Une enquête en sources ouvertes
Le travail initial de recherche à l’origine de cette cartographie a été mené dans la seconde moitié de l’année 2025.
L’enquête a été réalisée pour l’essentiel en sources ouvertes. Lorsqu’elle s’appuie sur des sources externes, notamment des enquêtes journalistiques antérieures, celles-ci sont systématiquement citées.
L’époque m’oblige malheureusement à préciser qu’aucune IA générative n’a été utilisée pour cette enquête. Quant à l’outil employé pour générer la cartographie, il s’agit de Cosma, publié sous licence libre et dont je remercie les concepteurs.
Objet et périmètre
Le périmètre initial de mon enquête était le suivant : les auteurs et relais du déni climatique (je reviens plus bas sur ce que ce terme recouvre) dans la sphère publique, essentiellement médiatique, en France.
Du fait des liens très étroits qu’ils entretiennent avec des personnalités dénialistes des pays francophones frontaliers (Belgique et Suisse), qui interviennent dans l’espace public français, j’ai toutefois décidé d’intégrer plusieurs d’entre elles à la cartographie.
De même, j’ai choisi d’y faire figurer, à titre indicatif et dans une catégorie distincte, les quelques acteurs climato-dénialistes non francophones très fréquemment cités comme références.
Pour des raisons similaires, si mon but premier était de faire une photographie des sphères du déni climatique actuelles, j’ai intégré des acteurs climato-dénialistes disparus ou qui ont cessé leurs discours trompeurs, car ils sont parfois toujours cités aujourd’hui. Attention lors de la lecture à bien se référer aux mots-clefs « actif » et « inactif » pour déterminer si une entité est toujours active ou non en matière de désinformation climatique.
Climato-dénialisme, climato-scepticisme…
Prenons le temps de faire un point sur le lexique employé. Historiquement, pour parler de la contestation de la réalité du changement climatique (ou réchauffement climatique, un synonyme), le terme climato-sceptique était employé, avec ou sans trait d’union ; il l’est toujours aujourd’hui.
Néanmoins, la notion de scepticisme, si elle peut être encore aujourd’hui adaptée pour décrire les phénomènes à l’œuvre dans le grand public, n’est pas appropriée pour qualifier les discours d’acteurs qui ne doutent pas mais assènent au contraire, souvent avec beaucoup d’aplomb, des affirmations fausses. Le terme est d’autant plus inapproprié qu’il peut faire référence au scepticisme scientifique ou au scepticisme rationnel, parfaitement légitimes, mais dont ne relèvent pas les discours de rejet des connaissances scientifiques sur le climat.
Pour ces raisons sont apparues dans l’espace public les expressions « déni climatique » et « climato-dénialisme » (et son dérivé « climato-dénialiste »), équivalentes, ainsi que l’expression « climato-négationnisme » — que je n’utilise pas car elle prête trop à confusion au regard du sens commun de « négationnisme » (négation de la Shoah).
Mon choix d’utiliser les expressions « déni climatique » et « climato-dénialisme » découle d’une volonté de faire la distinction entre des discours affirmatifs et répétés de figures publiques, médiatiques, et le climatoscepticisme qui touche une partie de la population générale. Les premiers relèvent de la désinformation dans l’espace public, tandis que le second, en partie seulement alimenté par cette désinformation (*), n’a pas la même portée. C’est aussi pourquoi ne figurent dans ma cartographie que des personnes physiques ou morales dont les discours climato-dénialistes sont répétés et significatifs.
(*) D’autres facteurs socio-politiques entrent en jeu et sont l’objet d’une abondante littérature scientifique en anglais. En français, je recommande la lecture de ce rapport publié en 2024 par l’association Parlons climat.
Quelle définition du déni climatique ?
Le déni climatique ou climato-dénialisme est compris comme le rejet du consensus scientifique sur le changement climatique.
Il ne se limite pas au rejet de l’existence du changement climatique. Pour en délimiter les bornes, je me suis appuyé sur une taxonomie des arguments climato-dénialistes réalisée par des chercheurs en 2021 (avec l’aide de machine learning), qui distingue cinq grandes catégories :
1) le déni de l’existence du changement climatique ;
2) le déni de l’origine humaine du changement climatique ;
3) la minimisation ou la négation des impacts du changement climatique ;
4) le rejet avec des arguments fallacieux des politiques climatiques ;
5) le dénigrement des sciences et scientifiques du climat ou plus largement du mouvement pour le climat.
Bien que les discours climato-dénialistes aillent souvent de pair avec une hostilité plus large à l’écologisme, cette dernière n’est pas un critère suffisant pour intégrer un acteur dans la cartographie.
Je me suis également appuyé sur des travaux académiques de caractérisation des stratégies rhétoriques employées par les climato-dénialistes, lesquels font un usage récurrent de certains raisonnements fallacieux. Une partie des arguments mobilisés relève également de discours de l’inaction climatique, eux aussi l’objet d’une étude académique.
Lire la carto
À l’ouverture de la cartographie, vous pouvez appuyer une ou deux fois sur la barre espace (ou cliquer sur la fine barre blanche sous le titre dans le volet latéral de gauche), cela permet de la « démêler ».
Les liens entre les nœuds (les entités) de la cartographie sont générés par les liens présents dans les fiches. La taille des nœuds n’est donc pas fonction de l’audience médiatique des entités qu’ils représentent mais du nombre de liens de ces entités avec d’autres, autrement dit de leur centralité dans le réseau du climato-dénialisme français.
Mises à jour
La carto du déni n’est pas figée. Vous pouvez consulter la liste des mises à jour sur la page dédiée.
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Ce travail n’a pas la prétention d’être parfait ni exhaustif. N’hésitez donc pas me contacter par courriel à contact@deni-climatique.fr