé un entretien vidéo de Christian Gerondeau sur FranceSoir.

En décembre 2024, il relaie et traduit un tweet de la climato-dénialiste américaine Judith Curry paru un an et demi auparavant.

Étienne Chouard se fait assidument le relai du compte Twitter anglophone Wide Awake Media, spécialisé dans la désinformation climatique et dont l'auteur, qui serait basé au Royaume-Uni, relayait à l'origine un discours antivax durant la pandémie de Covid-19. Traduisant l'une de ses publications, Étienne Chouard écrit ainsi en avril 2024 :

« Puisque toute activité humaine, y compris la respiration, entraîne des émissions de CO2, l'argument "le CO2, c'est la pollution" n'est qu'un prétexte pour contrôler, réglementer et microgérer chaque détail de votre vie. »

Le mois précédent, toujours en traduisant des tweets de Wide Awake Media, il relayait une intervention complotiste d'un allié de Donald Trump sur la chaîne américaine ultra-conservatrice Fox News :

« Le WEF [acronyme anglophone du Forum économique mondial] est une organisation politique fanatique qui utilise la peur et la manipulation, comme l'hystérie du Covid, comme le canular du réchauffement climatique, pour vraiment inciter les gens à penser qu'ils sont d'une manière ou d'une autre les sauveurs […]. »

Les republications de Wide Awake Media par Étienne Chouard sont trop nombreuses pour être toutes citées, mais elles consistent à l'occasion à diffuser les propos du climato-dénialiste australien Ian Plimmer, ceux de son compatriote Alex Antic, l'amènent à parler de « climatescam » (en français : arnaque climatique) ou encore sont articulées à ses propositions en matière de démocratie participative.

Lorsqu'il ne cite pas ce compte Twitter, il retweete d'autres comptes anglophones, qu'il s'agisse de dire (en toutes capitales) que « le CO2 n'est pas la cause du changement climatique » (janvier 2025), d'attribuer ce dernier au Soleil (novembre 2024) ou tout simplement de dénoncer le « terrorisme climatique comme outil mafieux de contrôle des populations ». En février 2024, il diffuse aussi un article du média complotiste américain The Epoch Times.

Plusieurs de ses publications sur Twitter au sujet du changement climatique ont attiré l'attention de la presse généraliste (TF1 et France Info), à chaque fois pour réfuter ses propos.

Étienne Chouard intervient par ailleurs dans des médias complotistes et climato-dénialistes, notamment la chaîne Youtube Géopolitique profonde (septembre 2025) et celle de la revue Nexus (série de vidéos en 2025), pour parler démocratie. Et parfois aussi changement climatique, comme dans cette vidéo de Nexus, où il explique (vers 1:50') que les participants à la Convention citoyenne sur le climat de 2019 « étaient tous pénétrés de la même idéologie mensongère sur le péril climatique ».

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent à deux des cinq grandes catégories de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

European Climate Realist Network

types : entité non francophone
mots-clés :

L'European Climate Realist Network (ECRN), fondé en 2018 par l'ingénieur Theo Wolters, est une association néerlandaise. Comme son nom le laisse deviner, elle vise à rassembler les associations européennes se revendiquant du « climato-réalisme ».

Y adhèrent notamment l'Association des climato-réalistes (France), l'EIKE (Allemagne), la Clintel (Pays-Bas) et la Global Warming Policy Foundation (GWPF, Royaume-Uni).

Elle est financée par des dons privés.

Voir aussi

European Scientist

types : divers
mots-clés :

Créé par le consultant Jean-Paul Oury, European Scientist est un site web pseudoscientifique qui héberge régulièrement des contenus confusionnistes, rassuristes voire mensongers sur le changement climatique.

Présentation

« Dans une actualité de plus en plus polémique, où les faits scientifiques sont régulièrement occultés par les discours politiques, The European Scientist cherche à remettre les pendules à l’heure », peut-on lire dans la présentation du site.

Au milieu d'articles à faible valeur ajoutée relatant l'actualité scientifique, visiblement générés par IA (exemples : 1, 2, 3…), le site web à la riche rubrique « Opinions » multiplie les textes confusionnistes ou carrément trompeurs.

Son fondateur pourfend l'« alarmisme climatique » en citant Bjørn Lomborg (en 2021), interviewe le climato-dénialiste américain Steven Koonin (en 2023), promeut Bertrand Alliot (en 2025 notamment)... Le site publie aussi un texte de l'économiste Marc Rameaux ressuscitant la controverse fabriquée de la courbe en crosse de hockey et attaquant la « courbe alarmiste » des températures publiée dans le premier volet du sixième rapport d'évaluation du GIEC (en 2021 — article cité par Jean-Paul Oury et Samuel Furfari dans Atlantico, et dans le site confidentiel Climat et vérité), publie les articles de Christian Lévêque (liste) et ceux de Pierre Bonnefoy (liste), dont un qui, par des détours voulus savants, met en cause la fiabilité des modélisations climatiques et appelle à « établir une véritable science du climat ».

En 2025, ses « Quinze ouvrages pour ne pas céder à l’éco-anxiété » promeuvent entre autres Bertrand Alliot, Sylvie Brunel, Samuel Furfari, Thierry Godefridi, Steven Koonin ou Olivier Postel-Vinay. L'édition 2022 était du même acabit.

European Scientist figure parmi les sites web dans lesquels ont été publiés des articles rédigés par l'agence de communication Avisa Partners pour le compte d'entreprises, ainsi que l'a révélé une ancienne plume, « Julien », dans le journal Fakir (voici ici et pour le contexte, et pour la mention d'European Scientist).

European Scientist figure par ailleurs dans le registre privé de personnalités et médias favorables aux pesticides « Bonus Eventus », créé au début des années 2010 par v-Fluence, une entreprise de relations publiques fondée par l'ancien directeur de la communication de Monsanto Jay Byrne, comme le révèle Le Monde en 2024. (Jean-Paul Oury dément auprès du quotidien tout lien avec v-Fluence.)

Fabien Bouglé

types : droite conservatrice et réactionnaire
mots-clés :

Essayiste anti-éoliennes conservateur, Fabien Bouglé ne nie pas la réalité ni l'origine humaine du changement climatique, dont il parle peu, mais il s'oppose aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France, quitte à désinformer au passage, et intervient aux marges des sphères climato-dénialistes françaises, dont il promeut plusieurs acteurs.

Analyse du discours

Comme d'autres promoteurs du nucléaire, il s'oppose avec virulence aux énergies renouvelables intermittentes et tout particulièrement aux éoliennes (ce qui l'amène en 2021 à tenir des propos jugés trompeurs sur le sujet, voir ici ou ). Si les énergies renouvelables intermittentes ont bel et bien des défauts (comme le nucléaire), solaire et éolien font partie des énergies bas carbone identifiées par le groupe 3 du GIEC dans son sixième rapport d'évaluation comme principales alternatives aux énergies fossiles, au même titre que le nucléaire.

Les interventions publiques de Fabien Bouglé ne consistent pas à nier l'existence du réchauffement climatique ni son origine humaine, puisqu'il écrit, sans trop s'avancer, dans le chapitre 2 de son ouvrage Éoliennes : la face noire de la transition écologique : « Partons de l’idée, qui semble aujourd’hui faire consensus parmi les scientifiques, qu’il existe bien un changement climatique susceptible de modifier de manière considérable l’environnement, et qu’il faut lutter contre les émissions de carbone pour y faire obstacle. » Ses propos relèvent toutefois explicitement de la désinformation lorsqu'il affirme que la France n'a pas besoin de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.

En effet, dans une émission de Sud Radio ironiquement intitulée « La désinformation climatique » diffusée le 15 avril 2025, il multiplie les discours de l'inaction climatique (Lamb et al. 2020) : les mesures de réduction des émissions de gaz à effet (GES) ne servent à rien puisque les émissions ont augmenté au niveau mondial depuis la signature du protocole de Kyoto en 1997, la France fait partie des pays les moins émetteurs (« 0,9 % » des émissions mondiales de GES, précise le présentateur, André Bercoff), réduire les émissions n'apporterait que des contraintes à la France… Il en ressort selon Fabien Bouglé que « la France n'a absolument pas besoin de modifier sa vie [sic] pour compenser l'augmentation des gaz à effet de serre des pays les plus producteurs ».

Dans la classification CARDS des discours de désinformation sur le climat (Coan et al. 2021), cet argumentaire, spécieux, correspond aux affirmations 4.1 (les politiques climatiques sont néfastes), 4.2.3 (l'impact des politiques climatiques est négligeable) et 4.2.4 (les émissions d'un pays sont négligeables — voir ici pour une réfutation sur ce dernier point).

L'essayiste intervient dans des médias d'extrême droite ou proches de celle-ci, le plus souvent dans le cadre de son opposition aux éoliennes : sur Boulevard Voltaire (ses articles), dans Valeurs actuelles (ses articles), sur la chaîne Youtube Tocsin (en 2025), sur TV Libertés (octobre 2025), chez Front populaire (ses interviews), sur CNews (25 juin 2025, 28 juin, 2 juillet, 3 juillet, 9 juillet, 30 juillet, 17 septembre…). Il est également interviewé dans la revue Conflits (en 2020) et est l'auteur de multiples contributions sur Atlantico (ses articles). Plus surprenant peut-être, il intervient auprès du média complotiste français FranceSoir (en 2024) et du site d'extrême droite conspirationniste américain The Epoch Times (en août 2025).

Ses ouvrages et interventions médiatiques sont à plusieurs reprises mis en exergue par l'Association des climato-réalistes dans ses lettres d'information (par exemple en 2019, 2020, 2022 et 2024), de même que par le site web Climat et vérité (liste).

Fabien Bouglé fait en janvier 2025 la promotion sur X (anciennement Twitter) de l'un des ouvrages du physicien François Gervais, célèbre figure du climato-dénialisme en France et membre de l'Association des climato-réalistes. En 2023, il avait déjà recommandé la lecture d'un ouvrage de Benoît Rittaud, autre figure de la même association. Association dont il diffuse à quelques reprises (2022, 2024, 2025) les articles rédigés par l'économiste climato-dénialiste Rémy Prud'homme (dont il a également promu l'un des ouvrages en 2024).

Toujours sur ce réseau social, Fabien Bouglé relate avec enthousiasme la fin de « la politique climatique » des États-Unis décidée par Donald Trump dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2025, il célèbre l'hostilité de celui-ci aux éoliennes et il republie quelques mois plus tard un discours du vice-président J. D. Vance, qu'il commente en ces termes : « LIBERTÉ LIBERTÉ CHÉRIE […] Le fascisme climatique doit être combattu sans relâche ». Le militant anti-éoliennes cite également le climato-dénialiste belge Samuel Furfari lorsqu'il se réjouit de la politique énergétique de Donald Trump — et bien d'autres fois encore. C'est aussi avec lui qu'il cosigne en novembre 2025 dans Atlantico une interview, où il affirme que la France « ne représente que 0,7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre », ce qui est, là encore, trompeur.

En juillet 2025, il prend la direction de la revue Transitions et Énergies (qu'il rachète en partie), laquelle est habituée des discours climato-dénialistes.

Réponse de Fabien Bouglé

Contacté par nos soins, Fabien Bouglé nous indique qu'il « récuse fermement » le qualificatif de « climatosceptique ». « Je ne m'intéresse pas dans mes travaux à cette problématique qui fait consensus », nous précise-t-il. « Au contraire je lutte contre le climatosceptiscisme qui vise à nier l'apport du nucléaire dans la lutte contre la pollution et les émission de GES et […] je pense que le déploiement des ENR fait perdre un temps considérable. »

Interrogé sur son relai de publications de l'Association des climato-réalistes et de ses membres, il nous écrit : « J'ai diffusé les livres de certains des membres qui m'ont été envoyé en service de presse comme je diffuse de nombreux messages de personnalités de droite ou de gauche sur le sujet de l'énergie. »

Au sujet de ses interventions dans des médias d'extrême droite, il nous répond « J'interviens partout où l'on m'invite sans sectarisme à partir du moment où je peux exprimer mon opinion » et cite plusieurs interventions dans Les Échos, L'Express, Le Figaro, France Info, etc. « Vous ne pouvez pas comprendre mon engagement sans avoir enquêté sur les raisons de mon travail qui a commencé dans la lutte contre la corruption et la mafia éolienne », ajoute-t-il, précisant qu'il « conseille toutes les personnalités politiques qui ont besoin de [ses] lumières ou de [son] aide, de la macronie au RN ».

Classification du discours

Les discours employés se rattachent à la grande catégories suivante, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
William F. Lamb, Giulio Mattioli, Sebastian Levi, J. Timmons Roberts, Stuart Capstick, Felix Creutzig, Jan C. Minx, Finn Müller-Hansen, Trevor Culhane et Julia K. Steinberger, « Discourses of Climate Delay », Global Sustainability, vol. III, 2020, disponible en ligne : https://doi.org/10.1017/sus.2020.13 ; page consultée le 16 juillet 2025.

FranceSoir

types : complotistes
mots-clés :

Média web complotiste né à la faveur de la pandémie de Covid-19 sur les cendres d'un quotidien papier respectable (France-Soir), FranceSoir embrasse à l'occasion le climato-dénialisme, quand il n'est pas occupé à promouvoir Didier Raoult (lui-même climatodénialiste) ou à mettre au jour d'obscurs complots pédosataniques contre lesquels Donald Trump lutterait.

Le site interviewe à plusieurs reprises Christian Gerondeau, climato-dénialiste notoire (en 2023, 2024) et donne la parole à Fabien Bouglé, militant anti-éoliennes (en 2024, idem).

On peut trouver sur FranceSoir une série de tribunes de Pierre-Antoine Pontoizeau, un essayiste confidentiel, reprenant la longue liste des arguments les plus éculés du climato-dénialisme, avec une couche de complotisme — « manipulation », « guerre du climat », mention du directeur du Forum économique mondial Klaus Schwab (objet d'une véritable obsession dans les sphères conspirationnistes pour sa notion de « grande réinitialisation »), etc.

On y trouve aussi, en 2025, un article (republié par l'Association des climato-réalistes) d'un ancien cadre à la BNP, qui met en doute l'origine humaine du changement climatique et pense (à tort) avoir découvert une contradiction majeure entre résumé à l'intention des décideurs et rapport complet du GIEC. Le même avait obtenu en 2019 la publication d'un article questionnant la fiabilité du GIEC dans un numéro de L'ENA hors les murs, la revue des anciens élèves de la grande école.

Le directeur de la publication de FranceSoir lui-même, Xavier Azalbert, publie en 2023 un éditorial confus, dans lequel il cite « Steve Koonin » (sic) et qu'il conclut par une hypothèse toute complotiste :

« Peut-être n'est-ce pas le Great Reset ni le dérèglement climatique que nous sommes présentement en train de subir, mais bien une régulation de la pensée, probablement organisée sous le contrôle de la Miviludes pour éviter certaines dérives sectaires ! »

Voir aussi

François Asselineau

types : complotistes
mots-clés :

Né en 1957, François Asselineau est le fondateur de l'Union populaire républicaine (UPR), un parti politique relativement confidentiel. Ancien haut-fonctionnaire, François Asselineau diffuse dans les années 2020 une désinformation grossière sur le changement climatique, essentiellement par le biais des réseaux sociaux.

Analyse du discours

En décembre 2022, invité par le média complotiste FranceSoir (la vidéo de l'entretien reste accessible sur la plateforme Odysée), François Asselineau explique (à partir de 9') que, s'il a bien compris, il n'y a pas de consensus sur l'origine anthropique du changement climatique. Il semble notamment faire allusion à la lettre de la Clintel (il ne la cite pas explicitement) lorsqu'il évoque « plus de 1000 scientifiques » qui s'opposeraient audit consensus.
Dans cette interview filmée, diffusée par l'UPR, François Asselineau n'est pas affirmatif, expliquant n'être pas scientifique, mais s'appuie sur son expérience personnelle et sur plusieurs arguments climato-dénialistes pour émettre des doutes sur le changement climatique. Ce qu'il trouve surtout « louche », c'est le « narratif » massif, la certitude affirmée sur les connaissances scientifiques. S'il se revendique alors « sceptique », le scepticisme laisse la place, les années suivantes, à une désinformation climato-dénialiste décomplexée.

À l'été 2023, il moque ainsi l'idée d'un changement climatique contemporain, d'origine humaine, en établissant un parallèle fallacieux avec un changement climatique passé — une rhétorique usuelle des climato-dénialistes, quoique généralement maniée avec plus de subtilité. Son tweet de juillet 2023 reprenant l'affirmation complotiste selon laquelle les médias ont modifié le code couleur des cartes de températures (« Le but : terroriser les populations » écrit-il en lettres capitales) est retweeté plus de 3 000 fois. Il avait déjà tenu un discours similaire l'année précédente.

En janvier 2024, il s'appuie sur la météo pour mettre en doute la réalité du changement climatique, dans un discours complotiste qui dénonce la volonté de « marteler l'idée d'un dérèglement climatique et l'impératif d'obéir à Schwab », dans une référence à Klaus Schwab, économiste allemand à l'origine de la notion de « grande réinitialisation » qui agite les sphères complotistes.

En août 2024, il voit dans le refroidissement (en réalité partiel) de l'Atlantique un « nouveau bug dans le narratif du réchauffement », comme il l'écrit sur Twitter de manière trompeuse. Le même mois, il explique que « tout débat scientifique sur le prétendu réchauffement climatique et son origine est interdit par les médias de l'oligarchie euro-atlantiste ». Toujours en août 2024, il s'appuie sur un tweet de l'Association des climato-réalistes et sur un raisonnement complotiste pour mettre en doute les connaissances scientifiques sur l'évolution de l'inlandsis (la calotte glaciaire) Ouest-Antarctique.

Le mois suivant, il se fonde de nouveau sur des tweets (hors-sujet) de cette association pour contredire un article de presse — certes de mauvaise facture — relatant les conclusions d'une étude scientifique relative au risque d'effondrement du glacier Thwaites, en Antarctique.

Le montage vidéo qu'il republie en novembre 2024 avec pour commentaire « le réchauffement climatique ridiculisé en 55 secondes », s'il est effectivement amusant, passe sous silence que les continents se réchauffent plus vite que les océans, si bien que par définition, la quasi-totalité des terres émergées se réchauffent davantage que la moyenne mondiale. S'y ajoutent des variations géographiques et le fait que la hausse des températures est plus forte à mesure que l'on s'approche des hautes latitudes de l'hémisphère nord, comme l'expliquait par exemple Le Monde en mai 2024.

François Asselineau se réjouit en janvier 2025 de l'élection de Donald Trump pour un deuxième mandat, qui « annonce la fin […] du Green Deal et de la théorie du réchauffement climatique » (mais aussi « de l'idéologie woke et transgenre », « de l'immigrationnisme »…).

En juillet de la même année, il publie un tweet qui utilise la rhétorique confondant météo (températures, précipitations, etc. en un lieu et un temps limités) et climat (variations globales des températures et autres paramètres physiques sur le temps long) pour mettre en doute la réalité du changement climatique.

Le même mois, dans une vidéo publiée par l'Union populaire républicaine, vue près de 100 000 fois, il réitère longuement (de 6' à 26') sa négation de l'existence du changement climatique, avec un mille-feuille argumentatif décousu parsemé de complotisme — mythe du Groënland vert, optimum climatique romain, responsabilité du Soleil, hausse des températures qui provoquerait celle du CO2 atmosphérique, critique du GIEC, mythe du scientifique ayant raison contre tous, etc.

En août 2025, il affirme que l'été a été très frais (c'est faux) et que, « du coup, le GIEC annonce que le réchauffement climatique risque de nous plonger dans une nouvelle ère glaciaire », détournant de manière mensongère et particulièrement grossière le sens d'un article de presse qu'il cite.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

François Gervais

types : scientifiques
mots-clés :

Physicien retraité (depuis 2012), né en 1945, François Gervais fait partie des climato-dénialistes qui remettent en cause l'effet de serre, et donc le dioxyde de carbone (CO2), comme cause principale du réchauffement climatique. C'est l'une des figures majeures du climato-dénialisme français.

Présentation

Dès 2013, il développe un mille-feuilles argumentatif dans un ouvrage (L'Innocence du carbone : L'effet de serre remis en question, Albin Michel) où il multiplie théories fantaisistes et cherry picking, notamment avec des courbes trompeuses.

François Gervais est membre du comité scientifique de l'Association des climato-réalistes, créée en 2015. Celle-ci le présente (et il se présente lui-même) comme « expert reviewer » du cinquième rapport d'évaluation du GIEC, ce qui est exact sur le plan littéral mais peut facilement induire en erreur : il ne fait pas partie des auteurs dudit rapport, mais simplement du vaste groupe d'experts, en réalité ouvert à tout le monde, qui peuvent soumettre des commentaires sur les brouillons du rapport — ils sont plus de mille pour le seul premier volet du cinquième rapport d'évaluation (de Pryck 2022, p. 106‑107).

Comme nombre de ses camarades « climato-réalistes », il a signé la « World Climate Declaration », lettre ouverte de la Clintel néerlandaise proclamant depuis 2019 l'absence d'urgence climatique.

Il a publié pas moins de quatre ouvrages aux éditions L'Artilleur, aux titres évocateurs : L'urgence climatique est un leurre (2018), Impasses climatiques : Les Contradictions du discours alarmiste sur le climat (2022), Le Déraisonnement climatique (2023) et Il n'y a pas d'apocalypse climatique : Modèles, mesures et prévisions : se libérer de l'écoanxiété (2025). Ce dernier bénéficie d'une campagne de publicité dans les gares SNCF, relève Le Nouvel Obs.

En 2018, il participe à un colloque climato-dénialiste au Portugal en présence d'autres membres de l'Association des climato-réalistes, Camille Veyres, Benoît Rittaud, ainsi que du dénialiste belge Henri Masson. La courte conférence qu'il donne en anglais a été filmée et diffusée par l'officine de propagande de l'industrie pétrolière canadienne Friends of Science.

Ses interviews des dernières années se cantonnent pour l'essentiel aux médias d'extrême droite : CNews (en 2022 et en 2023), TV Libertés (en 2023 notamment), Sud Radio où il est régulièrement invité au micro d'André Bercoff (ce qui vaut à la radio une mise en garde de l'Arcom en 2024), ou encore le plus confidentiel Breizh Info (en 2025). On le retrouve même dans une longue interview vidéo donnée au média conspirationniste américain d'extrême droite The Epoch Times en 2021.

Il est également un auteur récurrent sur le site libéral-conservateur Atlantico (articles) et ses ouvrages sont promus dans Conflits (ici), une des revues de l'homme d'affaires d'extrême droite Gil Mihaely, ainsi que sur le site web libertarien Contrepoints (, par Thierry Godefridi).

Il anime également de nombreuses conférences, comme il nous l'écrit lui-même :

« Si je n’enseigne plus, j’ai en revanche donné 55 conférences depuis 2012, parfois devant un auditoire de plusieurs centaines de personnes, à l’invitation d’universitaires, y compris étrangers, de députés, de municipalités, d’écoles d’ingénieurs, d’associations en particulier d’ingénieurs, d’un syndicat d’agriculteurs, du Rotary Club de Paris, du Lyons Club, du Grand Orient de France… »

Le physicien donne plusieurs conférences ou interviews à l'invitation d'organisations du mouvement de Lyndon LaRouche : au parti Solidarité et progrès en 2015, 2018 et 2019, ainsi qu'à l'Institut Schiller en 2015.

Il donne aussi des conférences en anglais en 2016 et en 2017 auprès de l'EIKE, la principale organisation climato-dénialiste allemande.

En 2021, il est invité à s'exprimer au sujet du changement climatique par l'Institut des libertés de Charles Gave, un think tank proche de l'extrême droite, en partenariat avec la revue Transitions et Énergies (elle aussi propriété de Gil Mihaely). Il s'exprime de nouveau en 2023 auprès du seul Institut des libertés.

Analyse du discours

Certaines des vidéos dans lesquelles Christian Gervais intervient cumulent plusieurs centaines de milliers de vues, telles cette captation d'une conférence organisée en 2018 par le parti politique Solidarité et progrès ou cette interview sur Sud Radio en 2021.
Dans sa conférence, il affirme que le CO2 n'est pas la cause du réchauffement climatique, que les températures ont cessé d'augmenté depuis vingt-cinq ans, que les modèles climatiques ne sont pas fiables, que les effets des émissions de CO2 sont positifs (verdissement), que les politiques climatiques visent à « nous taxer » et que les énergies renouvelables intermittentes ne sont pas utiles.

Dans une autre vidéo tournée en 2021, il explique également (vers 38') que le niveau des océans ne s'élève que de « un virgule quelque chose millimètre par an ; bon d'ici 2050 ça fera 3 centimètres ». Selon le sixième rapport d'évaluation du GIEC, la hausse annuelle, qui tend à accélérer, est en réalité de l'ordre du triple (3,7 mm par an entre 2006 et 2018), faisant craindre une hausse de 30 cm à 1 m d'ici 2100 (par rapport à 1900).

En 2018, il avance également en conférence (vers 19') que dans les années 1970 « l'hystérie du style de ce qu'on connaît aujourd'hui c'était "On va tous mourir de froid !" ». Il s'agit en réalité d'un mythe — les chercheurs travaillaient déjà sur le réchauffement climatique —, et deux des couvertures du magazine Time qu'il utilise comme illustrations évoquaient respectivement l'hiver en cours et les conséquences économiques du premier choc pétrolier. Quant à la troisième couverture… c'est tout simplement un faux, un montage : elle n'a jamais existé.
Dans cette même conférence, François Gervais présente les cycles solaires comme une meilleure explication au changement climatique contemporain que l'effet de serre d'origine anthropique.

Son discours s'écarte à l'occasion des sujets purement scientifiques, par exemple lorsqu'il qualifie en 2023 de « religieux » — « c'est un mot qu'utilise également Christian Gerondeau » — les discours dominants sur le changement climatique. Plus encore, à une question de Charles Gave qui l'interroge sur une volonté des fonctionnaires français de « préparer le gouvernement mondial » pour « arriver au pouvoir », le physicien répond que « oui, on peut le soupçonner, bien sûr ».

Politique, son propos l'est assurément aussi lorsque le physicien publie Impasses climatiques : Les contradictions du discours alarmiste sur le climat en 2022, dont on trouve les bonnes feuilles sur Atlantico, où il s'oppose à l'idée de décroissance économique.

Réponse François Gervais

Nous avons joint François Gervais par courriel. Il nous répond : « Le scepticisme est une vertu cardinale en sciences. Votre qualificatif de "dénialiste" est désobligeant, outrancier et insidieux. » Préférant se définir comme « climato-réaliste », il estime ne pas nier le réchauffement climatique mais « minimis[er] certes les exagérations issues essentiellement de modèles de climat et leur fixette sur une relation mono-causale avec le bouc émissaire de service », à savoir le CO2.

Il cite à l'appui un graphique, que nous a également adressé Jean-Claude Pont, qui est en réalité tiré du blog du climatologue climato-dénialiste américain Roy Spencer, est quelque peu trompeur (d'autant que le fait que certains modèles récents ont une sensibilité climatique trop élevée est connu et pris en compte par les chercheurs) et ne soutient pas l'idée selon laquelle les modèles climatiques en général exagéreraient le réchauffement (ce n'est pas le cas).

Il nous répète de nombreux arguments déjà présents dans ses publications et conteste l'existence d'un consensus scientifique. Interrogé par nos soins sur la coloration d'extrême droite de certains médias dans lesquels il intervient, il nous répond : « Mon propos est scientifique. Le positionnement sur l’échiquier politique des médias qui m’invitent est hors de propos. » Et regrette de ne pas être invité dans l'audiovisuel public.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent à la totalité des cinq grandes catégories de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Kari de Pryck, GIEC : La Voix du climat, Paris, Les Presses de SciencesPo, « Domaine politiques de la terre », 2022.

Friends of Science

types : entité non francophone
mots-clés :

Friends of Science est une officine de désinformation sur le changement climatique sise au Canada, fondée en 2002 et financée par l'industrie pétrolière américaine.

Présentation

En 2015, comme le relève le site spécialisé Desmog, Friends of Science affirme entre autres que :

  • la Terre se refroidit ;
  • le Soleil est responsable du changement climatique ;
  • les événements météorologiques extrêmes n'empirent pas ;
  • les modèles climatiques ne sont pas fiables.

En 2025, le site web de l'officine indique aussi (ici ou ) que Friends of Science défend les énergies fossiles et s'oppose aux politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En 2019, Friends of Science assure la promotion de la lettre ouverte climato-dénialiste de la fondation néerlandaise Clintel, signée par de nombreux francophones.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Front populaire

types : extrême droite
mots-clés :

Front populaire est une revue trimestrielle française cofondée en 2020 par le philosophe médiatique Michel Onfray et le journaliste Stéphane Simon. Dirigée par le premier, qui est climato-dénialiste, la revue accueille fréquemment dans ses pages des personnalités niant l'origine humaine ou les conséquences du changement climatique.

Publications

La revue se revendique souverainiste mais a promu la candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle de 2022 et est proche des idées d'extrême droite, comme le relevait en 2021 Lucie Delaporte dans Mediapart.

Front populaire ouvre ses pages au militant anti-éoliennes Fabien Bouglé (ses interventions), à l'économiste climato-dénialiste français Rémy Prud'homme (ses articles) ainsi qu'au dénialiste belge Samuel Furfari (ses articles). Leurs publications ne portent pas sur le changement climatique pour la plupart, mais quand c'est le cas, il s'agit de s'opposer avec virulence aux mesures de décarbonation ou à l'écologisme, en témoigne la tribune de Samuel Furfari intitulée « Lutte contre le changement climatique ou contrôle total de nos vies ? » (2021).

La revue accueille aussi les tribunes d'un certain Rodolphe Prevot qui, citant pêle-mêle Christian Gerondeau, l'Américain Steven Koonin et le directeur de la revue Michel Onfray, conteste en avril 2023 la responsabilité humaine dans le réchauffement, dénonce les « climato-suivistes » et promeut les « climato-réalistes ». « Cette contribution […] n’engage pas la rédaction », avertit le chapô, non sans une certaine hypocrisie au regard des prises de position du directeur de la publication.

Le chapô d'un autre texte (novembre 2023) prévient que Rodolphe Prevot estime que « la crise environnementale serait instrumentalisée par les élites mondialisées pour rogner les libertés des peuples », un discours à tonalité complotiste. Si l'on met de côté l'analyse politique de l'auteur, le texte est surtout un condensé de désinformation climatique. Il y est question d'« un effet de serre qui reste à prouver », l'auteur tourne en dérision la projection d'un réchauffement de 4 °C en France (pourtant conforme aux scénarios du GIEC prenant pour hypothèse l'absence de nouvelle politique climatique), il dénonce sans l'ombre d'un argument les modèles climatiques et affirme que les auteurs du GIEC sont peu nombreux à être de « véritables climatologues de profession » (ce qui est faux s'agissant du groupe de travail 1 du GIEC). Avant de célébrer, « entre autres merveilles : une stabilisation des banquises au Groenland et en Antarctique [et] un reverdissement global de la planète (merci le CO2 !) ».

Toujours dans la rubrique « Opinion » et en 2023, un certain Edouard Rihouet se fend d'un billet intitulé « Réchauffisme, l’idéologie du toujours pire qu’hier, mais mieux que demain », véritable monument du « climato-rassurisme » où l'on peut lire que « le corollaire de la théorie du réchauffement anthropique est la considération d’une augmentation des températures qui conduirait inexorablement à l’apocalypse et n’aurait aucun effet bénéfique ». Avec en prime la diffusion d'un mythe récurrent sur le Groenland, la défense du présentateur météo Philippe Verdier (dont le licenciement est survenu huit ans plus tôt…) et des attaques contre le GIEC, qui se résumerait à « un groupe intergouvernemental de diplomates ».

La même année, on peut aussi lire une promotion de l'ouvrage dénialiste de Steven Koonin.

En 2025, on peut encore parcourir un texte d'un certain Arnaud Besnard qui « tente de comprendre pourquoi la croyance dans la science du climat semble s’effriter » — ce qui ne manque pas de sel. L'auteur s'émeut que « les scientifiques qui vont dans le sens du consensus reçoivent argent, visibilité, postes ; les autres disparaissent » car « les financements dépendent largement d’objectifs politiques définis en amont ». L'auteur dénonce dans la foulée « l’idéologisation et la moralisation croissante de la question climatique » et réclame à ce sujet « une science ouverte, réfutable, délibérative », ce qui implique qu'elle ne le serait pas déjà.

Front populaire recensait pourtant en 2021 un ouvrage sérieux du climatologue François-Marie Bréon, qui visait à « corriger les erreurs les plus souvent commises » sur le changement climatique, et relayait les principales conclusions du premier volet du sixième rapport d'évaluation du GIEC. Cela n'a semble-t-il pas empêché la revue d'ouvrir grand les portes à la désinformation scientifique, quitte à publier des énormités.

Nos tentatives de contacter le directeur de publication de la revue, Michel Onfray, sont restées sans réponse.

Classification du discours

Les discours diffusés par Front populaire se rattachent aux cinq grandes catégories de la classification des arguments dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Fusion

types : complotistes
mots-clés :

Fusion est une revue française consacrée aux sciences, publiée de 1982 à 2006, affiliée au mouvement de Lyndon LaRouche, une personnalité américaine conspirationniste d'extrême droite. Violemment anti-écologiste, la revue publie des articles niant l'existence du changement climatique au cours des années 1990 et 2000.

Présentation

Fondée en 1982 par l'association Fondation pour l'énergie de fusion, la revue Fusion est le pendant français de la revue du même nom publiée aux États-Unis par la Fusion Energy Foundation (FEF), une émanation du mouvement de Lyndon LaRouche.

La revue est ensuite publiée par les éditions Alcuin, chez qui paraissent des ouvrages du mouvement LaRouche, dont ceux du fondateur du parti politique français Solidarité et progrès, Jacques Cheminade. Celui-ci est d'ailleurs « conseiller de la rédaction » de la revue depuis au moins le début des années 1990.

Durant cette même décennie, Pierre Bonnefoy rejoint la rédaction de la revue, qu'il ne quitte plus.

Au cours des années 1990 et 2000, la revue a pour directeur de la publication Christophe Lavernhe (toujours actif, en 2024, au sein du parti Solidarité et progrès et auprès de l'institut Schiller), pour directeur de la rédaction Philippe Messer, et son rédacteur en chef est Emmanuel Grenier.

Fusion cesse de paraître en 2006, après que son inspirateur Lyndon LaRouche « a décidé de couper les ponts avec [ses auteurs] », écrit le rédacteur en chef dans l'éditorial du dernier numéro, paru en octobre 2006. Son site web disparaît peu après, mais il a été archivé.

Analyse du discours

Dans le numéro de mars-avril 1995, dans un article titré « Changement climatique : les prévisions démenties par la réalité », le géographe Marcel Leroux conteste les premières conclusions du GIEC et envisage que le débat sur le réchauffement global ne soit pas scientifique mais relève d'une « manipulation planétaire » (une expression reprise d'Yves Lenoir). Il estime également que « les modèles numériques sont inaptes à simuler l'évolution du climat ».

John Daly, « climatosceptique » australien d'origine britannique (auteur de The greenhouse trap en 1989), écrit en 2001 dans Fusion un article titré « Falsification de l’histoire climatique pour "prouver" le réchauffement global ». À l'aide notamment d'une figure des températures mondiales depuis l'an 900, dénuée de source et, pire encore, de gradation des températures sur l'axe des ordonnées, il entend expliquer le réchauffement contemporain par les cycles solaires. Il s'attaque ensuite longuement à la courbe en crosse de hockey, un lieu commun encore en vigueur aujourd'hui chez les climato-dénialistes.

En 2003, dans le numéro 95 de la revue, Marcel Leroux est de retour pour un long article consacré au réchauffement global, qu'il qualifie d'« imposture scientifique ».

Un mois avant la cessation de la publication de la revue, en octobre 2006, est édité un hors-série radicalement climatosceptique. Le rédacteur en chef de Fusion, Emmanuel Grenier, consacre une élogieuse critique à l'ouvrage de Marcel Leroux, Global Warming: Myth or Reality?, paru l'année précédente. Dans l'éditorial de ce hors-série, le même Emmanuel Grenier reproche principalement au mouvement écologiste d'être anti-nucléaire. Dans un article dédié aux « véritables objectifs des mouvements écologistes », il insiste sur leurs « racines malthusiennes », un argument toujours en vogue vingt ans plus tard chez les personnalités dont le déni du changement climatique s'inscrit dans une opposition plus large à l'écologisme.

Dans l'éditorial du dernier numéro de Fusion, son rédacteur en chef se félicite que la revue ait « mené une campagne sans compromission contre l'éco-fascisme et pour défendre le nucléaire ».

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Géopolitique profonde

types : complotistes
mots-clés :

Géopolitique profonde (GPTV pour les intimes) est une chaîne Youtube (et un magazine) complotiste d'extrême droite et pro-Poutine. Elle diffuse assidument les discours climato-dénialistes.

Présentation

La chaîne Youtube est créée en par Frank Pengam et devient véritablement active en 2019. Elle accueille de nombreuses personnalités de la sphère complotiste française. Elle entretient également des liens étroits avec l'extrême droite, y compris ses cercles antisémites — Alain Soral est chroniqueur dans le magazine édité par Géopolitique profonde.

Comme le relate Blast en août 2025, sont présentes à un événement organisé par Géopolitique profonde de nombreuses nuances d'extrême droite et du complotisme — aussi bien Florian Philippot que François Asselineau, des animateurs de Radio Courtoisie, Henry de Lesquen ou Francis Lalanne.

En janvier 2024, l'essayiste Philippe Herlin, habitué des discours climato-dénialistes, est invité à s'exprimer sur « l'écologie, l'arme ultime des mondialistes » — l'occasion de parler de « l'idéologie du réchauffement climatique ». En septembre, c'est au tour de l'essayiste Alban d'Arguin d'être l'invité du présentateur de la chaîne Mike Borowski pour évoquer le « mensonge mondial » sur le climat.

En février 2025, c'est le haut-fonctionnaire climato-dénialiste Christian Gerondeau qui intervient longuement au micro de Géopolitique profonde (voir aussi ici). Le même mois, le média consacre une émission à ce sujet, sobrement titrée « Ce que les médias vous cachent sur le réchauffement climatique ! », avec pour invités Luc Vervliet, auteur d'un essai titré Manipulation du climat & contrôle des peuples (tout un programme !) qui explique que l'évolution du CO2 n'a aucun lien avec les activités humaines, et l'éditeur Patrick Pasin, qui en profite pour saluer Salim Laïbi (lequel intervient à l'occasion sur GPTV, y compris sur le climat).

Durant l'été, Géopolitique profonde publie également plusieurs vidéos pour dénoncer « l'arnaque » des canicules, car « ils ont un plan, un plan diabolique et machiavélique contre les peuples, et ce plan-là doit forcément passer par la question du climat ».

Début novembre 2025, la chaîne entreprend de nous expliquer (plutôt deux fois qu'une) « pourquoi le réchauffement climatique est une escroquerie mondialiste » avec Jean‑Michel Jacquemin-Rafestin, auteur d'un livre sur le sujet (après avoir écrit sur la Covid-19).

Ce ne sont là que quelques exemples de l'abondante production de Géopolitique profonde sur le sujet du changement climatique, avec divers invités et chroniqueurs complotistes (Laurent Ozon, Laurence Waki, etc.).

En 2023, le site web du média relaie également la lettre ouverte « Il n'y a pas d'urgence climatique » de la Clintel.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent pour l'essentiel aux quatre grandes catégories suivantes de la classification CARDS des arguments climato-dénialistes (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Georges Geuskens

types : scientifiques
mots-clés :

Professeur de chimie retraité à l'Université libre de Bruxelles (ULB), Georges Geuskens est un climato-dénialiste belge.

Analyse du discours

Il est l'auteur de plusieurs articles, publiés entre 2018 et 2020 sur le site climato-dénialiste belge Science, climat et énergie, dans lesquels il s'emploie à nier purement et simplement l'existence de l'effet de serre. Sa position peut être résumée par la citation suivante (tirée d'un billet de blog de 2019) :

« Le CO2 ne peut contribuer en aucune manière à un réchauffement ni de la surface terrestre ni des basses couches atmosphériques. La théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique basée sur l’existence d’un effet de serre n’a aucune justification ni théorique ni expérimentale. »

Il signe en 2019 la lettre ouverte climato-dénialiste « There is no climate emergency » (« Il n'y a pas d'urgence climatique ») de la Clintel.

Georges Geuskens semble ne plus s'être exprimé sur le sujet après 2020. Il reste toutefois régulièrement cité sur des forums et commentaires. Il est également inclus dans la « Liste de scientifiques sceptiques sur le réchauffement climatique » du site participatif Wikibéral (reprise par Climat et vérité, qui l'attribue à tort à Wikipédia).

Contacté, il ne nous a pas répondu.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent à la grande catégorie suivante, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Gil Mihaely

types : extrême droite
mots-clés :

Gil Mihaely est à la fois directeur de la rédaction de Conflits, Causeur et Transitions et Énergies (jusqu'en juillet 2025 pour ce dernier), trois journaux qui accueillent très régulièrement dans personnalités climato-dénialistes, dont ils diffusent les discours.

Cantio, la holding qui détient les trois journaux, compte parmi ses principaux actionnaires Louis-Vincent Gave, son père Charles Gave (aux opinions climato-dénialistes arrêtées), Gil Mihaely et Gérald Penciolelli, rapporte L'Informé.

Gil Mihaely interviewe lui-même Loïk Le Floch-Prigent dans Causeur en 2019, sous le titre : « Le lien entre les dérèglements climatiques et l’activité humaine n’est pas clairement démontré ».

Il est également lié à l'agence à l'agence d'intelligence économique Avisa Partners, mise en cause pour des opérations de communication à l'aide de faux articles de presse. Comme l'ont montré Arrêt sur images et Reflets.info, Gil Mihaely est en effet l'éditeur, via LinkEdit, une société intermédiaire créée par Causeur, d'une série de faux blogs utilisés par Avisa Partners, et dont les noms de domaine ont été enregistrés par l'un des dirigeants d'Avisa Partners, Mathieu Creux — dirigeants qui sont aussi des actionnaires de Causeur.

Contacté, Gil Mihaely n'a pas répondu à nos questions sur les discours climato-dénialistes des publications qu'il dirige.

Gil Rivière-Wekstein

types : divers
mots-clés :

Gil Rivière-Wekstein, né en 1960 en Belgique, est l'éditeur de la lettre d'information Agriculture et Environnement (associée au site web agriculture-environnement.fr) qui, pour l'essentiel, ne porte pas sur le changement climatique mais se fait très critique du mouvement écologiste. Il se présente comme journaliste et mène en parallèle une activité de consultant.

Des années 2000 au mitan des années 2010, il diffuse des discours climato-dénialistes.

Analyse du discours

Dans les années 1990, Gil Rivière-Wekstein écrit quelques articles (sans lien avec le changement climatique) dans la revue Fusion où il figure au comité de rédaction jusque dans la première moitié des années 2000. La revue est rattachée au mouvement LaRouche, caractérisé par sa foi absolue dans le progrès technique, son opposition à l'écologisme et ses vues « climatosceptiques ».

Agriculture et Environnement

Il crée en parallèle, en 2003, par le biais de sa société de conseil Amos Prospective, la lettre d'information Agriculture et Environnement (AE) et le site web associé agriculture-environnement.fr. La lettre est diffusée en 2025 à 8 000 exemplaires selon son éditeur.

L'auteur d'Agriculture et Environnement s'oppose au mouvement environnementaliste, dénonce l'agriculture biologique et défend l'usage des pesticides (dont le célèbre glyphosate), y compris hors de sa lettre d'information.

La consultation du site web d'AE laisse entrevoir quelques articles pas vraiment alignés avec les connaissances scientifiques de l'époque sur le changement climatique. En octobre 2004, AE publie un entretien complaisant (également publié sur le site web), avec le climatologue Marcel Leroux, sous le titre « Le réchauffement climatique est un mythe ». En 2010, un billet titré « Vers trente années de refroidissement du climat » qui met en garde contre les « prédictions apocalyptiques » et affirme que « maintenant que l’on observe une stagnation de la moyenne des températures, "l’évidence" du réchauffement, dont l’homme serait le responsable, s’évapore ».

Parmi les signaux qui vont dans le même sens, cet article de 2009 qui évoque la « croyance inébranlable dans le réchauffement climatique » d'une femme politique écologiste, Cécile Duflot, la republication d'une tribune de Luc Ferry parue dans Le Figaro contre le Grenelle de l'environnement de Nicolas Sarkozy, ainsi qu'un billet de 2005 qui présente « les mouvements écologistes et malthusiens » comme « principaux protagonistes du Protocole [de Kyoto] » (le premier engagement des États à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre).

Plus explicite encore est cette tribune du climatologue américain Richard Lindzen, publiée en 2009, qui martèle que « la science du climat n'est pas encore au point », met en cause la relation entre hausse du CO2 et réchauffement et présente comme une « escroquerie » le fait de « suggérer que l’existence même du réchauffement ou de l’effet de serre est équivalente à une catastrophe ».

AE a publié plusieurs autres articles explicitement climato-dénialistes à cette époque, qui ont ensuite été dépubliés. On retrouve leur trace dans des versions archivées du site web (vers lesquelles renvoient tous les prochains liens). En voici quelques-uns.

Dans les archives du site web

Ainsi, en 2005, Gil Rivière-Wekstein réserve un chaleureux accueil à l'essai de Claude Allègre, la grande figure climato-dénialiste de l'époque : Quand on sait tout on ne prévoit rien. L'éditeur d'Agriculture et Environnement se réjouit que le géochimiste s'en prenne « au sacro-saint principe de précaution » et « démontre avec brio que notre gouvernement oscille en permanence entre une prétention au savoir absolu et un refus de considérer ce que nous enseigne la science moderne ». Un bon exemple en est selon Gil Rivière-Wekstein la question climatique, ou plutôt le « dogme du réchauffement climatique ». Il cite longuement les élucubrations de Claude Allègre et conclut : « Un livre qui fera le bonheur de tous ceux qui en ont assez des idées reçues. »

En 2005, il publie un billet lapidaire censé contredire l'idée d'un réchauffement climatique à partir de la courbe (descendante) d'une unique station météo américaine.

Marcel Leroux est de retour en 2007 pour un billet dans lequel il persiste à nier l'existence du réchauffement climatique. La même année, Gil Rivière-Wekstein fait une recension dans l'ensemble positive du nouvel essai de Claude Allègre, Ma vérité sur la planète.

Dans un autre billet de 2007, il titre « Le débat sur le réchauffement climatique n’est pas clos ! ». Il y commente un débat organisé par l'Académie des sciences sur le changement climatique, auquel a participé le compère de Claude Allègre Vincent Courtillot et critique la recension qu'en font les deux journalistes scientifiques spécialistes du sujet au Monde et à Libération, Stéphane Foucart et Sylvestre Huet. Il écrit aussi :

« Lors de la première réunion, Édouard Bard, professeur au Collège de France, a reconnu que l’augmentation du CO2 n’était pas la cause de l’augmentation de la température, mais au contraire sa conséquence. Il a en effet dû admettre que les enregistrements de température du passé montraient clairement que l’augmentation de température précédait presque toujours l’augmentation de CO2. »

C'est un travestissement grossier d'une réalité scientifique exposée par Édouard Bard, et un argument classique du climato-dénialisme toujours utilisé de nos jours (voir ici ou en anglais, ou ici en français, pour explication sur le fond).

En juin 2008, Gil Rivière-Wekstein encense le livre climato-dénialiste du présentateur météo Laurent Cabrol, qu'il qualifie d'« essai décapant » qui « risque fort de déplaire à la bien-pensance » et dont il recommande la lecture. En 2010, il republie une tribune parue dans Les Échos faisant l'éloge de Claude Allègre.

Les publications climato-dénialistes semblent ensuite cesser sur AE, mais elles se poursuivent sur Twitter.

Twitter

Gil Rivière-Wekstein y publie en décembre 2012 un article du site web libertarien Contrepoints rédigé par le blogueur climato-dénialiste belge H16, selon lequel « le GIEC admet à son tour le rôle prédominant du Soleil » dans le réchauffement climatique — une affirmation évidemment fausse.

En mai 2013, il diffuse un article de Contrepoints (encore) signé par le climato-dénialiste belge István Markó ironiquement intitulé « Le réchauffement climatique responsable de notre hiver glacial ! ». En septembre de la même année, il évoque une soi-disant « pause » du réchauffement climatique.

Le mois suivant, il diffuse une « intéressante critique des travaux du GIEC », en réalité un billet de l'ingénieur climato-dénialiste Jean-Pierre Bardinet, dans Contrepoints (toujours). Il relaie quelques jours après une tribune climato-dénialiste de Didier Raoult parue dans Le Point sous le titre « Réchauffement, démographie, épidémies : assez de prédictions catastrophistes ! » Le même jour, il renvoie au blog « climat de terreur » qui entend contredire le journaliste scientifique du Monde Stéphane Foucart… en faisant fi de plus de quarante ans de recherche sur le climat.

À l'occasion, il ironise sur le changement climatique, comme ici en décembre 2013, à l'occasion d'un record de froid en Antarctique, ou durant l'été précédent.

Au-delà du déni climatique

Gil Rivière-Wekstein cesse les discours climato-dénialistes publics après 2013. Il reconnaît par exemple explicitement le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique en 2023, présentant l'agriculture comme un domaine dans lequel le CO2 est une matière première et non un déchet, ce qui le conduit à affirmer que « plus d'agriculture, c'est moins de problèmes pour le climat » — il omet de préciser qu'en France, l'agriculture est émettrice nette de gaz à effet de serre (GES, qui ne se résument pas au seul CO2, et c'est particulièrement vrai pour ce secteur), c'est-à-dire qu'elle émet plus qu'elle ne stocke de GES.

Il reste néanmoins proche des milieux anti-écolo, y compris ceux climato-dénialistes. Il est ainsi l'un des auteurs du site web de Jean-Paul Oury (dont il recense en 2025 le dernier ouvrage sur le site d'AE) European Scientist, habitué de la désinformation climatique. Il publie en 2025 un article favorable à la loi Duplomb dans la revue Paysans & société. Il est aussi un contributeur régulier du site web libéral-conservateur Atlantico (où il coécrit à l'occasion avec la géographe Sylvie Brunel) et du magazine d'extrême droite Valeurs actuelles.

Ce n'est pas le seul contact de l'intéressé avec la droite radicale. Gil Rivière-Wekstein donne en 2011 une interview au site web Enquête et Débat — édité par le militant d'extrême droite Jean Robin, le site a un partenariat avec le lobby libertarien Contribuables associés — à l'occasion de la publication de son ouvrage Bio : Fausses promesses et vrai marketing, préfacé par Jean de Kervasdoué.

En 2020, il participe à une table ronde organisée par Force républicaine, le très droitier club politique créé par François Fillon et dirigé depuis 2017 par Bruno Retailleau, lequel introduit d'ailleurs la séance. Au cours de la discussion, l'éditeur d'Agriculture et Environnement présente (vers 29') comme fantasques l'idée de vouloir réduire l'usage des pesticides et celle de chercher à ce que l'agriculture devienne un puits de carbone. Sur ce dernier point, son discours public est diamétralement opposé en 2023.

Agriculture et Environnement figure (comme d'ailleurs European Scientist) dans le registre privé de personnalités et médias favorables aux pesticides « Bonus Eventus », créé au début des années 2010 par v-Fluence, une entreprise de relations publiques fondée par l'ancien directeur de la communication de Monsanto Jay Byrne, comme le révèle Le Monde en 2024. (Gil Rivière-Wekstein dément auprès du quotidien tout lien avec v-Fluence.)

Réponse de Gil Rivière-Wekstein

Contacté, Gil Rivière-Wekstein nous a indiqué qu'il « pense qu'il serait totalement erroné de [l]’inclure dans un article concernant les "personnes et organismes qui diffusent ou ont diffusé un discours climato-dénialiste" ». Il estime que « cette question scientifique [le changement climatique] a trop souvent été utilisée à des fins idéologiques, principalement pour justifier des politiques de décroissance économique », auxquelles il est opposé.
S'il reconnaît avoir « donné la parole à plusieurs personnalités comme Marcel Leroux ou d’autres [et avoir fait] quelques revues de livre d’auteurs qui ont traité cette question », il ajoute que « cela date d’il y a au moins 20 ans, époque où cette question faisait souvent débat » — précisons que l'origine humaine du changement climatique ne faisait déjà plus débat en 2007, en témoignent les conclusions du quatrième rapport d'évaluation du GIEC.

S'agissant de sa participation à Fusion, il relate avoir « été séduit par la ligne éditoriale de cette revue qui a toujours défendu le progrès scientifique, notamment l’énergie nucléaire, la fusion et le programme spatial », mais souligne ne pas partager les positions du mouvement LaRouche sur d'autres sujets.

Interrogé sur sa participation à des médias d'extrême droite, il s'offusque de notre question, nous écrit n'avoir aucune affinité avec celle-ci et ajoute : « Je suis radicalement hostile à toutes formes de replis nationalistes et xénophobes. » Il précise répondre à presque toutes les sollicitations et uniquement refuser d'intervenir dans les médias aux discours ouvertement antisémites, antisionistes ou racistes ; nous lui faisons remarquer que Valeurs actuelles a été condamné en 2015 pour provocation à la haine raciale et en 2020 pour pour injure publique à caractère raciste, ce à quoi il nous répond qu'il n'était « pas au courant ».

Il se définit lui-même comme pro-science, plutôt progressiste et de tendance libérale sur le plan économique.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent aux grandes catégories suivantes de la classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Global Warming Policy Foundation

types : entité non francophone
mots-clés :

La Global Warming Policy Foundation (GWPF) est un lobby climato-dénialiste britannique, fondé en 2009. Le Global Warming Policy Forum, renommé Net Zero Watch, lui est rattaché. La GWPF tait la source de son financement, mais est proche des cercles conservateurs britanniques, lesquels lui ont fait des dons importants, comme le relève le site spécialisé Desmog.

La GWPF est membre de l'European Climate Realist Network.

Dans le monde francophone, Henri Lepage a été membre de son conseil d'administration, et figurent dans son conseil « scientifique » les Français Christian Gerondeau et Vincent Courtillot ainsi que le Belge Samuel Furfari.

Analyse du discours

Les publications de la GWPF recourent à plusieurs discours dénialistes.

Elles s'aventurent parfois à nier ou minimiser le rôle du CO2, par exemple dans ce rapport publié en 2023, celui-ci en 2022, ou encore celui-ci publié… en 2011. Elles s'emploient aussi à minimiser les conséquences néfastes du changement climatique, comme dans ce rapport de 2022, ou dans une précédente publication de 2020, qui affirment que les événements météorologiques extrêmes ne deviennent pas plus fréquents ni intenses, à l'inverse des conclusions du GIEC. Nombre des publications du lobby s'opposent aux mesures d'atténuation du changement climatique, à l'image de ce rapport publié en 2025 qui promet la banqueroute au Royaume-Uni s'il vise la neutralité carbone, de celui-ci qui promeut en 2022 un recentrage des politiques publiques sur l'adaptation, ou d'un autre rapport, publié dix ans auparavant, qui présente les politiques climatiques comme nuisibles à la santé publique.

Par le passé, la GWPF a également participé aux attaques visant à discréditer le GIEC, notamment à l'occasion du pseudo-scandale du « Climategate » en 2009, et dans les années qui ont suivi.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

H16

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

H16 est un blogueur libéral et climato-dénialiste belge, sous pseudonyme, éditeur du site web Hashtable. Critique virulent de tout ce qui touche à l'écologisme, il est aussi radicalement climato-dénialiste.

Analyse du discours

H16 est un prolifique auteur du site web libéral-conservateur français Atlantico et il contribue avec assiduité au site libertarien Contrepoints (plus de 2 600 articles entre 2010 et 2024) — il est même l'« invité spécial » de la rédaction du site à l'occasion d'une conversation filmée, en 2021.

Il collabore également (exemple) au magazine Les Enquêtes du contribuable édité de 2013 à 2015 par l'association libertarienne française Contribuables associés.

Viscéralement anti-écolo, H16 consacre une rubrique de son blog à l'écologisme. Il ne manque pas d'y aborder le sujet du changement climatique sur un mode pamphlétaire, aussi outrancier que dénué de toute argumentation scientifique.

En 2013, dans un billet où il nie l'existence même du réchauffement climatique, il prévoit que « d’un côté, le mythe carbono-réchauffiste va s’effondrer et s’effacer progressivement, à mesure que les individus s’informeront par tous les canaux à leur disposition [et que] de l’autre, on imagine sans mal les hurlements de plus en plus stridents des écologistes dépendant des subventions et de la bonne tenue du mythe pour vivre ».

La même année, il combine dans un billet attaques personnelles contre deux journalistes scientifiques français (du Monde et de Libération) spécialistes du changement climatique, négation du réchauffement climatique, injures (le président du GIEC est qualifié de « baltringue ») et restitution mensongère d'une étude sur le climatoscepticisme. Ce dernier aspect mérite qu'on s'y attarde. Le billet d'H16 affirme qu'une étude a montré « que seulement 36 % des scientifiques et des ingénieurs croient que ce sont les humains qui sont responsables du réchauffement climatique ». Effectivement, il y a là de quoi remettre en question le consensus sur le changement climatique !

Lorsque l'on consulte l'étude en question, on comprend en fait que les personnes interrogées par les auteurs ne pas sont représentatives « des scientifiques et des ingénieurs » mais… des experts (essentiellement géologues et ingénieurs) de l'industrie pétrolière ! Les auteurs de l'étude l'écrivent explicitement (traduction de l'anglais par nos soins) :

« Nous reconstituons [dans cette étude] les cadres [discursifs] d'un groupe d'experts qui n'ont pas fait l'objet d'une attention particulière dans la recherche antérieure mais qui jouent pourtant un rôle central dans la compréhension des réactions de l'industrie — les experts professionnels du secteur pétrolier et des industries liées. »

Plus précisément, les auteurs de l'étude se sont appuyés sur 1077 réponses à un questionnaire adressé en 2007 aux membres de l'APEGA, l'association professionnelle des géologues en Alberta (un État canadien marqué par l'exploitation du pétrole et de ses dérivés). Pas étonnant donc que seul un gros tiers des répondants apparaisse en ligne avec le consensus scientifique sur la question.
La présentation que fait le blogueur de l'étude relève ainsi de la falsification. Ce qui n'empêche pas l'intéressé de conclure son billet : « Ce pays, en plus d’être foutu, mérite-t-il une presse aussi médiocre ? »

En 2014, H16 dit à propos du GIEC que c'est un « groupe de bricoleurs dont certains ont, parfois, des diplômes scientifiques à proximité du climat » avant de tourner en dérision, sans l'ombre d'un argument rationnel mais avec force outrances, les projections dudit GIEC (qu'il présente erronément comme des prédictions). Contempteur des « délires réchauffistes », il écrit :

« Une quantité affolante d’énergie, de subventions, de capitaux et de cerveaux humains ont été gâchés dans des impasses économiques et énergétiques par la faute de ces ayatollahs écologistes, qui se sont barbouillés de décroissance (ça tombe bien, on y goûte tous maintenant à pleines bouchées, bien joué !) et de prévisions alarmistes et/ou malthusiennes sans arrêt repoussées mais toujours plus sombres. »

En 2018, la neige qui recouvre les autoroutes l'amène à ironiser sur le réchauffement climatique, dont il conteste toujours la réalité : « La réalité ne doit pas interférer avec le message officiel : le réchauffement climatique est en marche, inexorable. »

On pourrait encore continuer longtemps la liste des billets climato-dénialistes (2013, 2019, etc.). En 2023, H16 publiait encore sur Twitter une vidéo fantaisiste censée démontrer que le réchauffement climatique n'est pas dû aux émissions de CO2.

H16 a notamment publié un Petit Traité d’anti-écologie en 2015, qui fait l'objet d'une recension positive sur le site web du libéral climato-dénialiste belge Thierry Godefridi.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent à la totalité des cinq grandes catégories de classification des arguments climato-dénialistes proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Henri Lepage

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Né en 1941, Henri Lepage est un économiste et essayiste libéral français, également climato-dénialiste.

Analyse du discours

Il devient en 2008 président de l'institut Turgot, un think tank libéral aujourd'hui en sommeil. Il est également administrateur de la Global Warming Policy Foundation (GWPF) britannique (Foucart 2015, chap. 18), de 2010 à 2012.

Il préface en 2010 l'ouvrage du climato-dénialiste belge Drieu Godefridi Le Giec est mort : Vive la science.

La même année, il publie sur le blog de l'institut Turgot un billet promouvant un documentaire climato-dénialiste, billet rediffusé sur le site Skyfall. En 2013, il publie sur le même blog une note de synthèse de la GWPF fondée sur l'argument de la « pause » du réchauffement.

Sa chaîne Youtube compte plusieurs vidéos, publiées entre 2013 et 2015, mettant en scène des climato-dénialistes : le même Drieu Godefridi, István Markó, Benoît Rittaud

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.

Henri Masson

types : divers
mots-clés :

Henri Masson, docteur ingénieur en génie des procédés et professeur émérite d'économie appliquée à l'université d'Anvers, est une figure du climato-dénialisme en Belgique.

Analyse du discours

Autour de 2010, comme le relève le site spécialisé Desmog, Henri Masson est administrateur de la Société européenne des ingénieurs et des industriels (SEII), dont il démissionne en 2011 après le refus du président de la SEII d'accueillir un événement mettant en cause les connaissances scientifiques sur le changement climatique que Henri Masson tentait d'organiser. (La SEII prendra toutefois un tournant climato-dénialiste à la fin de la décennie 2010.)

Il est interviewé en 2012 sur le média libertarien français Contrepoints au sujet des modèles climatiques, qu'il qualifie d'« aberration statistique ».

En 2013, il défend avec István Markó, Alain Préat et Samuel Furfari les thèses climato-dénialistes auprès de l'Académie des sciences belge (qui adopte l'année suivante un avis conforme à l'état des connaissances). Il cosigne à ce sujet un texte publié par le think tank britannique Global Warming Policy Foundation (traduit en français et republié par Contrepoints) qui affirme l'innocence du CO2 dans le réchauffement climatique, lequel serait à l'inverse à l'origine de la hausse des émissions de CO2 — un argument classique mais mensonger. Il conteste également la fiabilité des modèles climatiques et argue que « ces 15 dernières années, les températures du globe sont restées constantes ».

Il contribue avec les mêmes auteurs à l'ouvrage collectif Climat, 15 vérités qui dérangent, publié en 2013.

Henri Masson est membre du comité scientifique de l'Association des climato-réalistes française, créée en 2016.

En 2018, il participe à un colloque climato-dénialiste au Portugal en présence de Camille Veyres, Benoît Rittaud et François Gervais, tous les trois également membres de l'Association des climato-réalistes. La même année, il assure aussi une présentation à la conférence de l'EIKE, la principale organisation climato-dénialiste allemande.

Il est l'auteur de plusieurs articles (liste partielle) publiés entre 2019 et 2023 sur le site belge des climato-dénialistes, Science, climat et énergie. L'un d'entre eux, rédigé en 2022, circule largement sur les réseaux sociaux et fait l'objet d'une réfutation de l'AFP.

Henri Masson est l'un des deux ambassadeurs belges de la lettre ouverte « There is no climate emergency » (« Il n'y a pas d'urgence climatique »), résolument climato-dénialiste, élaborée en 2019 par l'association néerlandaise Clintel.

En 2025, il demeure actif sur les réseaux sociaux : sur Facebook (où il alimente la page « Collectif des climato-réalistes » et administre un groupe climato-dénialiste), sur LinkedIn (où il republie ses compatriotes Thierry Godefridi, Samuel Furfari ou le Danois Bjørn Lomborg) et dans une moindre mesure sur X (anciennement Twitter).

Réponse d'Henri Masson

Contacté, Henri Masson nous a indiqué avoir été informé de notre enquête par le biais de François Gervais : « J'ai eu connaissance de la réponse qu'il vous a faite et je suis arrivé aux mêmes conclusion que lui, mais par des voies purement mathématiques, donc rationnelles, non partisanes et dépassionnées par nature. » Il récuse le terme « climato-dénialiste » car il « ne nie pas que le climat change [mais affirme] que le climat a toujours changé et qu’il changera encore ».

Selon lui, le blog Desmog que nous citons plus haut, spécialisé dans l'étude du climato-dénialisme, est « en fait largement mais indirectement sponsorisé par le GIEC pour tenter de jeter le discrédit et donc de faire taire toute voix dissidente ». Questionné sur le fondement de cette affirmation, il ne l'a pas étayée.

Il nous explique également que son « engagement comme climato-réaliste » remonte à sa démission de la SEII en 2011, dans un « engagement pris au nom de la liberté d’expression, qui est en fait mon véritable cheval de bataille » ; il nous précise à ce sujet être membre de l'Heterodox Academy et dénonce « la pensée "woke" et "cancel culture" qui sévit actuellement » sur les campus universitaires, selon lui.

Classification du discours

Les discours employés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

  • (en anglais) fiche sur le site spécialisé Desmog

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Henri Proglio

types : divers
mots-clés :

Né en 1949, Henri Proglio a notamment dirigé EDF de 2009 à 2014.

Présentation

S'il ne tient pas ouvertement de propos niant le changement climatique dans les médias, se limitant à la critique des énergies renouvelables, il préface toutefois un essai climato-dénialiste de Christian Gerondeau publié en 2024 aux éditions L'Artilleur, Climat, tout ça pour rien, « ouvrage de référence » qu'il encense, et dans lequel on lit que chercher à réduire les émissions de CO2 est inutile.

Il tient aussi une conférence à l'AG de l'Association des climato-réalistes en décembre 2024.

Classification du discours

Les discours promus par Henri Proglio se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Idriss Aberkane

types : complotistes
mots-clés :

Conférencier et essayiste né en 1986, Idriss Aberkane est connu pour ses discours complotistes et pseudoscientifiques — notamment sur la vaccination et la pandémie de Covid-19 — et sa diffusion de nombreuses fausses informations sur des sujets variés. Il est également climato-dénialiste.

Analyse du discours

Sur la chaîne Youtube Publications Agora, à la ligne éditoriale résolument complotiste, il intervient en août 2023 avec l'économiste Philippe Béchade dans une vidéo intitulée « Politique de décarbonation : La grande arnaque écologique ? », vue 279 000 fois et likée à plus de 11 000 reprises (en novembre 2025). Dès la quatrième minute, il y met en doute le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique : « C'est un peu trop simple de dire qu'il y a une corrélation aussi directe entre le taux de CO2 dans l'atmosphère et les températures au niveau de la mer. »

Le même mois, il accueille sur sa propre chaîne Youtube Christian Gerondeau pour une vidéo (relayée par Climat et vérité) sobrement intitulée « Vers une dictature climatique ? », qui accumule les affirmations trompeuses. Ainsi de l'évocation, par Idriss Aberkane, de « l'époque où on nous disait qu'on avait une ère glaciaire qui nous attendait pour les années 90 », largement fictive — lorsque dans les années 1970 certains médias évoquent l'hypothèse d'un refroidissement global, c'est en réalité la perspective du réchauffement climatique qui est étudiée dans le milieu scientifique. Le propriétaire dénonce le « catastrophisme climatique » puis laisse la parole à son invité qui déroule son discours climato-dénialiste habituel (la température baisse, etc.). La vidéo compte 750 000 vues et 23 000 likes deux ans après sa publication.

En septembre 2024, Idriss Aberkane invite sur sa chaîne le vidéaste d'extrême droite Le Raptor (qui vient lui-même de publier une vidéo climato-dénialiste) dans une vidéo intitulée « Fausse écologie : l'envers du décors vert » — 292 000 vues, 14 000 likes. Entre une référence masculiniste à « l'homme soja », une dénonciation de « l'escroquerie du Covid » et une évocation des chemtrails, les deux vidéastes développent leur vision de la « fausse écologie », l'« escrologie », centrée sur le climat, fondée sur le développement des éoliennes et véritable « propagande ».

Dans une autre vidéo de sa chaîne, publiée en juillet 2023, Idriss Aberkane dénonçait « l'arnaque politique » de la notion de « consensus scientifique », avec un focus sur la science du climat qui serait un instrument de restriction des libertés individuelles et quantité d'arguments mensongers sur la physique du climat.

En juillet 2025, dans une vidéo avec l'éditorialiste d'extrême droite Alexis Poulain, Idriss Aberkane mobilise son imagination pour expliquer « que tous les capteurs thermiques pour le changement climatique ont été discrètement passés depuis 15 ans d'endroit plutôt tempérés ou ombragés à du tarmac d'aéroport. Alors clairement, on te dit "Ah bah regardez, comparer les températures de cette de cette station sonde par rapport à aux années 70" ».

Classification du discours

Les discours employés ou diffusés se rattachent à la totalité des (cinq) grandes catégories de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Institut de physique du globe de Paris

types : scientifiques
mots-clés :

L'institut de physique du globe de Paris (IPGP) est un établissement d'enseignement supérieur et de recherche français, spécialisé dans les sciences de la Terre. Il a accueilli plusieurs personnalités climato-dénialistes influentes, qui l'ont dirigé jusqu'à la fin des années 2000 : Claude Allègre, (directeur de 1976 à 1986), Vincent Courtillot (1996 à 2011, avec une interruption) et Jean-Louis Le Mouël (1991 à 1996) — un chercheur qui a épaulé Vincent Courtillot dans ses tentatives de prouver que le réchauffement était dû au Soleil.

Voir aussi

Institut économique Molinari

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

L'Institut économique Molinari (IEM) est un think tank francophone fondé en 2003.

Comme le détaille un rapport de l'ONG Observatoire des multinationales publié en 2024, l'IEM a tenu des discours climato-dénialistes durant la décennie 2000, alors qu'il était en partie financé par l'entreprise pétrolière américaine Exxon-Mobil. Son site web abrite alors des recensions positives des ouvrages de l'Américain Fred Singer (2004), véritable porte-voix des industries du tabac et des énergies fossiles, ou de Christian Gerondeau (2007).

Les propos climato-dénialistes de l'IEM se poursuivent en réalité la décennie suivante.

En 2010, au milieu de dizaines d'articles hostiles au principe de précaution, le site web de l'IEM fait encore la promotion de l'ouvrage climato-dénialiste de Vincent Courtillot Nouveau voyage au centre de la Terre. La même année, on peut y lire un texte climato-dénialiste du physicien français Serge Galam, et en 2011, la traduction en français d'un texte du climatologue climato-dénialiste américain Richard Lindzen publié par la Global Warming Policy Foundation britannique.

En 2013, la directrice de l'IEM, Cécile Philippe, explique sur Radio classique qu'il n'y a pas de consensus scientifique sur le lien entre CO2 et réchauffement et qu'il faut s'affranchir du principe de précaution. « Conclusion : gardons la tête froide quand on parle de réchauffement climatique car comme ose le dire le physicien François Gervais, "le CO2 a peut-être été injustement diabolisé" ».

Voir aussi

Institut Schiller

types : complotistes
mots-clés :

L'institut Schiller, créé en Allemagne en 1984 par l'épouse de Lyndon LaRouche, Helga Zepp-LaRouche, est une organisation du mouvement LaRouche. Elle est également active en France (elle dispose d'un site web en langue française), bien qu'assez confidentielle.

Présentation

L'institut diffuse des théories conspirationnistes puisqu'il affirme par exemple que les États-Unis ont été victimes d'ingérences britanniques visant à saboter l'élection de Donald Trump. Il faut dire que le mouvement LaRouche est depuis toujours enclin à accuser le Royaume-Uni de divers complots.

Sur le sujet du changement climatique, l'institut Schiller affirme que le changement climatique n'est pas d'origine humaine mais dû à des cycles solaires. Il met notamment à l'honneur l'Allemand Carl-Otto Weiss, membre de l'EIKE, la principale organisation climato-dénialiste allemande, qui soutient cet argument mensonger dans des conférences organisées par l'institut, par exemple en 2015 (reprise sur le site web de Solidarité et progrès, parti politique français également lié au mouvement LaRouche) et en 2023. En 2015, l'institut invite également le physicien François Gervais à donner une conférence à l'université de Tours.

Toujours en 2015, l'institut Schiller présente la COP21 comme « le sommet de la dépopulation ». Un extrait permet de comprendre le fondement du climato-dénialisme de LaRouche et son mouvement, à savoir une opposition au malthusianisme, perçu comme étant l'alpha et l'omega du mouvement pour la décroissance (économique) et écologiste : un accord lors de la COP21, « au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, édictera des politiques de désindustrialisation massive qui se traduiront, en réalité, par une chute brutale du niveau de vie et de la démographie mondiale. Pour faire avaler cette couleuvre, on cherche à nous faire peur. Alors que la science nous enseigne que le climat terrestre a toujours varié en fonction de l’activité solaire, c’est l’activité productive de l’homme qui se retrouve soudainement clouée au pilori ».

On y retrouve aussi une présentation fallacieuse des sciences du climat — « Alors que le GIEC est présenté comme l’autorité scientifique du climat, ses évaluations ne reposent que sur une petite équipe de statisticiens et de mathématiciens qui tentent de mettre en équations le fonctionnement de la planète dans des modèles informatiques » — qui se retrouve par exemple dans l'argumentation de Pierre Bonnefoy, membre de l'institut Schiller et de Solidarité et progrès.

L'institut Schiller relaie également en 2021 un appel du cofondateur de la Clintel, la principale organisation climato-dénialiste néerlandaise, et publie une déclaration commune de celui-ci et Helga Zepp-LaRouche.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent à l'ensemble des cinq grandes catégories de la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les impacts climatiques ne sont pas néfastes
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Voir aussi

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.

Institut Turgot

types : libéraux et libertariens
mots-clés :

Fondé en 1998, l'institut Turgot est un think tank libéral français relativement confidentiel. Il est impliqué dans les sphères climato-dénialistes françaises.

Présentation

Il est présidé par l'économiste Henri Lepage, également administrateur de la Global Warming Policy Foundation britannique (Foucart 2015, chap. 18).

Autour des années 2010, l'un de ses membres, Vincent Bénard, répercute sur le web français les arguments climatosceptiques en vogue aux États-Unis, tandis qu'un autre, l'essayiste Jean-Michel Bélouve, anime en 2009 à l'Assemblée nationale, à l'invitation de l'institut Turgot, une conférence pseudo-scientifique où il va jusqu'à nier l'existence de l'effet de serre, sous le regard approbateur de Vincent Courtillot, comme le relate le journaliste Stéphane Foucart (Foucart 2015, chap. 18).

En septembre 2015, avant d'entrer en sommeil, l'institut Turgot, par l'intermédiaire de sa déléguée générale Marie-France Suivre, relate L'Express, est l'un des membres fondateurs du collectif des climato-réalistes, qui se constitue l'année suivante en association — l'Association des climato-réalistes. Si l'institut Turgot est désormais inactif, Marie-France Suivre est toujours membre du bureau de l'Association des climato-réalistes en 2025.

Son blog diffuse régulièrement des contenus climato-dénialistes : un billet de Jean-Michel Bélouve affirmant que les modèles climatiques ne sont pas fiables (2013) ; un autre en défense du CO2 d'István Markó (2015) ; un autre de Vincent Bénard instillant le doute sur « l’influence réelle du CO2 sur le climat » et concluant qu'il n'y a pas lieu de réduire les émissions de gaz à effet de serre (2016) ; des billets de Samuel Furfari célébrant les énergies fossiles et attaquant « les fanatiques du réchauffement anthropique » ; un texte d'Henri Lepage promouvant un documentaire climato-dénialiste rediffusé sur le site Skyfall (2010) ; un billet de Christian Gerondeau affirmant que « Claude Allègre a raison » (2009) ; etc.

L'institut Turgot promeut aussi divers événements de la sphère climato-dénialiste, notamment en 2015. Il publie ainsi des billets sur la contre-COP 21 organisée par l'Association des climato-réalistes, sur une conférence de Drieu Godefridi ou encore sur une conférence de Benoît Rittaud.

Classification du discours

Les discours diffusés se rattachent aux grandes catégories suivantes, dans la classification proposée par des chercheurs en 2021 (Coan et al. 2021) :

    1. Il n'y a pas de réchauffement climatique
    1. Le réchauffement climatique n'est pas d'origine humaine
    1. Les solutions climatiques ne fonctionnent pas/sont néfastes
    1. Le mouvement pour le climat/les sciences du climat ne sont pas fiables

Bibliographie

Travis G. Coan, Constantine Boussalis, John Cook et Mirjam O. Nanko, « Computer-Assisted Classification of Contrarian Claims about Climate Change », Scientific Reports, vol. XI, no 1, 2021, p. 22320, disponible en ligne : https://doi.org/10.1038/s41598-021-01714-4 ; page consultée le 16 juillet 2025.
Stéphane Foucart, L’Avenir du climat : Enquête sur les climato-sceptiques, Paris, Folio, 2015.